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notre histoire

Jules Le Gall

27 Juin 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire

« Jules Le Gall, anarchiste et franc-maçon »

L'anarcho-syndicaliste Jules Le Gall est né le 13 décembre 1881 à Brest. : (DR)

Figure du mouvement ouvrier brestois, Jules Le Gall, anarcho-syndicaliste et franc-maçon, mort en déportation, devrait avoir une place à son nom.

Ce vendredi, le conseil municipal votera sur la proposition du maire de donner le nom de Jules Le Gall à une place du quartier de Kerargaouyat, sur la rive droite, près de l'École navale. Si les élus acceptent, la plaque portera la mention suivante : « Jules Le Gall, 1881-1944, anarchiste et franc-maçon, mort à Buchenwald. »

« Le sort fait à Jules Le Gall dans l'après-guerre constitue une anomalie par rapport à d'autres anarcho-syndicalistes brestois, analyse l'historien brestois Jean-Yves Guengant. Sans doute son itinéraire personnel, anarcho-syndicaliste et franc-maçon, ne correspondait-il pas aux critères de mémoire de l'après-guerre. »

À la demande de l'Association des Amis de Jules Le Gall, l'historien a rédigé un mémoire pour plaider la cause de cet homme, « d'une droiture exemplaire et qui n'a jamais renié ses valeurs », auprès de la municipalité. Il y retrace son parcours.

Jules Le Gall occupe une place conséquente dans l'histoire du mouvement anarcho-syndicaliste brestois, de la fin du XIXe au début du XXe siècle. Avec son ami Victor Pengam, il fonde une section de la Jeunesse Syndicaliste de France, regroupant de jeunes ouvriers de l'Arsenal. Pengam et lui ont adhéré à la Fédération Communiste Anarchiste en 1911.

Il participe à la création de la Bourse du travail dès 1904. Lui qui fut inculpé pour incitation au meurtre et au pillage pour un discours prononcé le 1er mai 1907, se retrouva évidemment dans le combat pour mobiliser l'opinion contre l'exécution des deux syndicalistes américains, Sacco et Vanzetti, en 1927.

Il fit venir à Brest le chef du mouvement anarchiste ukrainien, Makhno, persécuté par le pouvoir soviétique. La création de la Maison du peuple, c'est encore lui.

Il n'est pas étonnant que cet homme, promoteur d'idéaux de fraternité, ait adhéré à la loge maçonnique Les Amis de Sully. Il en fut même le président de 1930 à 1938.

Anarcho-syndicaliste, franc-maçon, il fut bien évidemment la cible du régime de Vichy. La police française l'arrête en 1941. Il est interné à Compiègne, puis déporté en Allemagne, au camp de concentration de Buchenwald. Il y est mort le 14 juin 1944.

Y.G.

Source: maville.com

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Jacques Prévert

11 Avril 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire

Jacques Prévert
Le 11 avril 1977, mort de Jacques PREVERT (né le 4 février 1900 à Neuilly). Poète, surréaliste, scénariste et dialoguiste de talent. Il fut avant tout un libertaire qui s'en prit à toutes les valeurs de la société bourgeoise, pourfendant, dans ses textes, le militarisme, le cléricalisme, et la morale hypocrite, mais glorifiant l'esprit de révolte et le culte de la liberté. En 1916, employé dans un grand magasin, il en sera "remercié" pour indiscipline. Il participe ensuite au mouvement surréaliste mais refuse d'adhérer au Parti Communiste et se moquera d'André Breton dans le texte "Mort d'un monsieur". En 1931, il publie le poème corrosif "Tentative de description d'un dîner de tête à Paris-France". Membre du groupe Octobre (théâtre ouvrier) il écrit "la bataille de Fontenay", qui sera joué à Moscou. Il est l'auteur de nombreux scénarios pour le cinéma : "L'affaire est dans le sac", "Les enfants du Paradis", (considéré comme l'un des chefs-d'oeuvre du cinéma), etc. En 1946, "Paroles" recueil de poèmes est publié, et rencontre un énorme succès, puis "Histoires", consacrent le poète anticonformiste, qui touche les gens par sa simplicité, et la tragi-comédie de ses textes tendres et virulents.
"Ni Dieu, ni Maître; Mieux d'Etre "
"Rêve + Evolution = Révolution "

Source: L'Ephéméride Anarchiste
http://ytak.club.fr/index.html
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Oriol Solé

