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Fukushima

4 Juillet 2013 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

Pendant que la France et le Japon signent des accords de coopération dans le nucléaire, l'ampleur de la contamination du milieu naturel et humain est un secret d'Etat.

Quelques informations filtrent de temps en temps, telles ces deux :

-> "L'opérateur de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima, Tepco, a annoncé samedi avoir découvert des niveaux d'éléments radioactifs encore plus élevés que précédemment dans l'eau souterraine accumulée au pied des réacteurs. Tepco a avoué ne pas savoir si cette eau contaminée s'écoulait ou non dans la mer." (Direct Matin)

-> Thierry Ribault, auteur avec Nadine Ribault du livre du livre "Les Sanctuaires de l’abîme – Chronique du désastre de Fukushima", a traduit l'intervention faite par le professeur Hiroaki Koide, spécialiste des réacteurs au Research Reactor Institute de l’université de Kyoto le 23 juin dernier à Fukushima, à l'occasion d'une rencontre organisée par le laboratoire indépendant CRMS (réseau d'une dizaine de stations de mesures pour la radioactivité).

Quelques extraits :

"La quantité de césium 137 relâchée à Fukushima est de l’ordre de 168 fois celle relâchée lors de l’explosion de la bombe d’Hiroshima : ce sont les chiffres du gouvernement japonais, mais ils sont sous-estimés, et la raison en est liée à la question de la responsabilité. Certes Tepco est responsable de l’accident, mais nul autre que le gouvernement n’a demandé à Tepco de poursuivre le nucléaire, arguant que c’était “ sans danger “

Le gouvernement a une responsabilité lourde, et le terme de “ responsabilité ” est un euphémisme car il a commis, de fait, un véritable crime d’Etat. Est-il normal qu’en un tel cas, ce soit le criminel qui fournisse les chiffres, et donc les preuves du crime qu’il a commis ? Il faut, en réalité, multiplier ces chiffres par deux ou trois et comprendre que la quantité de césium relâchée lors des explosions à Fukushima équivaut à 300 ou 400 fois la bombe d’Hiroshima. Sans compter ce qui a été reversé dans l’océan, et, aujourd’hui encore, des quantités considérables sont relâchées en pleine mer sans qu’on puisse entrevoir la fin de ce désastre."

La conclusion ;

"Nous sommes tous ici, tranquillement réunis dans cette salle de conférence à Fukushima, à discuter comme si de rien n’était, alors que dans cette ville de 300 000 habitants, tout est irradié [...]. L’endroit où nous sommes actuellement devrait être classé “ zone d’accès contrôlée ” et être évacué [...]. L’unique solution est la fuite [...]. On ne laisse vivre personne dans une “ zone d’accès contrôlée ”, et surtout pas des enfants. […]

C’est la responsabilité individuelle qui joue dans la décision de chacun. Je suis ici de mon propre fait et vous également. Mais pas les enfants. Ce n’est pas que je souhaiterais ne protéger que les enfants. C’est que si je ne les protège pas, je ne me le pardonnerais jamais. A chacun d’entre vous de décider en conséquence."

Voir le texte complet sur Rue89 :

http://www.rue89.com/2013/07/03/crime-detat-a-fukushima-lunique-solution-est-fuite-243864

P.S. ; Thierry Ribault avec Cécile Asanuma-Brice (tous deux chercheurs au CNRS à Tokyo), et aussi Wataru Iwata (musicien), initiateur et coordinateur du CRMS, mènent un gros travail d'information au Japon sur le nucléaire.

Fukushima

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