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nucleaire

anti-Castor

23 Janvier 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

Suite à l’inculpation de militant.e.s anti-Castor à Valognes en novembre
2011, la CNT 25 vous invite le mercredi 25 janvier à 19h30 à une soirée
projection-débat avec le film « Stop Castor: Gorleben 2006 ».
La projection a lieu dans l’amphi Donzelot à la fac des Lettres (32 Rue
Mégevand, Besançon) et le débat portera sur la diversité et la
complémentarité des modes de luttes.
 
CNT 25
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Chaines humaines pour en sortir !

23 Janvier 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

sortir du nucléaire

              Nucléaire : des chaines humaines pour en sortir !

Depuis plus de 6 mois, des chaines humaines locales en Rhône-Alpes et PACA rassemblent plusieurs milliers de personnes. Ces évènements ont un objectif : créer une réaction en chaîne et sensibiliser pour la grande Chaîne Humaine du 11 mars 2012, qui verra plusieurs dizaines de milliers de citoyens relier Lyon et Avignon, pour dire ensemble « sortir du nucléaire, c’est possible ! »

Réagir ensemble pour sortir du nucléaire

Le 11 mars 2011 débutait la terrible catastrophe nucléaire de Fukushima. À ce jour, les réacteurs éventrés continuent d’exposer des millions de Japonais à la radioactivité et de contaminer le pays pour des milliers d’années.

Un an plus tard, le 11 mars 2012, tous les citoyens auront l'opportunité de réagir ensemble pour dénoncer le risque de catastrophe nucléaire en France et dire haut et fort leur volonté que la France saisisse l'opportunité écologique et économique de la transition énergétique. D'autres pays européens sortent du nucléaire, alors pourquoi pas nous ?

De Lyon à Avignon, une grande chaîne humaine dans la région la plus nucléarisée d’Europe

Une forte majorité de Français souhaite la sortie du nucléaire. Mais un bulletin de vote ne suffira pas pour forcer nos gouvernants à engager la nécessaire transition énergétique, qui nous libèrera de notre dépendance au nucléaire et aux énergies fossiles. Le rapport de force doit être visible... sur plus de 200 km !

C’est en descendant dans la rue, en se mobilisant par dizaines de milliers, que les Allemands ont obtenu une décision de sortie du nucléaire d’ici 2022, alors même que leur chancelière est favorable à l’atome. S’indigner, oui, mais surtout se rassembler : c’est en étant nombreux que nous sommes forts.



De nombreuses organisations, personnalités, artistes (Les Ogres de Barback, Karpatt, Marcel & son Orchestre, Les Hurlements d’Léo, Le Peuple de l’Herbe…) nous ont d’ores et déjà rejoints et apporté leur soutien pour la grande chaîne à venir. Au niveau international, des chaînes humaines sont prévues pour le 11 mars 2012 dans plusieurs pays : Brésil, Allemagne, Japon, Suisse...

Des dizaines de chaînes humaines locales pour une mobilisation sans précédent

Depuis le mois de mai 2011, pour lancer la dynamique de la grande Chaîne Humaine à venir, des citoyens de la vallée du Rhône se sont mobilisés pour organiser des chaînes humaines dans plusieurs villes de la région. À Montélimar (26), Bourg-Saint-Andéol (07), Die (26), Romans (26) , Tournon-sur-Rhône (07), Aubagne (13), Valence (26), Avignon (84), Lyon (69), Saint-Étienne (42)...  à chaque fois, des centaines de personnes de tous horizons se rassemblent avec la ferme intention de faire changer les choses.

Ce dimanche 22 janvier, ce fut au tour des Grenoblois de se donner la main. Un millier de citoyens souhaitant le développement des alternatives au nucléaire se sont retrouvés, avant d'investir le centre-ville dans la bonne humeur et une ambiance familiale.




D’autres chaînes humaines sont encore à venir d'ici au 11 mars, pour se préparer au mieux à cette journée et faire connaître l'évènement. Partout en France, des départs groupés s'organisent pour rejoindre le parcours de la chaîne* le jour J et de nombreux évènements seront organisés le 11 février (Journée des Alternatives à Paris, Chaîne Humaine à la centrale de Belleville et à Lons-le-Saunier...) en préparation de la chaîne du 11 mars.

Ensemble, nous pouvons faire de cette chaîne humaine une mobilisation historique et le virage essentiel pour une décision de sortie du nucléaire !



Contacts presse :
Pierric Duflos - 06 28 34 73 32
Jocelyn Peyret - 07 77 20 27 71



* Pour en savoir plus sur la Chaîne Humaine :
www.chainehumaine.org
Retrouvez ici toutes les photos de la chaine humaine de Grenoble ! 

Téléchargez ici notre dossier de presse consacré à la chaine humaine !

 

 

http://www.sortirdunucleaire.org

 

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Fukushima: la situation se stabilise à la centrale ?

31 Décembre 2011 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

Voici le témoignage du journaliste japonais indépendant Tomohiko Suzuki, qu'il a donné récemment dans une conférence de presse, et qui révèle comment ont été recrutés les ouvriers pour retraiter l'eau contaminée, et dont l'entreprise a "perdu la trace" !

Il a notamment pu être embauché clandestinement sur le site cet été.

 

Il évoque aussi la réaction des ouvriers à l'annonce récente de "l'arrêt à froid des réacteurs de Fukushima"...

 

Alors que le gouvernement japonais vient de décréter l’arrêt à froid des réacteurs de Fukushima (comme s’il y avait encore des « réacteurs » à Fukushima !), un journaliste japonais indépendant, Tomohiko Suzuki, a donné une conférence de presse très instructive. Cet homme courageux, journaliste de terrain, s’était fait embaucher à la centrale de Fukushima Daiichi comme ouvrier par l’intermédiaire d’une filiale de Toshiba. Il a pu ainsi enquêter à l’intérieur même du site du 13 juillet au 22 août 2011, assigné à une tâche liée au retraitement de l'eau contaminée. Ses révélations décapantes nous amènerons à nous interroger une nouvelle fois sur la disparition de dizaines, voire de centaines d’ouvriers sur les listes administratives de la centrale nucléaire.

 

http://www.youtube.com/v/rzLTS7mZkKY&hl=en_US&feature=player_embedded&version=3
Intégralité de la conférence de presse de Tomohiko Suzuki avec interprète anglophone

(durée : 1 heure 42 ; langue : japonais et anglais)

 

Aucun progrès

Tout d’abord, les déclarations de Tomohiko Suzuki (1) sont à l’opposé de la communication officielle qui proclame que tout est sous contrôle. Selon lui, aucun progrès n’a été fait vers une quelconque sortie de la crise nucléaire : seuls des travaux de façades ont été effectués pour faire croire à une maîtrise de la situation. On peut citer en effet l’installation de la tente de protection du réacteur n°1 et le nettoyage de la façade sud du réacteur n°4. Il s’agit d’actions concrètes et visibles propices pour donner une image de maîtrise de la situation. Or en réalité il n’en est rien. Ces actions de sécurisation à court terme ne règlent aucun problème :

 

On ne sait toujours pas quoi faire de l’eau contaminée par le refroidissement des réacteurs, eau que l’on essaie de retraiter mais qui en fait s’entasse sur le site, au risque de la voir se répandre par des fuites diverses dues à des failles dans le sol, à des tuyaux de mauvaise qualité, à des normes techniques différentes selon les entreprises qui interviennent, et peut-être cet hiver à cause du gel de certains circuits exposés en plein air. Au 15 novembre, les réservoirs installés sur le site pouvaient contenir 106 000 tonnes d’eau contaminée.

S’il n’y avait pas une pression de l’opinion publique, TEPCO aurait déjà relâché cette eau dans la mer.

 

Les 6 piscines des réacteurs et la piscine commune nécessitent un refroidissement constant car elles renferment ensemble 1964 tonnes de combustible. Aucune erreur n’est tolérable pour la maintenance de ces piscines, et il est difficile de comprendre pourquoi TEPCO a laissé s’évaporer l’eau de la piscine n°4 jusqu’à ne plus avoir que 1,50 mètre de hauteur au dessus du combustible le 1er décembre alors que 7 mètres sont nécessaires.. Ces piscines extrêmement dangereuses ne servent à rien. Elles nécessiteront des dépenses pharaoniques de surveillance et d’entretien durant des dizaines d’années alors que l’électricité qui a été produite avec les combustibles entreposés est déjà consommée depuis longtemps.

