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repression

"Mouvance anarcho-autonome" : généalogie d'une invention

7 Décembre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression



Dimanche 7 décembre 2008

Victor Hugo se flattait d’avoir «mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire [Les Contemplations, 1834]». C’est aujourd’hui la cagoule des policiers antiterroristes que l’on enfile sur le vocabulaire. Chacun choisit son symbole : la coiffe des sans-culottes de 1793 ou le masque anonyme du bourreau.

Néologismes et sémantique sont des moyens de la lutte des classes. Lewis Carroll a résumé le problème dans un court dialogue : «La question, dit Alice, est de savoir si vous avez le pouvoir de faire que les mots signifient autre chose que ce qu’ils veulent dire. La question, riposta Humpty Dumpty, est de savoir qui sera le maître… un point c’est tout [
De l’autre côté du miroir]».

Voilà. Ceux qui sont les maîtres, c’est-à-dire ceux qui disposent de la gendarmerie et des télévisions, ont le pouvoir de donner aux mots le sens qui leur convient. Ils ont le pouvoir de faire en sorte que les mots les servent, qu’ils soient le moins importuns possible pour eux. «Ils disent “voici telle ou telle chose”, remarquait Nietzsche, ils apposent sur toute chose et sur tout événement un son qui les différencie et par là même ils en prennent pour ainsi dire possession [
Généalogie de la morale, Éd. 10-18, p. 130]». Les mots, et partant les choses qu’ils désignent, sont serfs. Il n’est pas étonnant que les écrivains se soient soucié du sort du langage, leur outil, leur jouet, leur arme. Les écrivains, dit Hugo dans Les Contemplations, «ces bandits», «ces terroristes», «ont mis la langue en liberté». Le souci de tous les pouvoirs est de la remettre en cage, de re-nommer sans cesse ce qui leur déplaît et les importune. Nommer pour normer. Définir pour en finir avec.
 
Anarcho-libertaire ou anarcho-autonome

La police a hésité, depuis le début des années 1990, entre plusieurs appellations pour désigner les milieux ou la mouvance qui se situent hors de l’extrême gauche (par ex. LCR, LO…) et de l’anarchisme organisé (par ex. FA, OCL…). La première expression, bel exemple de redondance, était «anarcho-libertaire». Elle englobait aussi bien des militants de la CNT anarcho-syndicaliste que les antifascistes radicaux du SCALP. Puis vient «anarcho-autonome».

On peut prendre comme point de repère commode du passage d’une expression à l’autre le rapport des Renseignements généraux sur l’extrême gauche, produit en avril 2000 (Extrême gauche 2000, 116 p.). Classés parmi les «électrons libres», figurent les «anarcho-autonomes» : «Rassemblant de façon informelle des éléments se signalant par une propension à la violence, la mouvance autonome, regroupée pour l’essentiel dans la capitale, compte également des ramifications en province. Hors les organisations transversales qu’elle s’emploie à dévoyer, cette sensibilité se retrouve dans les squats politiques et également dans des structures spécifiques, plus ou moins éphémères, voire de circonstance, s’interpénétrant peu ou prou, au nombre desquelles : [le Scalp, Cargo, collectif agissant au sein d’AC !, le Collectif des papiers pour tous, etc.].» (p. 32) Dans l’une des annexes, intitulée «Les manifestations d’une violence marginale de janvier 1998 à avril 2000» (pp. 79 à 84), énumération d’actions plus ou moins illégales, on trouve les deux expressions, utilisées pour désigner tel militant censé y être impliqué, mais avec une nette prépondérance d’«anarcho-autonome» (15 contre 2, et, pour être tout à fait complet, 2 «anarcho-punks»).

Certes l’hybride «anarcho-autonome» est à peine moins ridicule que l’«anarcho-libertaire», mais il présente l’avantage de combiner le vieil épouvantail de l’anarchiste poseur de bombes avec une «autonomie» qui tient davantage de l’adjectif — bel adjectif d’ailleurs ! — que de la filiation réelle avec les mouvements autonomes italiens et français des années 1970.

