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Journée mondiale du débaptême

25 Octobre 2009 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #groupe Proudhon - FA

Si dieu est, l'homme est esclave ; or l'homme peut, doit être libre, donc dieu n'existe pas.
L'idée de dieu implique l'abdication de la raison et de la justice humaines, elle est la négation la plus décisive de l'humaine liberté et aboutit nécessairement à l'esclavage des hommes, tant en théorie qu'en pratique.
Il faut observer qu'en général le caractère de tout raisonnement théologique, et métaphysique aussi, c'est de chercher à expliquer une absurdité par une autre.
-> Michel Bakounine, extraits de "Dieu et l'Etat"


Notre Père qui êtes saucisse
A la ferme, une fois par an, on tuait le cochon. La tradition voulait que le lendemain la grand-mère portât un chapelet de saucisses à monsieur le curé. Et puis la grand-mère mourut. Elle avait quatre-vingt-quinze ans, cela ne surprit personne.
Alors, cette année-là, pour changer un peu, mon père, mon frère et moi, on tua le curé.
-> François Caradec, extrait de "Entrez donc, je vous attendais"



RECETTE POUR SE FAIRE DEBAPTISER


                            
Remplissez bien les passages concernant les informations qui vous sont personnelles (nom, prénoms, adresse, date et lieu de baptême) dans la lettre type ci-dessous. Adressez un exemplaire de cette lettre au responsable de la paroisse où vous avez été baptisé (le curé), un autre à l'évêché de cette paroisse (voire à l'évêché de votre lieu de résidence actuelle : plus on les informe, plus ça les énerve !), et pour plus de sécurité, un autre aux archives de catholicité.


               Laissez passer un mois. Si vous n'avez pas de réponse, même chose mais en recommandé, avec accusés de réception. Attendez encore un mois. La réponse
et la copie de l'acte de baptême modifié doivent vous parvenir.





---------------------------------------------------

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Monsieur le curé,

           Ayant été baptisé en l'église de -----------------------------------------------------, le ----/----/-----------, sous le nom de -----------------------------------------------------------,

 je vous serais reconnaissant de bien vouloir porter sur le registre de baptême et en regard de mon nom la mention suivante :

 « A renié son baptême par la lettre datée du -----/-----/-------------.

En effet, mes convictions philosophiques ne correspondent pas à celles

des personnes qui, de bonne foi, ont estimé devoir me faire baptiser.

Ainsi, vos scrupules de vérité et les miens seront apaisés, et vos registres

purs de toute ambiguïté.

Notez que légalement, les autorités religieuses ne peuvent refuser une
requête de débaptisation car ce refus serait passible de poursuites
judiciaires au même titre que toute secte. Par ailleurs, et au titre de la
réglementation de la Commission Nationale Informatique et Liberté sur

les fichiers (mêmes manuscrits), l'église doit me fournir à titre gracieux

une copie de l'acte modifié.

Dans l'attente de votre confirmation écrite et de cette copie, je vous

prie d'agréer, monsieur, l'expression de mes salutations distinguées.


Nom, signature

 

 

 



Copies au responsable de la paroisse de baptême ainsi qu'à

l'évêché de baptême.

 

 

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"Indect" relègue Orwell dans la Bibliothèque Rose

16 Octobre 2009 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

"Indect" relègue Orwell dans la Bibliothèque Rose

Surveill@nce / samedi 10 octobre par Woodward et Newton

 

Le programme européen Indect vise à développer un système de surveillance des informations d’Internet. But avoué : détecter automatiquement les menaces, les comportements anormaux ou la violence.

Pas un jour ne passe sans que l’on apprenne l’existence, ici ou là, de projets bureaucratiques visant à contrôler Internet, cet espace de liberté qui provoque des poussées de fièvre aphteuse chez tous les tyrans et autres aspirants dictateurs de la planète.

La démarche, somme toute assez logique de la part des démocrates éclairés régnant par exemple en Birmanie, en Corée du Nord, en Chine, en Iran ou en Tchétchénie, est plus surprenante de la part des dirigeants australiens ; quoique. On oublie un peu vite que les prix Nobel de lancer de boomerang participent activement à un super Big Brother dinspiration yankee, ayant pour objectif dintercepter les communications téléphoniques mondiales, publiques et privées : le célèbre réseau « Echelon ». Outre les Australiens, participent à ce club très fermé de « grandes oreilles » le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande.