 

Les coriums (2) des réacteurs 1, 2 et 3, représentant au maximum 257 tonnes de combustible, ne sont pas localisés. Malgré des centaines de pages de rapports divers et des modélisations rassurantes, personne ne peut dire aujourd’hui où ils sont exactement. Comment peut-on affirmer contrôler quelque chose qu’on ne sait pas localiser ?

 

Un témoignage accablant

Tomohiko Suzuki témoigne également des conditions de travail inadmissibles, de l’absence de vérification de la qualification des intérimaires, de la guéguerre entre les constructeurs Toshiba et Hitachi qui dissimulent des données qu’ils devraient partager. Toutes ces informations sont habituellement cachées au Japon car les ouvriers du nucléaire n’ont pas le droit de parler, comme cela est stipulé dans leur contrat d’embauche (3). C’est pour cela que cette conférence de presse est exceptionnelle. Les informations sont de première main et c’est suffisamment rare pour être remarqué.

Pour lui, il fallait évacuer une zone de 80 km autour de la centrale, comme les États-Unis l’avaient préconisé pour leurs propres ressortissants. « Il y a des gens qui vivent dans des zones où personne ne devrait être. C'est presque comme s'ils vivaient à l'intérieur d'une centrale nucléaire », explique Suzuki.

 

Malgré l’absence de progrès notables dans la résolution de la crise, les nouvelles idées des ingénieurs sont aujourd’hui repoussées car il n’y a plus d’argent pour cela. On comprend mieux la précipitation du gouvernement et de TEPCO pour annoncer un « arrêt à froid » des réacteurs. Même si cela ne veut rien dire concrètement face à des réacteurs ruinés ayant perdu leur capacité de confinement, cela permet de réduire drastiquement le budget alloué à la résolution de la crise. Et tout cela aux dépens de la santé des travailleurs qui, pour la plupart, ne sont pas suffisamment prévenus des dangers des radiations. Cela explique sans doute le taux de mortalité important sur l’usine : depuis 7 mois, au moins 5 ouvriers sont morts de manière brusque.

 

Risques pour la santé des travailleurs

Tomohiko Suzuki a ainsi dénoncé les dangers et les risques pour la santé des travailleurs. Il existe d’ailleurs toujours des doutes sur l’état de santé des travailleurs que TEPCO a « perdu » de ses listes dans les premiers mois et qu’il serait « impossible » de retrouver aujourd’hui. Le 20 juin, TEPCO avouait avoir perdu 69 ouvriers. Le 21 juillet, NHK rapportait que 198 travailleurs avaient été perdus par l’entreprise. Enfin, selon Fukushima Diary, il manquerait officiellement 840 ouvriers au 15 décembre. Que signifient ces chiffres ? TEPCO semble perdre certains de ses employés au fur et à mesure que le temps s’écoule. Au lieu de retrouver ces personnes pour pouvoir vérifier leur contamination et suivre leur état de santé, l’opérateur en perd de nouveau.

En fait, on apprend avec notre journaliste freelance que, juste après les explosions de mars, TEPCO avait demandé à l’ensemble de ses entreprises de sous-traitance de recruter « des gens qui n’avaient pas peur de mourir ». Comment cela est-ce possible ? Hormis les Japonais qui effectivement, dans un esprit de sacrifice, ont accepté de risquer leur vie pour éviter que le Japon ne devienne un désert radioactif, qui d’autre pourrait accepter cette idée terrible ? Une autre information de poids rapportée par Suzuki pourrait l’expliquer en partie : le journaliste dévoile que les yakuzas sont très impliqués dans l’industrie nucléaire, étant responsables pour 10 % du nombre de recrutés dans la centrale de Fukushima. Les yakuzas formeraient la plus grande organisation criminelle au monde. Il faut savoir qu’au Japon, plus de 41 % des patrons de grandes entreprises japonaises affirment avoir été victimes de racket de cette organisation qui perçoit des « dîmes » régulières. On peut donc comprendre alors quels types de pressions peuvent être exercés sur des familles qui auraient des « dettes ». Car, selon Suzuki, les groupes yakuza ont longtemps envoyé des travailleurs dans les centrales nucléaires comme un moyen de rembourser les prêts consentis à des taux exorbitants.

 

Recrutements douteux

Une autre manière de recruter des ouvriers sur la centrale est le démarchage des personnes en difficulté. Certaines sociétés de sous-traitance sont allées très loin pour recruter des personnes dans le besoin, et surtout ne connaissant pas les dangers de la radioactivité. En témoigne ce tract alléchant distribué dans la région d’Ibaraki, et trouvé dans la boîte aux lettres d’un lecteur de ce blog au mois d’octobre. En voici  la traduction :

> « Travail de reconstruction dans la zone sinistrée suite à la grande catastrophe dans l'est  du Japon

A l'intérieur de la zone de protection des 20 kilomètres (à l'extérieur de la centrale nucléaire) pour un travail de déblaiement.

4 heures par jour (par équipe de 24 heures)

Salaire journalier : 27000 yens

(2 mois = plus de 160 000 yens)

Prise en compte à partir du 10 du mois, paiement 7 jours plus tard.

Durée du travail : 2 mois (pas de vacances)

Logement offert

Frais de repas 1750¥ (3 repas/jour) possibilité de retenue directe sur salaire

Age : entre 40 et 70 ans, hommes uniquement

Travail sécurisé (équipement de protection fourni)

(Sans domicile fixe et membres de la mafia refusés)

Cette annonce sera renouvelée chaque mois, les premiers arrivants seront les premiers inscrits.

"Jusqu’à la fin des travaux de déblaiement"

S.A.R.L Hosyo planning 

Responsable : M. Nakamura : 047- 703 7122 

(Joignable de 6:00 à 11:00) »

 

[NDT : Il est probable que le salaire journalier annoncé soit brut et qu’il faille décompter les charges sociales, les frais d'agence et de postage ainsi que la commission de l'agent recruteur.]  

 

Véritable tract de recrutement ou arnaque ? Seules les personnes dans le besoin qui ont répondu à cet appel pourraient en témoigner. Quoi qu’il en soit, la catastrophe de Fukushima semble avoir créé une économie parallèle, où des salaires mirobolants sont versés à des gens prêts à tout pour sortir de la misère, et où on ne prendrait même pas la peine d’inscrire l’identité de certaines personnes appelées à faire des tâches quasi suicidaires. Sur internet, on trouve ce genre d’annonce avec un salaire mensuel plutôt de l’ordre de 200 000 yens mais le salaire journalier annoncé n’est pas non plus aberrant puisqu’on trouve aussi des annonces à 30 000 yens pour 3 heures de travail la journée . Ces écarts de salaire s’expliquent sans doute par les différences des tâches à effectuer sur le terrain ou dans la centrale.

 

Les ouvriers « jetables » ?

 Selon Fukushima Diary, un travailleur de 21 ans est mort d’un infarctus. Il avait travaillé à la centrale de Fukushima Daiichi de mars à juillet 2011. Il est mort chez lui, et aucune autopsie n’a été réalisée. Cette mort n’est donc pas comptabilisée. Cette information a été donnée par M. Sakuma, commerçant à Kawamata-machi à 22 km à l’est du site nucléaire lors d’une interview accordée au journaliste Iwakami Yasumi. Accablé par les banques à qui il devait 30 millions de yens, cet homme est allé travailler à la centrale tout en étant bien conscient des risques qu’il encourait. Grâce à son témoignage, on apprend que dans les zones les plus contaminées, les ouvriers « non référencés » sont obligés de travailler dans des conditions extrêmes : l’un de ses amis a dû aller dans le réacteur n° 3. Dans un endroit rempli de débris, le compteur montrait environ 1~2 Sv/h. Le lendemain matin, le même endroit avait été impeccablement nettoyé, ce qui signifie que cela avait été fait par des hommes et non par des robots.  Certains travailleurs « jetables » pourraient ainsi être forcés à travailler dans des situations extrêmes, puis on les renverraient, enfin ils seraient marqués comme « manquants ».

La police ne serait pas mieux lotie. Les policiers qui gardent la zone d'évacuation de 20 km ne sont pas informés du niveau de rayonnement de l’environnement où ils travaillent (environ 100 microSv /h lorsque M. Sakuma l’a mesuré) et de ce fait, les décès des policiers ne sont pas plus comptabilisés car ils ne font pas partie de la liste des ouvriers.

