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Sur les traces du mythe zapatiste

31 Octobre 2006 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Oaxaca Mexique

Sur les traces du mythe zapatiste.

Au Mexique, les élections se sont terminées par la victoire de la droite. Calderon succède à Fox. La gauche a tenté de mobiliser en surface contre des fraudes électorales manifestes.

 

Les élections se sont déroulées le 2 juillet. Et dès le 9, des mobilisations se mettent en place dans diverses villes mais la gauche, et son candidat, Lopez Obrador (AMLO), sont restés de fidèles serviteurs du système de domination étatique. Les manifestations officielles visaient à interpeller les tribunaux fédéraux, dont les juges ont été placés par la droite.

De leur côté, les manifestants qui ont voté pour la gauche sont très insatisfaits. C’est un vote de classe. Ce sont les pauvres, les vendeurs ambulants, les paysans, les ouvriers qui ont voté pour AMLO. Ce sont les riches, les commerçants qui ont voté pour la droite. Le PRI (parti au pouvoir pendant 70 ans) connaît la débandade.

Un énorme rassemblement se met en place à Mexico. Les manifestants occupent le zocalo (la place centrale) et plantent leurs tentes. Cela dure plusieurs semaines. Face à cette agitation, la gauche tente de suivre de mouvement et de le diriger. Il n’y aura pas d’agitation dans les régions et l’on tente de faire pression sur les tribunaux. AMLO va tout de même faire un discours très critique vis-à-vis des pouvoirs politiques en place et ira jusqu’à menacer d’une révolution mais la gauche est trop partie prenante du système de domination bourgeoise et elle trahira, comme elle l’a toujours fait, l’espoir des pauvres qui ont voté pour elle, des travailleurs qui se sont mis en grève, etc. Il faut dire que face à la mobilisation, il y a aussi le pouvoir des médias qui assomment à longueur de journée par des spots publicitaires en faveur de la victoire de la droite.

 

 Oaxaca dans tout ça.

C’est dans ce contexte que s’inscrit la lutte du peuple d’Oaxaca, région pauvre ayant voté à gauche. Les profs en grève ont eu à subir les foudres de la police. Après les massacres de manifestants dont nous avons déjà parlé, les habitants de Oaxaca, qui eux aussi occupent leur zocalo, demandent la démission du gouverneur Ulises Ruiz (du PRI). La droite ne veut pas se défaire de ce gouverneur de peur de se voir confisquer sa victoire électorale. Il faut faire front contre la gauche. Les manifestants de Oaxaca ont vite compris l’attitude de AMLO et se sont coupés de toute mascarade de la représentation politicienne. Ils ont mis en place une Assemblée Populaire.

Nous avons là deux logiques différentes. Une logique électorale étatiste, centralisatrice et castratrice des espoirs ; et une logique sociale, fédératrice, localisée dans la réalité sociale et qui rayonne sur les autres régions.

 Et Zapata dans tout ça.

 

Des manifestations ont eu lieu dans le Chiapas, région la plus pauvre, mais là aussi les (mots d’) ordre ont été suivis. L’EZLN, armée zapatiste, avait entamé sa 6e campagne à travers le Mexique et avait pris fait et cause pour la gauche.

Il faut voir San Cristobal de las Casas. C’est une ville à bobos où la révolution se vend : café Révolution, boutiques de souvenirs zapatistes, T-shirts top mode… Les occidentaux ont apporté leur culture urbaine et l’on voit fleurir les tags situationnistes, les graphes de mangas… Que viennent faire ces gens ici ? Sûrement pas la révolution. Car la révolution vient du monde paysan. C’est une technique de guérilla avec des risques énormes pour la vie des indiens zapatistes. Nous sommes loin de la contre-culture occidentale à la mode punk.

Cela doit aussi nous interroger. Dans de nombreux pays (ex à l’est) la contre-culture punk a permis de conserver vivant un mouvement de contestation mais ces mouvements doivent faire le lien et s’inscrire dans les mouvements sociaux, dans les luttes ouvrières, paysannes pour avoir une chance de devenir les acteurs d’une révolution en devenir.
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D'Oaxaca surgit la révolution

31 Octobre 2006 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Oaxaca Mexique

La révolution surgit d’Oaxaca (Mexique)

L’état d’Oaxaca est, avec le Chipas et le Guerrero, l’un des trois états les plus pauvres du Mexique, et ce malgré leur richesse en ressources naturelles.

 

  Tous les ans, les travailleurs de l’éducation organisent des manifestations au mois de mai. Mais cette année, devant l’échec des négociations avec les représentants de l’état, les travailleurs de l’éducation (entre 30 000 et 60 000) ont décidé d’occuper la place centrale de la ville : le zocalo, et d’y construire leur campement.

La force du mouvement et l’opposition au gouverneur Ulises Ruiz Ortiz (URO) n’ont cessé de croître. Le 2 juin, entre 50 et 100 000 personnes ont manifesté lors des méga-marche. Le 7 juin, ce sont 120 000 personnes qui ont défilé. Le 14 juin, le gouverneur ordonne à la police d’attaquer le campement de manifestants où se trouvent de nombreuses familles. Les affrontements durent plusieurs heures et les manifestants reconquièrent la place centrale. La politique répressive d’Ulises Ruiz s’était déjà traduite par l’attaque de journaux, des violences et des tortures répétées.