Il faut attendre la deuxième moitié des années 2000, et l’arrivée de Michèle Alliot-Marie au ministère de l’Intérieur pour que le vocabulaire policier évolue. Encore le phénomène est-il lent et contradictoire, comme en témoigne les articles de la presse. Le Figaro (8 juin 2007) titre «L’extrême gauche radicale tentée par la violence». Il est question dans le corps de l’article d’«une mouvance particulièrement active ces dernières semaines. Qualifiés d’“anarcho-autonomes” par les services de police […]» Le Monde (1er février 2008) titre «Les RG s’inquiètent d’une résurgence de la mouvance autonome». L’article parle d’une «mouvance, qualifiée pour l’heure d’“anarcho-autonome”» puis utilise, sans guillemets, l’expression mouvance autonome.

C’est, à ma connaissance, dans une nouvelle note, produite cette fois par la Sous-direction anti-terroriste de la Direction centrale de la Police judiciaire, et datée du 26 janvier 2008, que s’achève la formation de l’expression qui fait son titre : Renseignements concernant la mouvance anarcho autonome francilienne (cf. article de Nicolas Beau et Jacques-Marie Bourget sur le site bakchich.info, 14 novembre 2008). Voici donc la «mouvance anarcho autonome» qui, pour avoir perdu un trait d’union, a enfin gagné sa cohésion. Et elle gagne encore, détail décisif, une localisation géographique : «francilienne». Certes, cela peut signifier simplement la modestie de l’objet envisagé (on ne traitera pas de la mouvance toulousaine…). Cependant, l’adjectif francilienne, s’il est réducteur dans l’espace géographique, ouvre des perspectives «organisationnelles» et donc policières intéressantes [Paradoxe : à ma connaissance, seuls des textes militants ont utilisé, par dérision et pour moquer la volonté policière d’inventer une organisation à partir de rien, le sigle «MAAF»]. Au prix de son troisième adjectif qualificatif, la «mouvance», terme par définition vague, acquiert un semblant de consistance… Bref, par la vertu d’un mot, nous avons affaire à une organisation, à un groupe constitué, autant dire à un parti ! Lequel s’exprime, selon la note de la PJ, «par des actions concertées à l’encontre des forces de l’ordre et de symbole du capital (banques, agences d’intérim, compagnies d’assurances, sociétés commerciales internationales…), préparées par les intéressés lors de rencontres dans les squats, à la fois lieu de vie, de réunion et de passage [Le rapport de la Sous-direction antiterroriste de la Direction centrale de la police judiciaire au procureur de Paris, en date du 15 novembre 2008, reprend ce passage mis en ligne ici]».

Il manquait une touche, logique, à cette élaboration. Elle est fournie par une note, en date du 13 juin 2008, de la Direction des affaires criminelles et des grâces du ministère de la Justice, adressée aux magistrats parquetiers de toute la France. Il s’agit de faire face «à la multiplication d’actions violentes commises sur différents points du territoire national susceptibles d’être attribuées à la mouvance anarcho-autonome». La Chancellerie demande par cette note aux parquets locaux «d’informer dans les plus brefs délais la section anti-terroriste du parquet de Paris [de toute nouvelle “affaire”] pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit [
Le Syndicat de la Magistrature (SM) faisait observer, dans un communiqué du 26 juin 2008, que cette manière de procéder est de nature à centraliser et renforcer «la répression à l’encontre des différents acteurs du mouvement social». Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la Justice, affirmait en réponse que «la définition de la “mouvance anarcho-autonome”, des organisations et des membres qui la composent, viendra des services de renseignements spécialisés» (Mediapart, 26 juin 2008), ce qui revient à reconnaître qu’il s’agit d’une formule creuse promise au rôle de joker et de fourre-tout.]». La «mouvance anarcho-autonome» est donc bien l’équivalent d’une organisation structurée au niveau national, et comportant des ramifications ou des «cellules» locales.