Même quand ils ne sont pas forcés de faire des travaux dangereux, certains ouvriers font en sorte de ne pas toujours porter leurs dosimètres afin de pouvoir travailler plus longtemps, car dès qu’ils arrivent à la dose maxi, ils perdent leur emploi. C’est aussi ce qui explique que beaucoup d’ouvriers aient des dépassements de doses. D’ailleurs, l’ancien directeur de la centrale lui-même, souffrant aujourd’hui d’un cancer, avait avoué ne pas s’être inquiété des doses qu’il avait reçues. Depuis mars, d’après les données officielles de TEPCO, sur les 17 780  personnes qui sont venues travailler à la centrale de Fukushima Daiichi, 338 d’entre elles auraient reçues des doses supérieures à 100 mSv. Mais on ne sait pas si les « disparus » sont comptabilisés dans ce nombre. On ne sait pas non plus combien de ces employés sont encore en vie aujourd’hui. Tant que cette liste restera anonyme, il sera impossible de vérifier ces informations unilatérales.

 

Témoignages d’ouvriers sur ZDF (émission Frontal 21 du 4/10/11)

(durée : 8 min 21, sous-titrage en français)

Par ailleurs, un journaliste a tenté de poser la question du nombre de morts directement au gouvernement, représenté ce jour-là par le secrétaire parlementaire Yasuhiro Sonoda : il lui est en fait impossible de répondre à la question et se reporte toujours sur une demande faite à TEPCO. Sa non réponse implique donc que le gouvernement ignore combien de morts il y a eu à Fukushima depuis le 11 mars.

http://www.youtube.com/v/xq07VZdbb7g&hl=en_US&feature=player_embedded&version=3"

 

Des ouvriers en colère

Suite à l’annonce gouvernementale évoquée au début de cet article, il n’y a pas que le gouverneur de Fukushima qui a sursauté en regardant la télévision. Selon le Tokyo Shinbun (le Journal de Tokyo), les travailleurs de Fukushima sont également furieux d'avoir entendu leur premier ministre déclarer que non seulement la température dans les réacteurs avait baissé mais que la situation était désormais sous contrôle : « Le gouvernement ment » ; « Je ne comprends pas ce qu'il dit » ; « On ne peut même pas entrer dans les bâtiments et on ne sait même pas comment récupérer les combustibles ». Un des travailleurs qui regardait la conférence à la télévision commenta aussi : « J'ai cru que je ne comprenais plus le japonais. Je ne crois pas qu'il parle de la centrale que je vois tous les jours. Il nous faudra encore des années pour pouvoir gérer la situation... »

 

Et pendant ce temps-là, les grands médias francophones diffusent en continu une information officielle rassurante (Je vous laisse deviner qui titre quoi !):

L'accident nucléaire de Fukushima est considéré comme terminé

Fukushima : le Premier ministre japonais se veut rassurant

Fukushima: le gouvernement décrète l'état d'arrêt à froid

Etranger : À Fukushima, l'état des réacteurs stabilisé

Fukushima : les réacteurs sont froids, la situation se stabilise

Fukushima: une étape franchie pour la stabilisation du site

Fukushima: la situation se stabilise à la centrale

Fukushima: arrêt à froid des réacteurs

La centrale nucléaire de Fukushima stabilisée

Japon: la procédure d'arrêt à froid de Fukushima menée à bien

L'accident nucléaire de Fukushima est désormais considéré comme terminé

Fukushima : les réacteurs officiellement en "arrêt à froid"

Les réacteurs de Fukushima sont arrêtés

L'arrêt à froid des réacteurs de Fukushima confirmé

Réussite de la procédure d'arrêt à froid

Situation stable à la centrale de Fukushima 

 

Alors que les Japonais soit pleurent, soit sont en colère en entendant leur premier ministre annoncer cet « arrêt à froid », le reste du monde est hilare ou ahuri devant ce mensonge d’État. Le monde entier ? Non, la France aux 58 réacteurs soupire d’aise et se donne pour objectif de construire 30 nouveaux EPR d’ici 2050…

 

(1) Tomohiko Suzuki vient d’éditer un livre intitulé « Le pouvoir des yakusas dans le nucléaire », détaillant ses nombreuses expériences à la centrale de Fukushima Daiichi et les connexions entre les syndicats du crime yakuza et l'industrie nucléaire. Il a été publié par Bungei Shunju le 15 décembre 2011.

 

(2) Le « corium  » est un magma métallique résultant de la fusion des éléments du cœur d'un réacteur nucléaire. Il est constitué du combustible nucléaire, des éléments de l'assemblage combustible et des divers éléments du cœur avec lesquels il rentre en contact. Le corium ne se forme que lors d'accidents nucléaires catastrophiques tels ceux de Three Mile Island, de Tchernobyl, ou de Fukushima.

Le corium se forme à très haute température (~ 3 000 °C, température de fusion de l'oxyde d'uranium). Il dispose d'une importante puissance thermique résiduelle, c'est-à-dire que contrairement à la lave d'un volcan qui finit par se refroidir, le corium continue à émettre de la chaleur pendant des décennies, en raison de la désintégration des produits de fission, après arrêt du réacteur. Il est hautement toxique, radioactif, extrêmement dense et extrêmement chaud : il peut faire fondre la plupart des matériaux et percer tout ce qui se trouve sous lui.

 

(3) Phrases relevées dans les contrats TEPCo : « Si le signataire accepte ce travail, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte de la centrale de Fukushima, il doit rester dans un strict secret concernant toute information, qu’elle soit écrite, orale ou obtenue par observation. » ; « Le signataire n’acceptera jamais d’interview ou une quelconque enquête de la part de tout média, que ces requêtes aient ou non à voir avec le travail. » 

 

Sources :

http://www.theaustralian.com.au/news/world/incognito-journalist-tomohiko-suzuki-claims-fukushima-sham/story-e6frg6so-1226223330282

http://www.japantoday.com/category/crime/view/yakuza-involved-in-fukushima-clean-up-reporter?utm_campaign=jt_newsletter&utm_medium=email&utm_source=jt_newsletter_2011-12-16_AM

http://www.scoop.it/t/fukushima-informations/p/826457940/eng-trad-tomohiko-suzuki-journaliste-et-ancien-travailleurs-temporaire-a-fukushima-daiichi

http://www.fccj.or.jp/node/7119

http://www.tokyo-np.co.jp/article/national/news/CK2011121702000035.html

http://enenews..com/tepco-send-people-dont-mind-dying-video

 

Pour aller plus loin :

Les liquidateurs de Fukushima

http://kibo-promesse.org/2011/10/les-liquidateurs-de-fukushima/

 

Témoignages d’ouvriers sur Channel 4 news

(reportage en anglais)

http://www.youtube.com/watch?v=3ml5gKbStfY

 

Tokyo Freeters - Un film de Marc Petitjean

Le Japon compte aujourd'hui plus de deux millions de freeters, "travailleurs jetables après usage" : des jeunes précaires peu qualifiés qui, faute de moyens, ne peuvent se fixer.

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Resistances--mode-d-emploi/3667448.html

 

À la rencontre des travailleurs de Fukushima

(reportage france24)

http://www.france24.com/fr/20111007-reporters-japon-liquidateurs-fukushima-centrale-nucleaire-ouvriers-debris-radioactifs-danger-seisme-tsunami

 

TEPCO Workers Have Over 250 mSv Of Internal Contamination

http://www.simplyinfo.org/?p=4251

 

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Fukushima: la situation se stabilise à la central?

30 Décembre 2011 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

Voici le témoignage du journaliste japonais indépendant Tomohiko Suzuki, qu'il a donné récemment dans une conférence de presse, et qui révèle comment ont été recrutés les ouvriers pour retraiter l'eau contaminée, et dont l'entreprise a "perdu la trace" !

Il a notamment pu être embauché clandestinement sur le site cet été.

 

Il évoque aussi la réaction des ouvriers à l'annonce récente de "l'arrêt à froid des réacteurs de Fukushima"...

 

 

 

Alors que le gouvernement japonais vient de décréter l’arrêt à froid des réacteurs de Fukushima (comme s’il y avait encore des « réacteurs » à Fukushima !), un journaliste japonais indépendant, Tomohiko Suzuki, a donné une conférence de presse très instructive. Cet homme courageux, journaliste de terrain, s’était fait embaucher à la centrale de Fukushima Daiichi comme ouvrier par l’intermédiaire d’une filiale de Toshiba. Il a pu ainsi enquêter à l’intérieur même du site du 13 juillet au 22 août 2011, assigné à une tâche liée au retraitement de l'eau contaminée. Ses révélations décapantes nous amènerons à nous interroger une nouvelle fois sur la disparition de dizaines, voire de centaines d’ouvriers sur les listes administratives de la centrale nucléaire.