6 Avril 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire

Oriol Solé
Le 6 avril 1976, mort Oriol SOLE SUGRANYES. Membre du MIL (Mouvement Ibérique de Libération) de tendance libertaire, qui pratiquait les expropriations politiques (attaques de banque), avec Salvador Puig Antich, Jean-Marc ROUILLAN, etc, dans les années 70 en Espagne, alors en pleine dictature. Le 24 juillet 1974, il est condamné par le conseil de guerre franquiste à 48 ans de prison. Incarcéré à la prison de Segovie, il s'en évade avec une trentaine de membres d'ETA le 6 avril 1976. Il sera abattu quelques heures plus tard par la Guardia Civil alors qu'il s'apprêtait à franchir la frontière franco-espagnole.
Source l’Ephéméride Anarchiste
 http://ytak.club.fr/index.html
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Max STIRNER

25 Octobre 2007 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire



Portrait de Max Stirner par Clifford Harper
Le 25 octobre 1806, naissance de Johann Kaspar SCHMIDT, dit Max STIRNER à Bayreuth (Bavière). Théoricien de l'individualisme anarchiste.
Orphelin de son père (fabriquant de flûtes) peu après sa naissance, et délaissé par sa mère qui sombrera peu à peu dans la folie, il effectue pourtant entre 1826-1828, des études universitaires de philologie et de théologie à l'académie de Berlin, mais renoncera à obtenir du doctorat d'Etat. Marié en 1837, il se retrouve veuf six mois plus tard. En 1839, il obtient une place de professeur dans une institution privée pour jeunes filles. Le soir, il fréquente une taverne berlinoise où se réunit la "ligue des Affranchis" composée de journalistes et écrivains radicaux. Il y côtoie Engels et Marx, et y rencontre sa future épouse Maria Dänhardt. En 1842-43 il publie quelques articles de philosophie sociale sous le pseudonyme de "Stirner"(surnom dû à son large front). En 1844, paraît son livre "L'Unique et sa propriété" Apologie du moi individuel comme valeur suprême, il pourfend tout ce qui peut aliéner sa soif de liberté et d'absolu : Etat, religion, parti et même révolution. Le livre reçoit un large écho grâce au scandale qu'il provoque dans l'intelligencia et est interdit un temps par la censure. Stirner perd alors son poste de professeur. Son éditeur, un des seuls qui lui reste fidèle, lui confie alors des traductions. Une tentative commerciale (la création d'une laiterie) tourne au fiasco et finit de le ruiner. Poursuivi par ses créanciers, il séjourne par deux fois en prison. Dans la misère et oublié de tous, il meurt à Berlin le 25 juin 1856.
Cinquante ans plus tard, l'anarchiste John-Henry Mackay le tirera de l'oubli et fera redécouvrir la pensée moderne de ce "paisible ennemi de toute contrainte"
"L'état n'a toujours qu'un but: borner, lier, subordonner l'individu, l'assujettir à la chose générale; il ne dure qu'autant que l'individu n'a pas sa plénitude et n'est que l'expression bornée de mon moi, ma limitation, mon esclavage."

Dans l'unique et sa propriété.

Source : l'Ephéméride Anarchiste http://ytak.club.fr/index.html

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Le drapeau noir

3 Septembre 2007 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire

Nos députés entreprennent de sauver les trois couleurs...
Mais d'où nous vient le drapeau noir ?