Ce laborieux effort de visibilisation d’un ectoplasme permettra d’accuser demain tel individu interpellé et mis en examen, pour possession d’un fumigène par exemple, d’appartenir à la Mouvance anarcho autonome, comme on est délégué Force ouvrière ou agent de la CIA. L’intérêt étant que, aussi minuscule et dérisoire que puisse être le prétexte de son arrestation et de sa mise en examen, il sera considéré comme un élément d’un ensemble d’autant plus dangereux pour l’ordre social qu’il est flou. À travers lui, c’est «le parti» que l’on frappera !

Ultra-gauche

Annonçant les interpellations de Tarnac, le 11 novembre 2008, la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie ajoute un terme à la déjà indigeste «mouvance anarcho-autonome», la faisant précéder du terme «ultra-gauche». Ce qui donne, sans respiration : «ultra-gauche mouvance anarcho-autonome». Mentionnons pour mémoire que le terme Ultras désigne, au début du XIXe siècle, les ultra-royalistes.

Ultra-gauche a d’abord été employé au milieu des années 1920 pour désigner des militants léninistes, membres du KPD (parti communiste allemand pro-soviétique), qui déviaient de la ligne officiel de Moscou, en s’opposant par exemple à la politique de front unique avec les sociaux-démocrates. Par la suite, il a été utilisé de manière vague et confuse pour désigner les communistes de conseils (Pannekoek par ex.) et de manière générale les marxistes antistaliniens [
Sur la critique de la notion d’ultra-gauche, cf. Charles Reeve, «Ultra-gauche en salade», Oiseau-tempête, no 11, été 2004].

Rien ne dit que le vocabulaire politico-judiciaire soit fixé. On peut cependant prévoir qu’il sera difficile, ne serait-ce que d’un point de vue euphonique, d’allonger encore cette suite de trois termes, dont deux sont composés. Il sera plus simple d’utiliser, comme en d’autres temps, le mot «terroriste».

Claude Guillon, 1er décembre 2008.

Source: http://juralibertaire.overblog.com/                                                                                                            
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Stratégie de la tension.

21 Novembre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Le 23 octobre dernier, Francesco Cossiga, figure historique de la démocratie chrétienne, ex-président de la république italienne, sénateur à vie, a tenu sur trois journaux des propos qui sur plusieurs points contreviennent aux lois d’un pays démocratique. Devant les manifestations de masse des étudiants, il a appelé à renouer avec la stratégie de la tension, dont les méthodes sont enfin reconnues par ceux qui les ont mises en œuvre : « Laisser faire (les étudiants). Retirer les forces de police des rues et des universités, infiltrer le mouvement avec des agents provocateurs prêts à tout, et laisser pendant une dizaine de jours les manifestants dévaster les magasins, brûler les voitures et mettre la ville à feu et à sang. (...) Ensuite, assuré du consensus populaire, le bruit des sirènes des ambulances devra dominer celui des voitures de police et des carabiniers. (...) Dans le sens où les forces de l’ordre devront massacrer les manifestants sans pitié et les envoyer tous à l’hôpital. Ne pas les arrêter, parce que de toute façon les magistrats les remettraient aussitôt en liberté, mais les frapper, et frapper aussi ces professeurs qui les agitent. »

Quand la dictature est à nos portes -

Source: la revue des ressources
http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article1057

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Nous sommes tous des « anarcho-autonomes »

19 Novembre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

 

 

Nous sommes tous des « anarcho-autonomes »

Le Mague (Satire) - France
En prime, les « terroristes aux ramifications internationales » et « au profil anarcho-libertaire » étaient membres du comité des fêtes. ...