 

http://www.youtube.com/v/rzLTS7mZkKY&hl=en_US&feature=player_embedded&version=3
Intégralité de la conférence de presse de Tomohiko Suzuki avec interprète anglophone

(durée : 1 heure 42 ; langue : japonais et anglais)

 

Aucun progrès

Tout d’abord, les déclarations de Tomohiko Suzuki (1) sont à l’opposé de la communication officielle qui proclame que tout est sous contrôle. Selon lui, aucun progrès n’a été fait vers une quelconque sortie de la crise nucléaire : seuls des travaux de façades ont été effectués pour faire croire à une maîtrise de la situation. On peut citer en effet l’installation de la tente de protection du réacteur n°1 et le nettoyage de la façade sud du réacteur n°4. Il s’agit d’actions concrètes et visibles propices pour donner une image de maîtrise de la situation. Or en réalité il n’en est rien. Ces actions de sécurisation à court terme ne règlent aucun problème :

 

On ne sait toujours pas quoi faire de l’eau contaminée par le refroidissement des réacteurs, eau que l’on essaie de retraiter mais qui en fait s’entasse sur le site, au risque de la voir se répandre par des fuites diverses dues à des failles dans le sol, à des tuyaux de mauvaise qualité, à des normes techniques différentes selon les entreprises qui interviennent, et peut-être cet hiver à cause du gel de certains circuits exposés en plein air. Au 15 novembre, les réservoirs installés sur le site pouvaient contenir 106 000 tonnes d’eau contaminée.

S’il n’y avait pas une pression de l’opinion publique, TEPCO aurait déjà relâché cette eau dans la mer.

 

Les 6 piscines des réacteurs et la piscine commune nécessitent un refroidissement constant car elles renferment ensemble 1964 tonnes de combustible. Aucune erreur n’est tolérable pour la maintenance de ces piscines, et il est difficile de comprendre pourquoi TEPCO a laissé s’évaporer l’eau de la piscine n°4 jusqu’à ne plus avoir que 1,50 mètre de hauteur au dessus du combustible le 1er décembre alors que 7 mètres sont nécessaires.. Ces piscines extrêmement dangereuses ne servent à rien. Elles nécessiteront des dépenses pharaoniques de surveillance et d’entretien durant des dizaines d’années alors que l’électricité qui a été produite avec les combustibles entreposés est déjà consommée depuis longtemps.

 

Les coriums (2) des réacteurs 1, 2 et 3, représentant au maximum 257 tonnes de combustible, ne sont pas localisés. Malgré des centaines de pages de rapports divers et des modélisations rassurantes, personne ne peut dire aujourd’hui où ils sont exactement. Comment peut-on affirmer contrôler quelque chose qu’on ne sait pas localiser ?

 

Un témoignage accablant

Tomohiko Suzuki témoigne également des conditions de travail inadmissibles, de l’absence de vérification de la qualification des intérimaires, de la guéguerre entre les constructeurs Toshiba et Hitachi qui dissimulent des données qu’ils devraient partager. Toutes ces informations sont habituellement cachées au Japon car les ouvriers du nucléaire n’ont pas le droit de parler, comme cela est stipulé dans leur contrat d’embauche (3). C’est pour cela que cette conférence de presse est exceptionnelle. Les informations sont de première main et c’est suffisamment rare pour être remarqué.

Pour lui, il fallait évacuer une zone de 80 km autour de la centrale, comme les États-Unis l’avaient préconisé pour leurs propres ressortissants. « Il y a des gens qui vivent dans des zones où personne ne devrait être. C'est presque comme s'ils vivaient à l'intérieur d'une centrale nucléaire », explique Suzuki.

 

Malgré l’absence de progrès notables dans la résolution de la crise, les nouvelles idées des ingénieurs sont aujourd’hui repoussées car il n’y a plus d’argent pour cela. On comprend mieux la précipitation du gouvernement et de TEPCO pour annoncer un « arrêt à froid » des réacteurs. Même si cela ne veut rien dire concrètement face à des réacteurs ruinés ayant perdu leur capacité de confinement, cela permet de réduire drastiquement le budget alloué à la résolution de la crise. Et tout cela aux dépens de la santé des travailleurs qui, pour la plupart, ne sont pas suffisamment prévenus des dangers des radiations. Cela explique sans doute le taux de mortalité important sur l’usine : depuis 7 mois, au moins 5 ouvriers sont morts de manière brusque.

 

Risques pour la santé des travailleurs

Tomohiko Suzuki a ainsi dénoncé les dangers et les risques pour la santé des travailleurs. Il existe d’ailleurs toujours des doutes sur l’état de santé des travailleurs que TEPCO a « perdu » de ses listes dans les premiers mois et qu’il serait « impossible » de retrouver aujourd’hui. Le 20 juin, TEPCO avouait avoir perdu 69 ouvriers. Le 21 juillet, NHK rapportait que 198 travailleurs avaient été perdus par l’entreprise. Enfin, selon Fukushima Diary, il manquerait officiellement 840 ouvriers au 15 décembre. Que signifient ces chiffres ? TEPCO semble perdre certains de ses employés au fur et à mesure que le temps s’écoule. Au lieu de retrouver ces personnes pour pouvoir vérifier leur contamination et suivre leur état de santé, l’opérateur en perd de nouveau.

En fait, on apprend avec notre journaliste freelance que, juste après les explosions de mars, TEPCO avait demandé à l’ensemble de ses entreprises de sous-traitance de recruter « des gens qui n’avaient pas peur de mourir ». Comment cela est-ce possible ? Hormis les Japonais qui effectivement, dans un esprit de sacrifice, ont accepté de risquer leur vie pour éviter que le Japon ne devienne un désert radioactif, qui d’autre pourrait accepter cette idée terrible ? Une autre information de poids rapportée par Suzuki pourrait l’expliquer en partie : le journaliste dévoile que les yakuzas sont très impliqués dans l’industrie nucléaire, étant responsables pour 10 % du nombre de recrutés dans la centrale de Fukushima. Les yakuzas formeraient la plus grande organisation criminelle au monde. Il faut savoir qu’au Japon, plus de 41 % des patrons de grandes entreprises japonaises affirment avoir été victimes de racket de cette organisation qui perçoit des « dîmes » régulières. On peut donc comprendre alors quels types de pressions peuvent être exercés sur des familles qui auraient des « dettes ». Car, selon Suzuki, les groupes yakuza ont longtemps envoyé des travailleurs dans les centrales nucléaires comme un moyen de rembourser les prêts consentis à des taux exorbitants.

 

Recrutements douteux

Une autre manière de recruter des ouvriers sur la centrale est le démarchage des personnes en difficulté. Certaines sociétés de sous-traitance sont allées très loin pour recruter des personnes dans le besoin, et surtout ne connaissant pas les dangers de la radioactivité. En témoigne ce tract alléchant distribué dans la région d’Ibaraki, et trouvé dans la boîte aux lettres d’un lecteur de ce blog au mois d’octobre. En voici  la traduction :

> « Travail de reconstruction dans la zone sinistrée suite à la grande catastrophe dans l'est  du Japon

A l'intérieur de la zone de protection des 20 kilomètres (à l'extérieur de la centrale nucléaire) pour un travail de déblaiement.

4 heures par jour (par équipe de 24 heures)

Salaire journalier : 27000 yens

(2 mois = plus de 160 000 yens)

Prise en compte à partir du 10 du mois, paiement 7 jours plus tard.

Durée du travail : 2 mois (pas de vacances)

Logement offert

Frais de repas 1750¥ (3 repas/jour) possibilité de retenue directe sur salaire

Age : entre 40 et 70 ans, hommes uniquement

Travail sécurisé (équipement de protection fourni)

(Sans domicile fixe et membres de la mafia refusés)

Cette annonce sera renouvelée chaque mois, les premiers arrivants seront les premiers inscrits.

"Jusqu’à la fin des travaux de déblaiement"

S.A.R.L Hosyo planning 

Responsable : M. Nakamura : 047- 703 7122 

(Joignable de 6:00 à 11:00) »

 

[NDT : Il est probable que le salaire journalier annoncé soit brut et qu’il faille décompter les charges sociales, les frais d'agence et de postage ainsi que la commission de l'agent recruteur.]  