NOMBRE de nouveaux militants, sympathisants, ou tout simplement des personnes curieuses, nous demandent, lors des manifs ou pendant les ventes sur les marchés: mais d'où vient le drapeau noir des anarchistes ? Jusqu'à présent, je répondais par quelques? à peu près. Mais, j'ai décidé d'en savoir plus. Et je ne suis pas allé très loin? chercher la réponse.
En effet, Line Roca du
groupe claaaaaash a bien voulu nous éclairer. Elle travaille justement sur le sujet et accepte de nous en livrer la substantifique moelle :
En 1872, à La Haye, la scission est officiellement consommée entre les socialistes autoritaires et les anarchistes
(1). Au cours des années 1880 se manifeste cependant, chez les anarchistes, le besoin de se différencier des autres groupes révolutionnaires, et l'adoption du drapeau noir est, symboliquement, une étape importante, dans la naissance de l'anarchisme. En effet, le drapeau rouge était jusqu'alors le drapeau de l'Internationale, également choisi par la Commune, ainsi que par le reste du mouvement ouvrier.
Or, dès 1882, les anarchistes se prononcent pour l'abandon de celui-ci, au profit du noir, celui de la révolte. Le numéro UN du Drapeau noir du 12 août 1883 s'exprime, en effet, sur ce choix : Les événements, les faits de tous les jours, nous ont montré clairement que le drapeau rouge, si glorieux vaincu, pourrait bien, vainqueur, couvrir de ses plis flamboyants, les rêves ambitieux de quelques intrigants de bas étages. Puisqu'il a déjà abrité un gouvernement et servi d'étendard à une autorité constituée. C'est alors que nous avons compris qu'il ne pouvait plus être pour nous, les indisciplinés de tous les jours et les révoltés de toutes les heures, qu'un embarras ou qu'un leurre.
Le 18 mars, Louise Michel s'exclame salle Favié à Paris : Plus de drapeau rouge, mouillé du sang de nos soldats. J'arborerai le drapeau noir, portant le deuil de nos morts et de nos illusions.(2)
Louise Michel reprend le même discours à Lyon, devant une foule qui, lors de la révolte des Canuts ,avait vu, pour la première fois l'apparition du drapeau noir. Elle était encore dans les mémoires.
Le drapeau noir fait ensuite une apparition "officielle" dans la manifestation des sans-travail aux Invalides à Paris, le 9 mars 1883, lors d'un meeting organisé par le syndicat des menuisiers.(3)
Louise Michel y arbore, pour la première fois, un drapeau improvisé, à partir d'un vieux jupon noir fixé sur un manche à balai. Plus tard, lors d'un de ses procès, elle affirme : Le drapeau noir, drapeau de la misère, plutôt que celui de la Commune, doit être considéré comme le symbole des ouvriers sans travail.
Quelques mois plus tard, pour la fête du 14 Juillet, les anarchistes invitent la population à manifester "un drapeau noir à la main". À cette époque, un article paru dans le Drapeau noir, rappelle que "seul celui-ci peut convenir pour représenter le combat anarchiste, la guerre de partisans et le combat des tirailleurs dispersés".
En effet, comme ne manque pas de le noter Gaetano Manfredonia, dans la Chanson anarchiste en France : Le drapeau noir signifie la distance vis-à-vis de l'héritage communard et des autres courants socialistes, à un moment où le mouvement anarchiste construit sa spécificité.
Tous nos remerciements à Line Roca.

Patrick Schindler
groupe-claaaaaash@federation-anarchiste.org

1. Le " communisme autoritaire " est défini comme étant celui de l'Internationale et plus particulièrement celui de Marx et d'Engels. Ce dernier, dans une lettre à Paul Lafargue, se plaint que les " bakouninistes " se servent abusivement du mot, pour dénoncer tout ce qui leur est hostile. Cf. Jean Dubois, le Vocabulaire politique et social en France.
2. Cité par Maurice Dommanget dans l'Histoire du drapeau rouge, des origines à la guerre de 1939. Ouvrage dans lequel l'auteur rappelle à quel point le drapeau noir, pour lequel Jules Vallès s'est prononcé, est lié à la personnalité de Louise Michel et au souvenir de la Commune.
3. Le syndicat des menuisiers avait convoqué les sans-travail à un meeting devant l'esplanade des Invalides. La police dispersa les manifestants qui organisèrent alors, une manifestation vers le boulevard Saint-Germain. Menée par Louise Michel, Émile Pouget et Mareuil, elle fut suivie par 500 ou 600 personnes. Des pillages eurent lieu aux cris de: " Du pain, du travail ou? du plomb. " Et Louise Michel et Émile Pouget y furent condamnés, respectivement, à six ans de réclusion.

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SACCO et VANZETTI

23 Août 2007 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire

SACCO et VANZETTI      
Dans la nuit du 22 au 23 août 1927, malgré une mobilisation et une réprobation internationale sans précédent, Nicola SACCO et Bartolomeo VANZETTI sont exécutés (peu après minuit) sur la chaise électrique du pénitencier de Charleston, Etat du Massachusetts, USA. La nouvelle de ces exécutions déclenchera à nouveau un immense mouvement de colère ponctué de violences contre le gouvernement américain.
Le 23 août 1977, cinquante ans après leur exécution, le Gouverneur de l'Etat du Massachusetts, Michael Dukakis, prononce la réhabilitation de Nicola Sacco et de Bartolomeo Vanzetti, mais cela n'efface pas pour autant de l'histoire des Etats-Unis cette ignominie.

 Source Ephéméride anarchiste

http://ytak.club.fr/index.html

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La véridique histoire du A cerclé

17 Août 2007 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire

         La véridique histoire du A cerclé

LE A DANS UN CERCLE est un sigle si répandu, si connu et reconnu qu'on a fini par le prendre pour un symbole traditionnel de l'anarchisme, comme s'il avait existé depuis toujours. La rumeur le fait parfois remonter à la Révolution espagnole: l' oeil des jeunes anarchistes est plus habitué à voir un A cerclé qu'une cible peinte sur le casque d'un milicien. Certains croient qu'il ferait référence à Proudhon, résumant son idée de l'Anarchie dans l'Ordre. En réalité, il s'agit d'un phénomène récent dans l'iconographie libertaire :
le A cerclé a en effet été inventé à Paris en 1964 et réinventé à Milan en 1966.