Source: http://www.lemague.net/dyn/spip.php?article5461

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Les habitant de Tarnac en corrèze soutiennent les arrété-es

17 Novembre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Les habitant de Tarnac en corrèze soutiennent les arrété-es

  jeudi 13 novembre 2008


 

«Terroristes? N'importe quoi!»

 

Au lendemain de l'opération policière en Haute-Corrèze, notre journal a rencontré des amis des jeunes gens interpellés.

Et des habitants de la commune qui prennent leur défense...

 

« Terroristes, nous ? C'est du n'importe quoi. Croyez-moi, on ne pensait pas un jour être réveillés à 6 heures du matin, un flingue devant le visage.» Le ventre légèrement rebondi, Mélanie (*) nous accueille devant la ferme de Tarnac en Haute-Corrèze, où a eu lieu l'interpellation la veille de cinq de ses amis. « Encore déboussolée », cette jeune femme enceinte était présente quand les policiers de l'anti-terrorisme et ceux de la police judiciaire de Limoges ont débarqué dans la ferme. « Ils n'ont, j'en suis sûr, rien à voir avec ce qu'on leur reproche ». 

"Absurdité"

A ses côtés, Cédric (*), 30 ans, vêtu d'un jean et d'un pull accepte de répondre à quelques questions. Il se dit musicien, donne un coup de main pour retaper la ferme, va bientôt aider à la construction d'appentis pour le bois. Pour lui ces interpellations sont « une absurdité totale. Les analogies avec l'ETA, ou Action Directe, c'est incroyable. Le gouvernement cherche à faire revivre des spectres enterrés depuis longtemps pour susciter la peur. » Le discours est politisé. Il le reconnaît. « Effectivement, notre idée de l'humanité ne correspond pas aux canons de la droite ! » lâche-t-il. Mais il assure que « le passage à l'acte est hors de question ». Etonnamment, ce n'est pas ici, auprès des amis, que l'on entend les plus vives réactions. Mais dans le village. La plupart des habitants rencontrés hier étaient particulièrement remontés. Et n'hésitaient pas à prendre la défense des jeunes gens. Comme Laurent, employé communal depuis 16 ans. « Vous ne les connaissez même pas et vous les jetez en pâture ! Les jeunes, nous on les connaît. Ils ont fait plein de choses pour notre village. On ne peut rien leur reprocher. Pour moi, c'est un coup médiatique du gouvernement. Ils n'ont jamais fait de mal à personne ici. Et certainement pas fait ce qu'on leur reproche!. »

(*) Les prénoms ont été modifiés

Franck Lagier
franck.lagier@centrefrance.com  
 
Source:

http://www.lepopulaire.fr/editions_locales/tulle/terroristes_n_importe_quoi_@CARGNjFdJSsEEhwFBxQ-.html


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Parano vous dites?

28 Octobre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression


Twitter, la nouvelle arme des terroristes

Les outils en ligne pour créer des microblogues, dont le populaire service Twitter, pourraient s'avérer particulièrement utiles aux terroristes, soutiennent les services secrets américains.

Dans un rapport publié sur Internet au début du mois, mais dévoilé à plus grande échelle par le magazine Wired, le 304e Bataillon de l'armée américaine rappelle que Twitter est un outil idéal pour permettre à un activiste d'informer ses amis sur ce qu'il est en train de faire en leur envoyant des mises à jour régulières par le Web ou par téléphone cellulaire.

« Twitter est un outil très pratique pour les socialistes, les organismes de défense des droits humains, les communistes, les végétariens, les anarchistes, les communautés religieuses, les athées et les pirates informatiques afin de communiquer entre eux, d'organiser des activités et de diffuser leurs messages au public », est-il écrit dans le rapport.

Selon les auteurs de ce rapport, Twitter est déjà utilisé par les partisans « d'idéologies extrêmes » et pourrait servir aux terroristes afin de mieux organiser leurs activités, dont la planification de nouvelles attaques.