 

Véritable tract de recrutement ou arnaque ? Seules les personnes dans le besoin qui ont répondu à cet appel pourraient en témoigner. Quoi qu’il en soit, la catastrophe de Fukushima semble avoir créé une économie parallèle, où des salaires mirobolants sont versés à des gens prêts à tout pour sortir de la misère, et où on ne prendrait même pas la peine d’inscrire l’identité de certaines personnes appelées à faire des tâches quasi suicidaires. Sur internet, on trouve ce genre d’annonce avec un salaire mensuel plutôt de l’ordre de 200 000 yens mais le salaire journalier annoncé n’est pas non plus aberrant puisqu’on trouve aussi des annonces à 30 000 yens pour 3 heures de travail la journée . Ces écarts de salaire s’expliquent sans doute par les différences des tâches à effectuer sur le terrain ou dans la centrale.

 

Les ouvriers « jetables » ?

 Selon Fukushima Diary, un travailleur de 21 ans est mort d’un infarctus. Il avait travaillé à la centrale de Fukushima Daiichi de mars à juillet 2011. Il est mort chez lui, et aucune autopsie n’a été réalisée. Cette mort n’est donc pas comptabilisée. Cette information a été donnée par M. Sakuma, commerçant à Kawamata-machi à 22 km à l’est du site nucléaire lors d’une interview accordée au journaliste Iwakami Yasumi. Accablé par les banques à qui il devait 30 millions de yens, cet homme est allé travailler à la centrale tout en étant bien conscient des risques qu’il encourait. Grâce à son témoignage, on apprend que dans les zones les plus contaminées, les ouvriers « non référencés » sont obligés de travailler dans des conditions extrêmes : l’un de ses amis a dû aller dans le réacteur n° 3. Dans un endroit rempli de débris, le compteur montrait environ 1~2 Sv/h. Le lendemain matin, le même endroit avait été impeccablement nettoyé, ce qui signifie que cela avait été fait par des hommes et non par des robots.  Certains travailleurs « jetables » pourraient ainsi être forcés à travailler dans des situations extrêmes, puis on les renverraient, enfin ils seraient marqués comme « manquants ».

La police ne serait pas mieux lotie. Les policiers qui gardent la zone d'évacuation de 20 km ne sont pas informés du niveau de rayonnement de l’environnement où ils travaillent (environ 100 microSv /h lorsque M. Sakuma l’a mesuré) et de ce fait, les décès des policiers ne sont pas plus comptabilisés car ils ne font pas partie de la liste des ouvriers.

Même quand ils ne sont pas forcés de faire des travaux dangereux, certains ouvriers font en sorte de ne pas toujours porter leurs dosimètres afin de pouvoir travailler plus longtemps, car dès qu’ils arrivent à la dose maxi, ils perdent leur emploi. C’est aussi ce qui explique que beaucoup d’ouvriers aient des dépassements de doses. D’ailleurs, l’ancien directeur de la centrale lui-même, souffrant aujourd’hui d’un cancer, avait avoué ne pas s’être inquiété des doses qu’il avait reçues. Depuis mars, d’après les données officielles de TEPCO, sur les 17 780  personnes qui sont venues travailler à la centrale de Fukushima Daiichi, 338 d’entre elles auraient reçues des doses supérieures à 100 mSv. Mais on ne sait pas si les « disparus » sont comptabilisés dans ce nombre. On ne sait pas non plus combien de ces employés sont encore en vie aujourd’hui. Tant que cette liste restera anonyme, il sera impossible de vérifier ces informations unilatérales.

 

Témoignages d’ouvriers sur ZDF (émission Frontal 21 du 4/10/11)

(durée : 8 min 21, sous-titrage en français)

Par ailleurs, un journaliste a tenté de poser la question du nombre de morts directement au gouvernement, représenté ce jour-là par le secrétaire parlementaire Yasuhiro Sonoda : il lui est en fait impossible de répondre à la question et se reporte toujours sur une demande faite à TEPCO. Sa non réponse implique donc que le gouvernement ignore combien de morts il y a eu à Fukushima depuis le 11 mars.

http://www.youtube.com/v/xq07VZdbb7g&hl=en_US&feature=player_embedded&version=3"

 

Des ouvriers en colère

Suite à l’annonce gouvernementale évoquée au début de cet article, il n’y a pas que le gouverneur de Fukushima qui a sursauté en regardant la télévision. Selon le Tokyo Shinbun (le Journal de Tokyo), les travailleurs de Fukushima sont également furieux d'avoir entendu leur premier ministre déclarer que non seulement la température dans les réacteurs avait baissé mais que la situation était désormais sous contrôle : « Le gouvernement ment » ; « Je ne comprends pas ce qu'il dit » ; « On ne peut même pas entrer dans les bâtiments et on ne sait même pas comment récupérer les combustibles ». Un des travailleurs qui regardait la conférence à la télévision commenta aussi : « J'ai cru que je ne comprenais plus le japonais. Je ne crois pas qu'il parle de la centrale que je vois tous les jours. Il nous faudra encore des années pour pouvoir gérer la situation... »

 

Et pendant ce temps-là, les grands médias francophones diffusent en continu une information officielle rassurante (Je vous laisse deviner qui titre quoi !):

L'accident nucléaire de Fukushima est considéré comme terminé

Fukushima : le Premier ministre japonais se veut rassurant

Fukushima: le gouvernement décrète l'état d'arrêt à froid

Etranger : À Fukushima, l'état des réacteurs stabilisé

Fukushima : les réacteurs sont froids, la situation se stabilise

Fukushima: une étape franchie pour la stabilisation du site

Fukushima: la situation se stabilise à la centrale

Fukushima: arrêt à froid des réacteurs

La centrale nucléaire de Fukushima stabilisée

Japon: la procédure d'arrêt à froid de Fukushima menée à bien

L'accident nucléaire de Fukushima est désormais considéré comme terminé

Fukushima : les réacteurs officiellement en "arrêt à froid"

Les réacteurs de Fukushima sont arrêtés

L'arrêt à froid des réacteurs de Fukushima confirmé

Réussite de la procédure d'arrêt à froid

Situation stable à la centrale de Fukushima 

 

Alors que les Japonais soit pleurent, soit sont en colère en entendant leur premier ministre annoncer cet « arrêt à froid », le reste du monde est hilare ou ahuri devant ce mensonge d’État. Le monde entier ? Non, la France aux 58 réacteurs soupire d’aise et se donne pour objectif de construire 30 nouveaux EPR d’ici 2050…

 

(1) Tomohiko Suzuki vient d’éditer un livre intitulé « Le pouvoir des yakusas dans le nucléaire », détaillant ses nombreuses expériences à la centrale de Fukushima Daiichi et les connexions entre les syndicats du crime yakuza et l'industrie nucléaire. Il a été publié par Bungei Shunju le 15 décembre 2011.

 

(2) Le « corium  » est un magma métallique résultant de la fusion des éléments du cœur d'un réacteur nucléaire. Il est constitué du combustible nucléaire, des éléments de l'assemblage combustible et des divers éléments du cœur avec lesquels il rentre en contact. Le corium ne se forme que lors d'accidents nucléaires catastrophiques tels ceux de Three Mile Island, de Tchernobyl, ou de Fukushima.

Le corium se forme à très haute température (~ 3 000 °C, température de fusion de l'oxyde d'uranium). Il dispose d'une importante puissance thermique résiduelle, c'est-à-dire que contrairement à la lave d'un volcan qui finit par se refroidir, le corium continue à émettre de la chaleur pendant des décennies, en raison de la désintégration des produits de fission, après arrêt du réacteur. Il est hautement toxique, radioactif, extrêmement dense et extrêmement chaud : il peut faire fondre la plupart des matériaux et percer tout ce qui se trouve sous lui.