A la suite de cette attaque, une troisième méga-marche fut organisée, rassemblant 400 000 personnes.

Une Assemblée Populaire du Peuple d’Oaxaca s’est constituée déclarant l’illégitimité des structures politiques et leur volonté de se gérer eux-mêmes à travers cette Assemblée. Le mot d’ordre est la démission d’URO. De nombreuses manifestations sont organisées afin de faire pression et de montrer l’impossibilité de gouverner la région.

La lutte pour le contrôle des medias a aussi pris une dimension importante et le gouvernement poursuit sa répression : le 9 septembre, des hommes non identifiés ont mis le feu à un des sièges de l'APPO, le 14 septembre, des policiers encapuchonnés ont lancé des explosifs contre des barricades, faisant six blessés, le 20 septembre, la Police fédérale préventive (PFP) envoie en cachette des agents à Oaxaca, le 24 septembre, les mêmes paramilitaires du groupe d'URO font feu sur des manifestants de l'APPO.

Les manifestants renforcent leurs barricades en vue d’une attaque de l’armée.

Face à cette situation, l'Assemblée des peuples d'Oaxaca continue à réaliser des actions pacifiques, comme la marche qui bientôt arrivera dans la capitale du pays pour exiger du Sénat qu'il prononce la disparition des pouvoirs à Oaxaca, mettant ainsi fin à une situation critique.

D'autre part, l'APPO a convoqué une Rencontre nationale et internationale de solidarité avec les peuples d'Oaxaca, qui s’est le 14 octobre dans la ville d'Oaxaca.  

Depuis, les craintes d’un assaut militaire se sont vues confirmées avec encore des victimes et des morts.

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D'Oaxaca surgira la révolution du 21e siècle

31 Octobre 2006 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Oaxaca Mexique

D’Oaxaca surgira la révolution du 21e siècle

 A Oaxaca (Mexique), la situation politique s’assombrit dans un contexte national marqué par les enjeux autour des élections présidentielles et la soi-disant victoire de la droite aux élections présidentielles.

 A Mexico, les partisan.ne.s de Lopez Obrador (candidat de gauche) continuent à bloquer et occuper la place centrale (zocalo). A Oaxaca, la population a créé une Assemblée Populaire du Peuple d’Oaxaca contre les institutions étatiques. Le gouvernement continue à user de la répression féroce.

 Depuis le 1er Mai, les travailleurs de l’éducation ont manifesté pour la satisfaction de leurs revendications. Le 22 Mai, des milliers de professeurs bloquent les rues d’Oaxaca. Le gouvernement envoie la police. La ville sera submergée de gaz lacrymogènes et on comptera au moins 130 blessés parmi la population civile. La police a incendié les campements de protestation et détruit la radio que les manifestant.e.s avaient mis en place pour pouvoir informer les habitants. A partir de là, la solidarité avec les manifestants et le rejet du gouvernement s’est cristallisée dans la création d’une Assemblée Populaire de Peuple d’ Oaxaca (APPO), qui réunit des dizaines de syndicats, d’organisations paysannes, indigènes, étudiantes.

Des manifestations massives et festives.

 Les manifestations se sont poursuivies avec, le 16 juin, 200 000 personnes et une répression féroce et meurtrière. Deux semaines plus tard, le 28 juin, un demi million de personnes manifestent leur solidarité et exige la démission du gouverneur de l’Etat, Ulises Ruiz.

 Le 2 juillet se déroulent les élections présidentielles, avec la soi-disant victoire de la droite, mais les élections sont entachées de fraude et la rue va se mobiliser dans les jours suivants.

 A Oaxaca, la réaction a attaqué, le 22 juillet, la Radio Universitaire qui servait à transmettre les informations sur les mouvements de grève. De leur côté, les manifestant.e.s appelaient au boycott de la fête traditionnelle, la Guelaguetza, et proposé d’organiser une fête alternative loin des lois du fric.

 Depuis tout ce temps des campements sont organisés sur le zocalo (place centrale) qui est barricadé. Des manifestations régulières sont organisées pour la destitution du gouverneur et la disparition des institutions étatiques, pour la libération des prisonnier.e.s.

La réaction continue d’arrêter et d’enfermer de façon arbitraire les responsables syndicaux et d’attaquer les radios des manifestant.e.s. Le 20 août, canal 9 a été attaqué par un commando armé. Le 10 août, une manifestation contre la répression s’est terminée par la mort d’un manifestant. Le 22 août, une autre personne a été tuée par la police et la répression s’intensifie avec des arrestations, des violences, des tortures. Depuis, le quartier est fermé aux touristes, certainement pour éviter les regards indiscrets.

Des campagnes médiatiques sont orchestrées afin de casser le mouvement et la solidarité dont il bénéficie, avec assez peu de succès jusqu’alors, mais nous devons populariser cette lutte.

 Dans d’autres pays d’Amérique latine, des mouvements similaires en matière d’éducation se développent, notamment au Chili. A suivre…

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