Par exemple, les auteurs du rapport soutiennent qu'un terroriste pourrait obtenir sur son téléphone cellulaire des informations en temps réel de la part de ses acolytes sur les déplacements de soldats américains en Irak, l'aidant ainsi à mieux se positionner pour préparer une embuscade contre eux.

par Christian Leduc

 

Source : BRANCHEZ-VOUS.com - Montréal,Québec,Canada 

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La solidarité n'est pas un délit !

27 Octobre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression


Le mercredi 22 octobre a eu lieu le procès en appel de notre camarade Romain Dunand, condamné en première instance à 800 euros d'amende pour outrage à Nicolas Sarkozy. Il est le premier militant RESF à avoir été condamné dans le cadre de son soutien aux sans-papiers.
Romain s'était élevé contre la mise en garde à vue de Florimond Guimard à Marseille et avait comparé la politique du gouvernement en matière d'immigration à celle de Vichy.
Malgré le brillant soutien à la barre d'Emmanuel Terray, anthropologue, et de Maurice Rajsfus, historien, le procureur a réclamé une amende de 1000 euros. Le jugement sera rendu le 26 novembre.
RESF rappelle son attachement à la liberté d'expression. De nombreuses personnalités se sont déjà exprimées dans les mêmes termes que Romain sans jamais avoir été inquiétées. Le délit d'outrage n'existe pas dans de nombreux pays comme la Grande-Bretagne ou les Etats-Unis.
Pour RESF, ce procès est celui de la solidarité, celui de citoyens qui s'insurgent contre les actes que l'on commet en leur nom et le font savoir.
La liberté d'expression est un droit garanti par la loi à tous les citoyens, en France ; toute condamnation de Romain Dunand serait une remise en cause de ce droit et consacrerait au contraire l'inégalité des citoyens devant la loi.
Nous rappelons aussi que prochainement, ce sera Simone Levavasseur, militante du Collectif Raba 70, membre des Verts et de la CFDT, qui comparaîtra à Vesoul pour outrage au préfet de Haute-Saône.
Le procès devait initialement se tenir le 13 novembre mais il sera très probablement reporté.
Les faits qui lui sont reprochés sont exactement similaires à ceux qui ont valu à Romain d'être condamné en première instance. Simone avait protesté auprès du préfet après l'expulsion d'une jeune femme géorgienne. Elle avait également établi un parallèle avec l'époque de Vichy. Pour elle aussi nous attendons la relaxe.
Pour soutenir Romain Dunand dans ses importants frais de justice, envoyez des chèques à CNT-Jura - BP39, 39260 Moirans-en-Montagne (chèques à l'ordre de la Cnt-Jura, avec mention "soutien Romain").
Pour soutenir Simone Levavasseur, une souscription est également ouverte. Envoyez des chèques à : UD-CFDT (Soutien Simone), 5 cours François Villon, 70000 Vesoul.

Les RESF de Franche-Comté

Solidarité avec Romain et Simone

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Procès en appel de Romain DUNAND

22 Octobre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Procès en appel de Romain DUNAND. Le Parquet a requis une amende de 1000 €
Romain Dunand était jugé devant la cour d'Appel de Paris le 22 octobre à 9h.
Le Parquet a requis une amende de 1.000 € (contre 800 € en première instance).
Compte-rendu d'audience ultérieurement (nous n'avons pu assister à l'audience, le nombre de places étant très limité…).
Délibéré le 26 novembre.
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Scène d’abattage au tribunal...

20 Octobre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Suite à la manif lycéenne : scène d’abattage au tribunal...

Deux des inculpés de la manif lycéenne de mercredi 15 octobre à Dijon ont été condamnés à 4 mois ferme, le troisième a pris 4 mois dont deux avec sursis et sans mandat de dépôt. Un récit de la machine à punir et un appel à solidarité.