© Oliv’

En Europe, creuset de la démocratie, pour ne pas dire de la civilisation que lhumanité nous envie, nos dirigeants ne caressent pas de si noirs desseins ; contrôler Internet ? Allons donc ! Et pourquoi pas des caméras de surveillance à chaque coin de rue pendant que vous y êtes ? Ou bien laccès à votre dossier médical par votre employeur en cas darrêt de travail consécutif à une petite grippe H1N1 ? Non mais franchement. D’ailleurs Echelon na pas empêché la tragédie du 11 septembre, alors ?

Alors, au nom de la sacro-sainte sécurité, le plus porteur des thèmes électoraux de lère moderne, nos dirigeants européens nont pas tardé à trouver une bien meilleure recette qui laisse craindre hélas, que la «Police de la Pensée » Orwellienne ne soit plus très loin.

Détection automatique des menaces

Cette meilleure recette a pour nom « Indect » ; daprès ses concepteurs, il sagit « d’un système intelligent dinformation permettant lobservation, la recherche et la détection en vue dassurer la sécurité des citoyens dans un environnement urbain ». Froid dans le dos rien quà lire létiquette sur lemballage.

 

« Indect » [1] a été lancé très confidentiellement le 1er janvier 2009 grâce au soutien financier de la Commission européenne qui a déjà investi plus de 10 millions deuros dans laffaire prévue pour sétaler sur 5 ans : le délai nécessaire au consortium « Indect » pour réaliser le développement de programmes informatiques de surveillance, de collecte et danalyse automatique des informations du Web. Rien de moins. Le but ultime de lentreprise tient en peu de mots : « la détection automatique des menaces, des comportements anormaux ou de la violence ».

Le préambule du cahier des charges ne laisse planer aucun doute sur les raisons qui ont motivé ce projet européen :

"La sécurité devient le maillon faible des infrastructures énergétiques et de communication, des centres commerciaux, des centres de conférence, des aéroports et plus généralement des sites fréquentés par un grand nombre de personnes."

"En pratique, tout lieu public est vulnérable et les risques qu’il supporte doivent être contrôlés et réduits autant que possible. Un contrôle daccès et une réponse rapide à toute menace potentielle sont des propriétés que tout système de sécurité de tels sites doit absolument posséder."

"Le projet Indect est destiné à développer de nouveaux outils et de nouvelles techniques qui permettront à leurs utilisateurs finaux daméliorer leurs capacités de détection et de prévention des actes criminels, améliorant ainsi la sécurité des citoyens européens ».

Surveiller les échanges

Le « club Indect » comprend d’ailleurs du très beau linge en matière de prévention des méga-menaces : la police dIrlande du Nord, le quartier général de la police polonaise, les universités et pôles universitaires de technologie les plus pointus en intelligence artificielle, tels ceux de Grenoble, Madrid, Vienne, Wuppertal et York, auxquels se sont joints des représentants de régimes récemment convertis aux principes démocratiques comme ceux de Gdansk, Kosice, Ostrava et Poznan. Cest vrai que les anciens fichiers de la Stasi restent très « vintage » dans les ex-républiques soviétiques.

Le but avoué des développeurs dIndect, est de surveiller de très près les sites Web, les serveurs de fichiers, les forums de discussion, les réseaux sociaux et de peer to peer et même les ordinateurs individuels ! Si la moisson savère bonne, les informations collectées seront traitées par des programmes capables de comprendre et d’enregistrer les relations entre les individus et les organisations diverses auxquelles ils semblent rattachés sur le Web. Le bonus, c’est la constitution automatique de dossiers sur les individus et les organisations avec lesquelles ils communiquent sur le Web, la nouvelle arme de destruction massive.

Minority Report

Cest la CNIL qui va être contente ! On ne saurait trop suggérer à ses dirigeants douvrir sans tarder des cellules de recrutement directement intégrées aux Pôles Emploi ; ça ira plus vite pour recruter les « traqueurs de fichiers sauvages » constitués « automatiquement » par les exploitants de Indect. Tout ça dans le but déclaré de déjouer les actions criminelles avant quelles ne surviennent.

Et dire que le téléchargement sauvage de musique par des gamins boutonneux a failli déclencher une guerre civile dans ce pays ! Pendant ce temps là, sans faire de vagues, « Super-Méga-Big Brother » tisse sournoisement sa toile sur la Toile dans lindifférence générale et le silence assourdissant des prétendues élites et de tous les contribuables européens qui casquent sans broncher pour la fabrication du garrot qui va les étouffer.

Si lon considère quune arme aussi létale quune possible privatisation de la Poste justifie un référendum national, est-ce quun projet potentiellement aussi liberticide et attentatoire à la sphère privée quIndect ne mériterait pas une vaste consultation européenne ?