Deux dates, deux lieux de naissance ? Voyons-y de plus près.
C'est en avril 1964, sur la couverture du bulletin Jeunes Libertaires qu'apparaît le dessin d'un sigle que le groupe JL. de Paris propose "à l'ensemble du mouvement anarchiste" par delà les différents courants et les divers groupes ou organisations. Deux motivations principales nous ont guidés : d'abord faciliter et rendre plus efficace les activités pratiques d'inscriptions et affichages, ensuite assurer une présence plus large du mouvement anarchiste aux yeux des gens, par un caractère commun à toutes les expressions de l'anarchisme dans ses manifestations publiques. Plus précisément, il s'agissait pour nous d'une part de trouver un moyen pratique permettant de réduire au minimum le temps d'inscription en nous évitant d'apposer une signature trop longue sous nos slogans, d'autre part de choisir un sigle suffisamment général pour pouvoir être adopté, utilisé par tous les anarchistes. Le sigle adopté nous a paru répondre le mieux à ces critères. En l'associant constamment au mot anarchiste il finira, par un automatisme mental bien connu, par évoquer tout seul l'idée de l'anarchisme dans l'esprit des gens.
Le sigle proposé est un A majuscule inscrit dans un cercle ; Tomás Ibañez en est l'initiateur, René Darras le réalisateur. D'où vient l'idée, de la simplicité de réalisation (en particulier avec la méthode d'impression par stencils de l'époque !), du sigle antimilitariste déjà répandu du CND (Campaign for Nuclear Disarmament), d'autres inspirations ? L'Alliance ouvrière anarchiste affirme l'avoir utilisé dans sa correspondance dès la fin des années 1950 ; mais il ne figure dans son bulletin qu'à partir de juin 1968.
La proposition des Jeunes Libertaires de 1964 n'a eu aucun succès, hormis quelques graffitis dans les couloirs du métro parisien - n'oublions pas qu'alors on imprimait soit sur stencils, soit en typographie classique, et qu'il aurait donc fallu réaliser un cliché au plomb figurant un A inscrit dans un cercle. En décembre de la même année, le A cerclé apparaît en titre d'un article signé Tomás [Ibañez] dans le journal Action libertaire. Le réseau des Jeunes Libertaires, qui comptait au début des années 60 plusieurs groupes dans toute la France, s'est affaibli : les bulletins régionaux ne paraissent plus et le bulletin parisien sera en sommeil de 1965 à 1967 ; plusieurs " J. L. " seront par la suite aux premiers rangs du mouvement de Mai 68.
Fin du premier chapitre.

Il faut attendre 1966 pour que le symbole du A cerclé soit repris et utilisé, d'abord à titre expérimental puis régulièrement, par la Gioventù libertaria de Milan, qui avait des rapports fraternels avec les jeunes Parisiens. Ces deux groupes ont été à l'origine du Comité européen de liaison des jeunes anarchistes (CLJA). C'est alors que commence la vie publique du sigle.
Les premières fois qu'on le voit, c'est justement à Milan, où il sert de signature habituelle aux tracts et aux affiches des jeunes anarchistes, parfois associé au signe antinucléaire et à la pomme des provos hollandais. Puis il s'étend en Italie et dans le monde entier ; mais on n'a presque point vu de A cerclés pendant le mai parisien en 1968, les premières traces n'apparaissent guère qu'en 1972-73. C'est en effet au début des années 70 qu'explose la mode du A cerclé, que s'approprient et qu'imitent les jeunes anars dans le monde. Il connaît un tel succès que, selon un avis autorisé, si son inventeur l'avait breveté il serait milliardaire aujourd'hui. Pourquoi ce succès si rapide, si frappant ? Il est dû aux motifs mêmes qui avaient fait proposer le sigle par les J.L. : d'une part il est extrêmement facile à dessiner, aussi simple que la croix, plus simple que la croix gammée ou la faucille et le marteau ; d'autre part, un mouvement nouveau, jeune, en plein développement, avait appris à écrire sur les murs et se cherchait un signe de reconnaissance. C'est ainsi que le A cerclé s'est imposé de fait, sans qu'aucune organisation ni groupe n'ait jamais songé à en décréter l'utilisation, et en l'absence d'un autre symbole graphique international des anarchistes (qui utilisaient parfois une symbolique désuète, comme la torche en Italie).
Voilà donc la véridique histoire du A cerclé, faite de volonté consciente et de spontanéité : un cocktail typiquement libertaire. Toute autre histoire est légende.