Rappel des faits
Mercredi 15 octobre, une centaine de lycéen-ne-s manifeste contre les réformes Darcos et le fichage policier dans les rues de Dijon. Trois personnes sont arrêtées après une altercation avec un automobiliste. Le rendez-vous est place Darcy. Les manifestant-e-s affichant deux banderoles "Ils paraissent grands car nous sommes à genoux, levons-nous !" et "Contre Darcos et le fichage, lycéen-ne-s en lutte !", descendent en musique la rue de la Lib, passent par la place de la Rep et finissent place du Trente tout en bloquant la circulation sur leur passage, avec des sit-ins et des poubelles pour marquer le message et la contestation.
L’ambiance se tend lorsqu’une voiture fonce sur les lycéen-ne-s ; puis le conducteur d’une autre voiture s’enrage face aux manifestant-e-s regroupé-e-s sur la place du Trente... Il décoche plusieurs coups de poings à une fille ayant le tort d’essayer de lui expliquer les revendications du mouvement.
Après, tout va très vite : face aux coups, un rétro et une vitre de la bagnole du gars volent en éclat. Les flics (une vingtaine de CRS et de BACeux), prenant instantanément parti pour l’automobiliste fou furieux, interviennent en hurlant et menaçant tout le monde. Ils arrêtent une personne, poursuivent ensuite flashball au poing les manifestant-e-s et procèdent à deux autres arrestations. Ils matraquent de toute part, notamment les personnes qui essaient de s’interposer contre les arrestations, et finissent par contrôler les papiers d’une quinzaine de personnes. La manif est dispersée alors que les lycéen-ne-s s’apprêtaient à démarrer une assemblée pour décider des actions à venir.