 

(3) Phrases relevées dans les contrats TEPCo : « Si le signataire accepte ce travail, qu’il soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’enceinte de la centrale de Fukushima, il doit rester dans un strict secret concernant toute information, qu’elle soit écrite, orale ou obtenue par observation. » ; « Le signataire n’acceptera jamais d’interview ou une quelconque enquête de la part de tout média, que ces requêtes aient ou non à voir avec le travail. » 

 

Sources :

http://www.theaustralian.com.au/news/world/incognito-journalist-tomohiko-suzuki-claims-fukushima-sham/story-e6frg6so-1226223330282

http://www.japantoday.com/category/crime/view/yakuza-involved-in-fukushima-clean-up-reporter?utm_campaign=jt_newsletter&utm_medium=email&utm_source=jt_newsletter_2011-12-16_AM

http://www.scoop.it/t/fukushima-informations/p/826457940/eng-trad-tomohiko-suzuki-journaliste-et-ancien-travailleurs-temporaire-a-fukushima-daiichi

http://www.fccj.or.jp/node/7119

http://www.tokyo-np.co.jp/article/national/news/CK2011121702000035.html

http://enenews..com/tepco-send-people-dont-mind-dying-video

 

Pour aller plus loin :

Les liquidateurs de Fukushima

http://kibo-promesse.org/2011/10/les-liquidateurs-de-fukushima/

 

Témoignages d’ouvriers sur Channel 4 news

(reportage en anglais)

http://www.youtube.com/watch?v=3ml5gKbStfY

 

Tokyo Freeters - Un film de Marc Petitjean

Le Japon compte aujourd'hui plus de deux millions de freeters, "travailleurs jetables après usage" : des jeunes précaires peu qualifiés qui, faute de moyens, ne peuvent se fixer.

http://www.arte.tv/fr/Comprendre-le-monde/Resistances--mode-d-emploi/3667448.html

 

À la rencontre des travailleurs de Fukushima

(reportage france24)

http://www.france24.com/fr/20111007-reporters-japon-liquidateurs-fukushima-centrale-nucleaire-ouvriers-debris-radioactifs-danger-seisme-tsunami

 

TEPCO Workers Have Over 250 mSv Of Internal Contamination

http://www.simplyinfo.org/?p=4251

 

 

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Communiqué de presse

23 Novembre 2011 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

nucl_aire.jpgRéseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 924 associations et 54 000 personnes
Agréée pour la protection de l'environnement

http://www.sortirdunucleaire.org/

 

 

Communiqué de presse commun avec SUD-RAIL - 19 novembre 2011

Information de dernière minute – Le transport à haut risque de la France vers l'Allemagne avancé d'une journée

Un transport de déchets nucléaires extrêmement radioactifs va à nouveau traverser la France d'Ouest en Est, ainsi qu'une partie de l'Allemagne, exposant ainsi les populations et les agents SNCF au risque nucléaire. Initialement prévu ce jeudi 24 novembre, le départ du train depuis le terminal ferroviaire de Valognes est avancé d'une journée par AREVA et la SNCF pour tenter d'éviter la mobilisation d'ampleur, actuellement en préparation. Le convoi devrait donc quitter Valognes le mercredi 23 à 14h36. Les deux trajets envisagés par les autorités à partir d'Amiens restent inchangées, le convoi pourrait prendre la direction nord vers Arras ou la direction sud vers Reims. Onze conteneurs transporteront 301 fûts de déchets de très haute activité « retraités » à l’usine Areva de la Hague (Manche).

Tchernobyl roulant : l’Europe à nouveau sous la menace d'un convoi nucléaire à haut risque

L’inventaire officiel de radioactivité de ce transport s’élève à 3756,5 péta becquerels (Pbq), soit 3,75 milliards de milliards de becquerels de becquerels. A titre de comparaison, ce convoi transportera donc plusieurs fois la radioactivité émise lors de la catastrophe de Tchernobyl [i]. Eparpillée dans l’environnement, la radio- toxicité potentielle [ii] de ce convoi suffirait à empoisonner l’ensemble de l’espèce humaine [iii].

Des protections insuffisantes pour transporter les déchets extrêmement radioactifs

Les colis de déchets radioactifs vont être transportés dans des emballages blindés (les castors HAW 28 M) mais les exigences de sûreté de ce transport imposées par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique (AIEA) sont notoirement insuffisantes pour résister aux hypothèses d’accidents et d’attaques les plus graves. [iv].

Ainsi un déraillement du convoi radioactif dans un tunnel à deux voies, suivi d’une collision par un train chargé de matières inflammables qui prendrait feu, pourrait conduire à la dispersion des déchets radioactifs [v]. Un feu d’hydrocarbures atteint près de 1 200°C en une vingtaine de minutes ; dans un tunnel, il peut monter jusqu’à 1 600°C et durer des heures. Or l’emballage des déchets vitrifiés est conçu pour résister à un feu de 800°C pendant 30 minutes. De même les emballages ne résisteraient pas à certaines attaques terroristes ou à un crash d'avion de ligne. Enfin, ce convoi doit s’arrêter plusieurs fois sur des triages dont l’état des voies de service est l’occasion de nombreux déraillements. Ce convoi dépassera les 2000 tonnes et un écartement de voie n’est pas à exclure. Loin de vouloir être alarmistes, nous pensons que ces hypothèses doivent être envisagées puisque pas moins de 5 % des accidents sont plus graves que les scénarios envisagés et que la catastrophe de Fukushima a démontré que l’impensable pouvait arriver.

Des travailleurs SNCF dangereusement exposés

Une fois de plus, sur ce convoi, ni les conducteurs, ni les agents de manœuvre ne seront équipés de dosimètres individuels, contrairement aux forces de police présentes dans le train. Avec ce transport très hautement radioactif compris dans les 500 trains de déchets radioactifs qui traversent la France chaque année, les cheminots sont réellement exposés et pour certains peuvent dépasser la dose limite annuelle. Tant que la SNCF ne fera pas une réelle évaluation des risques, le syndicat SUD-Rail appelle tous les agents pouvant intervenir sur ce train à exercer leur droit de retrait.

Un transport sans assurance réelle

Si la radioactivité de ce transport se dispersait à cause d’un accident ou d’un attentat, Areva serait quasiment déchargée de toute responsabilité. La responsabilité financière maximale d’Areva est limitée à 22,9 millions d’euros [vi]. Qui peut croire qu’un accident impliquant une telle radioactivité coûterait aussi peu ? Ce transport roulera donc quasi sans assurance réelle.

Une seule issue : sortir du nucléaire

Ce transport a pour seule raison d’être une transaction commerciale entre Areva et les industriels nucléaires allemands, qui ont envoyé ces déchets en France pour s'en débarrasser provisoirement. En outre, il fait peser sur la tête des populations une véritable épée de Damoclès et expose l’Europe entière au risque de contamination radioactive.

Aujourd'hui, le parc nucléaire français produit chaque année plus de 2 convois similaires de déchets vitrifiés aussi ingérables que dangereux, pour des durées extrêmement longues. Poursuivre dans cette voie en léguant des déchets radioactifs aux générations futures et en les transportant sur de si longues distances est totalement insensé. Il est urgent de sortir du nucléaire et il existe des alternatives crédibles au nucléaire, reposant sur les économies d'énergie et les énergies renouvelables, qui ne demandent qu'à être mises en oeuvre.

Plutôt que de jouer à des paris hasardeux en attendant l'accident, les responsables politiques français devraient plutôt arrêter les transports de déchets et s'engager immédiatement pour la sortie du nucléaire.

 

Informations, trajets et horaires:

http://groupes.sortirdunucleaire.org/Transport-La-Hague-Gorleben



[i] En effet, selon une étude du Ministère de l’Énergie des États-Unis, la radioactivité émise lors de l’accident de Tchernobyl représente 1900 péta becquerels.

Health and environmental consequences of the Chernobyl nuclear power plant accident, U.S. Department of Energy, 1987.

[ii] La radio-toxicité est la toxicité radioactive que peut subir un organisme exposé à des éléments radioactifs par ingestion ou inhalation.

[iii] La toxicité radioactive des déchets nucléaires vitrifiés est mesurée en sievert et peut être rapportée à la production électrique du combustible usé. Les déchets radioactifs vitrifiés représentent ainsi des dizaines de milliards de sieverts par gigawatt électrique par an (Sv/GWe.an) à leur sortie des usines de La Hague.

[iv] En savoir plus sur les exigences réglementaires de sûreté pour ce transport :

http://asn.fr/index.php/Les-activites-controlees-par-l-ASN/Transports-de-matieres-radioactives/Les-colis2/Caracteristiques-des-differents-types-de-colis

[v] Etude Wise Paris 2002, p.42-46, Les transports de l’industrie du plutonium en France.

http://www.wise-paris.org/francais/rapports/transportpu/030219TransPuRapport.pdf

[vi] Ce régime est défini par la convention de Paris du 29 juillet 1960 modifiée, sur la responsabilité civile dans le domaine de l’énergie nucléaire et la convention complémentaire de Bruxelles du 31 janvier 1963 modifiée. Ces conventions ont ensuite été introduites dans les différents droits nationaux des pays signataires (en France, la loi n° 68-943 du 30 octobre 1968 modifiée, en Allemagne, la loi du 23 décembre 1959 modifiée).