[1] (Intelligent Information System Supporting Observation, Searching and Detection for Security of Citizens in Urban Environment)

Voir en ligne : Le projet Indect (en anglais)

 

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Il n’y a pas eu plus d’émeute à Poitiers le 10 octobre...

12 Octobre 2009 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #groupe Proudhon - FA

Communiqué Organisation communiste libertaire Poitou

Il n’y a pas eu plus d’émeute à Poitiers le 10 octobre
que de socialisme en France en mai 1981


Quelques poubelles qui brûlent, quelques vitrines brisées (celles de banques essentiellement, ainsi que de Bouygues Télécom – le maître d’œuvre de la nouvelle prison à Vivonne –, et d’un journal local), quelques fumigènes, le tout mettant aux prises quelques dizaines de personnes avec la police pendant une petite heure, cela ne fait pas encore une émeute !
Une émeute, c’est, rappelons-le, un soulèvement populaire mis en œuvre par une partie importante et significative de la population dans un espace politique donné.
En revanche, l’intrusion policière couverte par le procureur de la République, à huit heures du soir, dans un lieu privé, bien après et loin du lieu de la manifestation, pour procéder au contrôle d’identité des 100 personnes présentes pour un débat, un repas et un concert (toutes choses qui ne purent avoir lieu de ce fait), cela ressemble fort à un état de siège interdisant toute réunion la nuit venue ! Tous et toutes au sol, mains sur la tête en plein air pendant cinq heures, cela n’est pas encore si banal que l’on ne puisse en faire grand état.

La journée anticarcérale du 10 devait être l’occasion – en profitant du transfert, prévu le lendemain, des prisonniers de la vieille prison de Poitiers vers la neuve de Vivonne, à quelques kilomètres – de poser la question cruciale de la prison dans une société où le sécuritaire et l’enfermement sont les deux pivots du maintien de l’ordre capitaliste.
Un premier débat s’est tenu en début d’après-midi, parfaitement introduit par une militante de l’Association pour le respect des proches des personnes incarcérées (ARPI). Il fut l’occasion d’aborder de multiples questions dans une ambiance d’écoute et de réflexion assez rare sur ces sujets particulièrement sensibles. Quel sens donner à l’abolitionnisme ? Quelle population croupit dans les prisons ? Dans une société « libertaire », quel sens aura la déviance ; faudra-t-il ou non « punir », pourquoi, comment ? Bref, autant de questions guère débattues en public. Une réussite.

Ensuite, départ pour la manif « festive ». Mais s’il y a eu problème alors, ce n’est pas tant dans les événements décrits succinctement plus haut – qui, répétons-le, ne furent en rien une émeute, et dont la responsabilité revient essentiellement aux forces de l’ordre – que dans l’ambiance qui y régnait. Des groupes de militants, ceux que nous appelons « hors-sol », ont, de fait, pris le contrôle de la manifestation, qui regroupait environ 300 personnes, imprimant leurs décisions, leur rythme, leur manière d’agir et leurs fantasmes à l’ensemble des manifestants (sans se préoccuper des retombées sur l’environnement local). A disparu alors tout souci d’expliquer le pourquoi de cette manifestation – pas de tract clair, pas de slogans lancés, des banderoles vides de toute inscription (!). Or, quand de tels messages sont absents, il ne reste plus que celui des vitrines brisées comme but en soi et unique non-message ! Comme si l’objectif de la journée, qui était de sensibiliser un peu une frange de la population à l’absurdité de la prison, devenait secondaire par rapport à, par exemple, l’inscription du slogan le plus imbécile de l’année : « La plus belle jeunesse est celle qui est en prison », ou encore à s’affronter avec la police. Bref, une ambiance pas trop démocratique (il n’est pas de démocratie que bourgeoise !) et un avant-gardisme rappelant de sinistres heures du gauchisme militaro que l’on croyait renvoyé aux poubelles de l’Histoire. Une manifestation où la peur et l’angoisse devant des visages figés par des masques et des uniformes sombres nous plaçaient aux antipodes des yeux dans les yeux et de la communication colorée et festive prévue.

Ce n’est pas la première fois que cela se produit, et il est urgent que les pendules soient remises à l’heure, afin que le sens des mobilisations en cours ne passe pas au second plan en nous faisant entrer dans un cycle permanent de violence-répression où notre énergie s’usera au nom de la solidarité (« malgré tout », puisque ce sera un choix forcé). Autrement, les sempiternelles obligations antirépressives risquent de devenir pour nous le pendant des journées d’action rituelles de la CGT.

OCL-Poitou

ocl-poitou@orange.fr 

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