La machine à punir en action
Au début, on se dit que ça craint que les gens se soient fait arrêter, mais qu’ils ne devraient pas se retrouver enfermés trop longtemps pour une classique esclandre en manif avec un automobiliste psychopathe. Ce que l’on peut être naïf parfois ! Au bout de la deuxième nuit en garde à vue, on commence à comprendre que ça va être sérieux et qu’"ils" ont décidé de les allumer. On les imagine sagement assis en train de recoller les pièces : "Alors, à qui on met la vitre pétée, et le rétro ? Tiens, lui ce serait bien qu’on lui rajoute une violence à agent. T’as pas de marques ? C’est pas grave, le médecin est conciliant et personne ira vérifier."
Après 40 heures de Garde à Vue, une deuxième visite au tribunal lors des comparutions immédiates (tous les jours à 13h30, allez-y c’est édifiant !) nous permet d’apprendre que les trois inculpées vont y passer.
Quelques personnes venues en soutien sont présentes dans la salle, quelques policiers aussi. Le juge introduit cash : "Dans le dossier qui nous préoccupe, nous avons affaire à des faits puisqu’ils s’agit de témoignages de policiers, il n’est pas question d’impressions". Il ouvre ensuite les débats par un majestueux : "Alors, vous pouvez être contents de vous les gars !".
Et puis de toute façon, même si le moindre doute subsistait sur qui a commis quel "délit", le juge précise ensuite le plus simplement du monde.
  "En réunion toutes les personnes qui sont là sont coupables, si il y a un rétroviseur cassé, tout le monde est coupable". Une manifestation pour lui, c’est "un groupe qui travaille dans le même sens, a une même volonté, les faits sont partageables entre tous. D’un point de vue juridique, toute cette foule est responsable des dégradations et des violences". C’est vrai remarquez que ça facilite le travail de la justice et permet des économies en temps de crise : partant de ce principe, il n’y a plus besoin que les flics se creusent leurs méninges fatiguées à inventer des constats compliqués. Il suffit de prouver au juge que la personne était présente à la manif.
Rappelons toutefois que même si Sarkozy, au moment des manifs du CPE, a rêvé de remettre en œuvre une loi anti-casseur qui permette de juger tout manifestant comme coupable de n’importe quel délit commis sur une manif, il n’est encore pas parvenu officiellement à ses fins. Le fait que le juge considère que les prévenus pouvaient de toute façon être tenus comme responsables de tout ce qui s’était produit sans que l’on puisse prouver que ce soit bien eux les auteurs, relève donc encore ici d’une prise de parti répressive terriblement zélée, même d’un point de vue sinistrement légal.
En l’occurence, les chefs d’inculpation sont lourds : coups, dégradations de biens en réunion, rébellion et violences sur agents...
Le fait que les prévenus aient juste pu tenter d’empêcher des personnes de se faire écraser par des chauffards, que des manifestant-e-s aient réagi face à un type qui leur mettait des coups, n’est plus pensable au tribunal. Quand on a assisté à la manif en question, on voit pourtant bien à quel point le procès-verbal policier et sa soi-disant objectivité correspondent surtout à un exercice parfois maladroit de reconstitution des faits a posteriori afin de faire coller des personnes arrêtées (parfois au pifomètre, parfois parce qu’on les a dans le collimateur comme G qui a le malheur d’être un militant un peu trop visible dans cette petite ville ), avec des délits commis, voire de créer des délits s’il faut charger la charrette. Il y a notamment le classique rébellion et violence sur agents qui te tombe dessus quasi-automatiquement dès que tu te fais attaquer et matraquer par un flic. Quel qu’ait été ton degré de résistance réel, ça mange pas de pain !
Le juge passe d’abord en revue les "CV" des trois prévenus en insistant sur les condamnations passées de deux d’entre eux. Il nous présente ensuite le type qui était sorti de sa voiture pour tabasser une lycéenne, puis avait tenté d’en écraser quelques autres parce qu’il ne pouvait supporter d’être bloqué quelques minutes dans sa circulation quotidienne comme "La Victime : monsieur nous en conviendrons tous est la victime dans cette affaire !". Cela ne se discute pas et c’est vrai que quand on voit le type, ça donne pas envie d’être victime.
Après coup, le juge fait quand même semblant de demander leur avis aux trois prévenus. Il s’agit bien ici d’une question rhétorique plus que d’une quelconque recherche d’explication alternative, puisqu’il les interrompt par des remarques cinglantes dès qu’ils commencent à s’exprimer. Que les prévenus tentent alternativement de s’excuser et de reconnaître pour partie les faits en espérant la clémence ou de nier quoi que ce soit, il coupe court : "Allez on se dépêche, on a d’autres affaires à traiter", ou expose sa science : "Vous savez une vitre c’est le principe d’Archimède, il faut lui mettre une pression pour qu’elle casse, ça n’arrive pas tout seul". Puis il assène que "les trois personnes qui sont là sont coupables" avant même qu’une quelconque défense ait été esquissée.