Réseau "Sortir du nucléaire" - http://www.sortirdunucleaire.org

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Que se passe-t-il au Japon ?

13 Novembre 2011 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

                 Extraits de http://fukushima.over-blog.fr/
           Mercredi 9 novembre 2011 3 09 /11 /Nov /2011 21:03
                        Que se passe-t-il au Japon ?
 
Huit mois après, la centrale continue de cracher ses radionucléides et
le Japon marche sur la tête.
 
Après la catastrophe de mars 2011, le gouvernement japonais a
discrètement augmenté les normes de la radioactivité de l’eau potable :
le taux limite précédent était de 10 Bq/litre pour le césium et l'iode.
Les nouveaux niveaux sont de 200 Bq/litre pour le césium et 300 Bq/litre
pour l'iode. Pour comparaison, alors que le taux recommandé par l'OMS
est de 1 Bq/L, l'Allemagne applique 0,5 Bq/L et les Etats-Unis 0,111 US
Bq/L. (1)
sources :
http://houseoffoust.com/group/?p=1897#more-1897
http://www.mhlw.go.jp/stf/houdou/2r9852000001558e-img/2r9852000001559v.pdf
 
Au lieu de rassembler les déchets radioactifs dans une zone et une seule
afin de ne pas contaminer plus le pays, les Japonais ont semble-t-il
décidé de répandre ces déchets radioactifs dans le pays entier. La ville
de Tokyo a ainsi décidé d’acheminer des déchets radioactifs dans le site
de la baie de Tokyo.
sources :
http://bistrobarblog.blogspot.com/2011/11/japon-3-novembre-suite.html
http://aweb2u.free.fr/dotclear/index.php?post/2011/11/05/Cest-la-destinee-des-enfants-daccepter-les-debris
 
Les médecins donnent des conseils fallacieux à la population au sujet de
la radioactivité : conserver une bonne humeur protégerait des effets
néfastes des radiations ; le plutonium ne serait pas si dangereux que
ça. Alors que la radioactivité est un phénomène physique qui casse  les
molécules ADN, provoque des maladies et des mutations génétiques, ces
pseudo-scientifiques font croire des inepties aux ignorants. (2)
source :
http://fukushima.over-blog.fr/article-peut-on-boire-du-plutonium-sans-danger-81653115.html
 
Le gouvernement nippon veut envoyer les denrées contaminées par la
catastrophe de Fukushima comme aide humanitaire dans les pays du
tiers-monde.
source :
http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=EUtBrUuY3Ng
http://www.youtube.com/watch?v=dzqeRRjFMJ0&feature=related
 
Pour éviter la faillite de l’entreprise Tepco, l’État
japonais vient de lui accorder une aide de 8 milliards d’euros. Mais les
actionnaires, qui ont touché depuis dix ans des milliards d’euros, ne
sont pas inquiétés. Privatiser les profits, socialiser les pertes : de
nos jours, plus aucune compagnie, qu’elle soit bancaire ou industrielle,
n’échappe à cette règle universelle. Au Japon, c’est la double peine :
le contribuable est non seulement contaminé, mais en plus il met de sa
poche pour continuer à faire vivre le plus gros pollueur de la planète.
source :
http://www.bastamag.net/article1897.html
 
D’après les sources officielles, la crise nucléaire serait sur le point
d’être résolue avec un « arrêt à froid » des réacteurs. Pourtant, les
radiations atteignaient il y a quelques jours 620 millisieverts par
heure au premier étage du bâtiment de l’unité 3, "le plus haut niveau
enregistré sur place depuis le début de la catastrophe".
source :
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/energie-environnement/actu/0201730348293-a-fukushima-des-niveaux-de-radiation-inquietants-detectes-sur-l-un-des-reacteurs-244922.php
 
 Le ministère des sciences et de l’éducation a stoppé la publication des
cartes de contamination du Japon depuis un mois. La raison pourrait être
que ces cartes révèlent des concentrations trop fortes de radioactivité
dans des régions jusque là connues pour avoir été épargnées. Comme
toujours quand il y a rétention d’information, il faut se tourner vers
les réseaux parallèles pour être informé convenablement. Yukio Hayakawa,
scientifique japonais spécialisé dans les cendres volcaniques, vient de
diffuser une carte de la contamination radioactive des cendres
d’incinération du Japon. Ces cendres sont représentatives des déchets
ménagers des Japonais, c'est-à-dire entre autres de ce qu’ils mangent.
Le résultat est alarmant.
 
Sources :
http://www.facebook.com/groups/226456997370638/314889448527392/?notif_t=group_activity
http://kipuka.blog70.fc2.com/blog-entry-439.html
 
 Bref, le Japon ne s’en sort pas et prend des décisions
incompréhensibles, sans rapport avec l’attente des gens. Etant donné que
la radioactivité, à l’échelle humaine, est un problème sans solution,
cette crise nucléaire nippone n’aura pas de fin, tout comme la
catastrophe nucléaire de Tchernobyl qui, 25 ans après, n’a toujours pas
trouvé d’épilogue. L’urgence aujourd’hui est d’aider les populations à
être mieux informées des dangers de la contamination par la poussière et
la nourriture, et à évacuer toutes les personnes qui vivent dans des
territoires fortement contaminés.
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Combien ça coûte ?

7 Novembre 2011 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

nucleaire-fric.jpgCombien ça coûte ?

Quelques données sur le coût du nucléaire militaire en France :

• Budget nucléaire militaire en 2011 ………………..3,4 milliards d’euros

• Coût du programme de missiles M51……………..8,5 milliards d’euros

• Coût de construction du laser Mégajoule ………..3,0 milliards d’euros

• Prix d’un sous-marin nucléaire (SNLE) ……………2,5 milliards d’euros

Il s’agit bien sûr, d’estimations, tant l’opacité est grande. Notamment le montant du démantèlement des armes nucléaires, par exemple, ou le coût de la gestion des déchets nucléaires militaires ne sont pas pris en compte dans les chiffres ci-dessus issus de documents officiels.

 

Quelques éléments de comparaison

• Avec le budget consacré chaque année à la force nucléaire, nous pourrions construire : 17 CHU ou 170 lycées ou des éoliennes qui remplaceraient 3 réacteurs nucléaires…

• Avec 3,4 milliards d’euros par an, il est possible de payer 85 000 instituteurs. Or, à la rentrée 2012, 16 000 postes n’ont pas été renouvelés dans l’éducation.

 

Source: www.campagne2012desarmementnucleaire.org/

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Réseau "Sortir du nucléaire"

30 Septembre 2011 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

sortir du nucléaireRéseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de plus de 900 associations et 53 000 personnes
Agréée pour la protection de l'environnement

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Communiqué de presse – 30 septembre 2011

Areva-Socatri condamnée pour pollution des eaux :

 une victoire juridique sans précédent !

Vendredi 30 septembre, la Cour d’appel de Nîmes a condamné AREVA-SOCATRI pour pollution des eaux, à la suite de l'appel déposé notamment par le Réseau "Sortir du nucléaire". Cette condamnation sans précédent fait suite aux fuites radioactives détectées sur le site nucléaire du Tricastin, en juillet 2008.

Situé entre Valence et Avignon, le site nucléaire du Tricastin regroupe à la fois des installations de traitement du combustible et 4 réacteurs électronucléaires en fonction. La société SOCATRI, localisée sur ce site, assure la maintenance et le démantèlement de matériaux radioactifs, ainsi que le traitement des effluents nucléaires et industriels des sociétés AREVA du Tricastin.

Le 8 juillet 2008 au matin, les employés de l’usine SOCATRI se sont aperçus qu’il existait une fuite au niveau du système de rétention de la cuve. Une partie du liquide radioactif s’est répandu sur le sol et dans le canal adjacent. Plus de 74 kg d’uranium, matériau hautement radioactif et qui nécessite plusieurs centaines de millions d'années pour perdre la moitié de sa radioactivité, ont ainsi été rejetés dans les cours d’eau avoisinants. 30 m3 d’effluents chargés d’uranium ont contaminé les eaux superficielles, privant la population d’eau potable, et polluant des lieux de baignade fréquentés. Selon une évaluation effectuée à l'époque par la CRIIRAD, la pollution correspondait à 27 fois la limite annuelle des rejets autorisés.