On contemple abasourdi et tenu au silence "respectueux", l’horreur dans toute sa splendeur du juge sûr de lui qui utilise sa maîtrise du langage comme pur outil de soumission. Au tribunal, l’incapacité de celles et ceux qui lui font face à répondre sur le même mode de langage devient une gageure de leur culpabilité. Le juge s’y délecte de leur maladresse, exulte quand il réussi à les faire trébucher sur un mot pas clair ou une phrase mal construite. C’est dans ces moments-là qu’on palpe de la manière peut-être la plus tangible ce que signifie l’idée de justice de classe et la façon dont le discours se transforme en instrument de domination sociale.
C’est alors au tour du proc’ qui explique qu’"il s’agit d’actes d’une sauvagerie sans nom puisque commis en réunion, et que nous avons  la peine-plancher de 2 ans ferme vu que deux inculpés sont en récidive légale, voire même de 5 ans étant donné le caractère collectif des faits commis en réunion. Il fera ensuite preuve de toute sa clémence en ne demandant "que" 6 mois ferme pour les deux inculpés ayant déjà un casier, et 6 mois dont 3 avec sursis pour le troisième inculpé. Cela commence à faire lourd du rétro pété. Il n’oublie pas de remercier lui aussi les policiers pour leurs constats.
Il est alors permis à la défense de s’exprimer. Au lieu d’avancer quoi que ce soit de pertinent et de précis pour défendre leurs clients, les avocats commis d’office devisent vainement sur le fait que leurs clients "ne sont pas des anarchistes au sens de vouloir répandre le chaos, mais au contraire dans le sens noble de personnes qui veulent vivre selon les lois de la nature, en harmonie avec le monde...". D’une part ça fait mal d’entendre de telles inepties, d’autre part le juge, à qui ce discours est censé être adressé s’en balance évidemment total. Au bout de deux minutes, il fait comprendre aux avocats qu’il n’a pas que ça à faire et qu’il va falloir abréger. L’un deux avance quand même timidement que le bon père de famille avait essayé de passer très rapidement sur les manifestant-e-s au risque de les renverser... sans échos.
Après un court délibéré, on nous intime l’ordre de nous relever puis de nous asseoir, "sauf les prévenus" qui doivent accueillir avec déférence leur punition. Le couperet tombe : "4 mois fermes" avec mandat de dépôt pour les deux prévenus ayant déjà un casier judiciaire, et 4 mois ferme dont 2 avec sursis pour le troisième en récompense pour son casier judiciaire vierge et sa situation sociale "intégrée". Ce sera le seul qui sortira. On s’y attendait, mais on est quand même sous le choc. Des portes claquent, ça hurle un peu dehors, puisqu’on ne peut pas à l’intérieur.
La "victime" sort du tribunal à l’annonce du résultat et s’extasie, ravie : "Aujourd’hui je suis forcément toujours beaucoup mieux mais ça laisse au moins une chance. La comparution immédiate n’équivaut à rien d’autre qu’à plaider coupable, tête basse, et à se faire manger. C’est accepter de se faire juger avec la tête de "criminel" et le cerveau décomposé qui caractérise la sortie de garde à vue, d’être défendu le plus souvent par des commis d’office incompétents et pas motivés pour un sou que l’on a croisés un quart d’heure dans une cellule. Cela ne laisse aucune possibilité de préparer collectivement une défense et de chercher les pièces justificatives et témoignages pour l’appuyer. C’est un concentré de ce que la justice peut concevoir de plus lapidaire pour éviter d’avoir à se prendre la tête avec des gens qui résistent et contre-argumentent.
Dès l’annonce des résultats du procès, le collectif lycéen a décidé d’organiser un rassemblement sonore de soutien aux incarcérés jeudi 23
devant la prison de Dijon. La caisse de solidarité dijonnaise entend aussi organiser des actions de soutien. Il est primordial de montrer rapidement toute notre solidarité à celles et ceux qui tombent sous les coups de la justice et de s’organiser pour être plus fort-e-s ensemble en manif face à la répression policière. Comme le rappelait la banderole de la manif lycéenne : "Ils paraissent grand parce que nous sommes à genoux. Levons-nous !". Alors on va continuer avec encore un peu plus de rage face aux tenants de l’ordre et l’envie de leur renvoyer à la face

publié le 18 octobre 2008

Source :
http://brassicanigra.org,

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Ephéméride anarchiste

25 Février 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Le 25 février 1908, aux Etats Unis, le "Washington Post" propose dans son édition du jour, que TOUS les anarchistes (coupables ou non de crime ou délit), soient mis à mort (charmant journal).

Le 25 février 1920, aux Etats-Unis, arrestation d'Andrea SALSEDO et de Roberto ELIA, éditeurs anarchistes, pour "interrogatoire" au sujet des attentats anarchistes de l'année précédente.
Andrea SALSEDO trouvera la mort le 3 mai 1920, défenestré du 14e étage du "Département de la Justice" où il était interrogé.
  Source Ephéméride anarchiste
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