Le Réseau “Sortir du nucléaire“, de même que de nombreuses associations et citoyens, ont déposé plainte et se sont constitués partie civile. Le 14 octobre 2010, le tribunal correctionnel de Carpentras a condamné AREVA-SOCATRI pour retard de déclaration d'incident mais l'a relaxée du délit de pollution des eaux. Cette décision a donc été contestée en appel.

L'audience a eu lieu le 16 juin 2011, à la Cour d'appel de Nîmes. Elle a permis, à nouveau, de mettre en lumière les graves négligences qui sont à l’origine de l'accident de 2008. L'affaire a été mise en délibéré et le verdict a finalement été rendu le 30 septembre 2011. AREVA-SOCATRI a enfin été reconnue coupable du délit de pollution des eaux, en plus de sa condamnation pour retard dans la déclaration d'incident. Elle est condamnée à payer une somme d'un total de plus d'un demi-million d'euros : 300 000 euros d'amende et 230 000 euros de dommages et intérêts soit 160 000 euros à l'ensemble des associations et 70 000 euros aux particuliers.

Le Réseau "Sortir du nucléaire" se félicite d'un tel verdict, et espère que cette décision ouvrira la voie vers la fin de l'impunité des pollutions nucléaires.

Contacts presse :
Daniel Roussée : 06 61 97 83 28
Marie Frachisse : 07 62 58 01 23
Etienne Ambroselli : 06 09 30 80 67

Pour en savoir plus sur l'affaire Socatri, lire notre article rédigé au moment des faits :
Tricastin, une série d'incidents inquiétants


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Explosion à l'installation nucléaire de Marcoule

12 Septembre 2011 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

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Réaction du Réseau "Sortir du nucléaire" – 12 septembre 2011

Urgent - Explosion à l'installation nucléaire de Marcoule - 1 mort et 4 blessés

 

Un four a explosé sur le site nucléaire de Marcoule dans une installation appartenant au groupe EDF, dans le Gard, lundi 12 septembre à 11H45. Cette information a été rendue publique 2 heures après l’accident. Ce site comporte de très nombreuses installations nucléaires, stocke de grandes quantités de déchets radioactifs et manipule du combustible MOX, donc du plutonium.

Pour l’instant, aucune mesure de protection de la population n’a été prise par les autorités. Le site de l’explosion se situe à 200 m du Rhône, 7 km d’Orange (30 000 habitants), 22 km de Carpentras (30 000 habitants), 27 km d’Uzès (8 000 habitants) et 28 km d’Avignon (115 000 habitants). L’équipe du Réseau "Sortir du nucléaire" se mobilise pour trouver des informations fiables à communiquer aux populations locales.

Dans l’attente, notre inquiétude se concentre autour du risque de contamination radioactive : Claude Guéant, notre ministre de l’Intérieur, affirme qu’il n’y aurait pas de fuite radioactive. L'explosion du four a t-elle mise en cause l'intégrité du système de confinement du bâtiment et de filtration des éléments radioactifs ? Comment notre ministre peut-il affirmer qu’il n’y a aucune fuite ? Des mesures ont-elles été effectuées sur le site ?


Plus d’explications et réactions en contactant nos portes paroles :

- Laura Hameaux (à Paris) : 06 85 23 05 11
- Charlotte Mijeon (à Paris) : 06 75 36 20 20
- Marc Saint-Aroman : 05 61 35 11 06
- Jean-Pierre Minne : 06 71 07 24 47
- François Mativet : 06 03 92 20 13
- Anne-Laure Meladeck (anglais, espagnol) : 06 58 02 87 22
- Opale Crivello (italien) : 07 60 15 01 23

Hot ligne médias  : 07 60 15 01 23 (Opale Crivello - attachée de presse)

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Sortir du nucléaire

1 Septembre 2011 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Nucléaire

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Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de plus de 900 associations et 53 000 personnes
Agréée pour la protection de l'environnement

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Communiqué de presse – 29 août 2011

Fillon, Besson et Kosciusko-Morizet au Bugey : un site bien mal choisi pour évoquer la sûreté nucléaire 

Ce lundi 29 août, François Fillon, Eric Besson et Nathalie Kosciusko-Morizet sont en visite à la centrale du Bugey, à 35 km de Lyon, pour évoquer la sûreté nucléaire en France et les tests de sûreté effectués en ce moment sur le parc nucléaire hexagonal.

Cette visite-éclair est bien à l'image de ces fameux "stress tests" : un pur exercice de communication, un contre-feu allumé par le gouvernement pour éviter de remettre en question le nucléaire. Comment peut-on en effet conduire des tests de résistances sérieux dans un délai de trois mois et demi seulement, qui n'autorise que le recyclage d'anciennes études, et en laissant les exploitants s'auto-évaluer ? Quel crédit accorder à des tests de résistance qui excluent la menace terroriste, ne prennent pas en compte les transports nucléaires, et se contentent d'effleurer le facteur humain et la gestion de la sous-traitance ? Il est scandaleux que la France, qui possède le plus gros parc nucléaire d'Europe, puisse se contenter de tests a minima tout en faisant peser sur ses citoyens et les pays voisins le risque réel d'un accident nucléaire.

Par ailleurs, le choix du Bugey pour évoquer la sûreté du nucléaire en France est bien paradoxal : ce site est en effet un des plus dangereux de France. Ses réacteurs, contemporains de ceux de Fessenheim, vieillissent et cumulent les dysfonctionnements, qu’il s’agisse de l’usure des composants (1) ou de la gestion du site. Cette année, les incidents remettant en cause la sûreté du site se sont accumulés : vannes de protection restées ouvertes, absence de barrière sur le poste de contrôle de radioactivité des véhicules sortant du sites, découverte de sources de contamination radioactive dans un local non signalé, déversement de gravats radioactifs dans une carrière... (2) . Selon l'Autorité de Sûreté Nucléaire, les conditions de sécurité au travail s'y sont dégradées en 2010. Les réacteurs du Bugey sont également sujets à de nombreuses anomalies qui compromettent dangereusement la sûreté des installations (3). Par ailleurs, leur situation en zone sismique et inondable en cas de rupture des barrages situés en amont, à proximité de sites industriels, menace une région entière (2,8 millions d'habitants vivent dans un rayon de 50 km) (4). Or, sur ce même site, juste à côté des réacteurs, on a choisi d'implanter
ICEDA, une poubelle destinée à recueillir les déchets issus du démantèlement d'autres centrales françaises.

Le Bugey a atteint l'âge de la retraite et doit être fermé immédiatement. Plutôt que de tenter d'entretenir un mythe de la sûreté nucléaire auquel plus personne ne croit, M. Fillon serait plus inspiré de saisir l'occasion de sa visite au Bugey pour annoncer la fermeture du site avant qu'un accident n'y survienne !

A noter enfin : le 15 octobre prochain, comme dans d'autres villes en France, une manifestation régionale sera organisée au Bugey, pour demander la fermeture immédiate de la centrale et la sortie du nucléaire.
Plus d'informations :
http://stop-bugey.org/

Contacts :
Daniel Roussée : 06 61 97 83 28
Charlotte Mijeon : 06 75 36 20 20


(1) Yves Marignac, directeur de WISE-Paris, dans « Le vieillissement des installations nucléaires : un processus mal maîtrisé et insuffisamment encadré » (Revue Contrôle, juillet 2009), citant plusieurs effets du vieillissement des installations : « ...les mécanismes de fissuration par corrosion sous contrainte au niveau des couvercles de cuves. Des fissures ont ainsi été détectées au niveau des adaptateurs des couvercles de cuve par EDF, notamment au Bugey en 1991 » ; « l’altération, sous l’effet des conditions de température et d’irradiation, des gaines des câbles électriques. Le vieillissement prématuré de câbles de contrôle-commande, dits « câbles Crosne », a été à l’origine d’un des plus graves incidents connus par le parc nucléaire, le 14 avril 1984 sur le réacteur Bugey 5 ».

(2) http://www.asn.fr/index.php/L-ASN-en-region/Division-de-Lyon/Centrales-nucleaires/Centrale-nucleaire-du-Bugey/Avis-d-incidents

(3) Communiqués relatifs à deux anomalies génériques touchant le Bugey : http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=759

http://www.sortirdunucleaire.org/actualites/communiques/affiche.php?aff=760

(4) Note d’Élisabeth Brenière, « Analyse des risques externes sur le site nucléaire du Bugey ».
http://groupes.sortirdunucleaire.org/docs/RisquesexternesBugey.doc


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