 Amédéo Bertolo, Marianne Enckell

 Pour plus de précisions, nous vous renvoyons au bulletin n° 58 du CIRA
(Centre international de recherches sur l'anarchisme) mars-octobre 2002 d'où est extrait ce texte. CIRA, av. de Beaumont, 24, CH-1012 Lausanne, Suisse. http://www.anarcabolo.ch/cira/ ou cira@plusloin.org
  
Cette histoire a été très régulièrement confirmée par Yves Peyrault membre des jeunes libertaires du groupe Sébastien Faure de Bordeaux dans les années 1960 ...

Le Monde Libertaire n°1307

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Francisco Ferrer y Gardia

10 Mars 2007 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire

Paroles d’or :

"Qu’ils jugent que la guerre est la plus criminelle des aberrations des hommes, et le militarisme, la réunion de ses exécutants - tous deux soutiennent le privilège dominant la société actuelle – et qu’ils persévèrent à démontrer que la paix, fondée sur la justice sociale, est le meilleur bien auquel puisse aspirer l’humanité et la fraternité de la société future, sa meilleure récompense.

L’idée de dieu détruit la félicité des hommes.

Etre religieux s’est être ennemi de soi-même.

SANS DIEU L’HOMME EST HEUREUX. "

 

                                   Francisco Ferrer G.

 

LA GREVE GENERALE

Périodique libertaire 

 

De retour à Barcelone en 1901, avec l’argent hérité de Mlle Meunier, Francisco Ferrer se préparait à réaliser le rêve de toute sa vie : l’Ecole Moderne. Pourtant, conscient que sa révolution éducative ne pouvait se développer dans le vide et devrait s’appuyer sur de grands changements sociaux, il créa aussi un périodique d’orientation libertaire. Ainsi naquit à Barcelone, le 15 novembre 1901, La Huelga General, un périodique de 8 pages, soit 2 mois après la parution de premier Bulletin de l’Ecole Moderne. Francisco Ferrer écrivait dans les 2 publications : dans le Bulletin sous son nom propre et dans La Grève Générale sous le pseudonyme de Cero.

Ferrer confia la direction du journal à Ignacio Claria. Quelques mois plus tard, en février 1902, après une grève des travailleurs métallurgistes, de graves mutineries éclatèrent et furent comme toujours réprimées dans le sang. Parmi les blessés, on trouvait Claria qui, en mai 1903, fut arrêté et condamné.

Au mois de juillet de la même année, les autorités mirent les verrous au journal. 21 numéros avaient été publiés.

 

LA HUELGA GENERAL

Première année – Numéro 1

 La Propriété et les Anarchistes

Fous et Raisonnables

 

On sait que la majorité des gens ne sait des choses que ce que son journal veut lui faire savoir. Peu sont ceux qui poussent la réflexion sur ce qu’ils lisent et ceux qui ont pu se faire une idée de l’idéal anarchiste.

Pour le vulgaire, les acrates sont des assassins féroces payés par les jésuites ou par des profiteurs qui, pour improbable qu’ils arrivent au gouvernement, n’apporteraient rien de sûr et personne ne pourrait posséder le moindre objet puisqu’ils veulent la destruction de la propriété.

Il faut penser et il faudra le répéter souvent que dans une société raisonnable, c’est à dire anarchiste, chacun aura sa maison, ses meubles, ses vêtements, ses œuvres d’art, ses instruments de travail, bref, tout ce qui peut rendre la vie agréable.

Naturellement, nous ne passerons pas d’un régime de fous comme celui basé sur l’autorité et la propriété qui nous étouffe toujours plus à un système de solidarité et de vraie fraternité comme l’on change de décor au théâtre. Cela exigera toute la propagande, toute l’instruction et même toute l’exemplarité que nous, logiques, devrons donner aux illogiques, aux irréfléchis, aux irrationnels, aux gens fous qui composent l’immense majorité aujourd’hui.

Nous, anarchistes, voulons détruire la propriété telle qu’elle existe parce qu’elle est le produit de l’exploitation de l’homme par l’homme, du privilège octroyé par les gouvernements ou par le droit du plus fort.

Nous, acrates, ne voulons pas qu’il y ait des propriétaires de grandes étendues de terrain à côté de familles n’ayant pas d’endroit où reposer leur corps, ni d’héritiers de fortunes ni d’héritiers de misère.

Nous, libertaires, ne voulons pas qu’il suffise d’un titre ou d’un testament pour passer sa vie sans travailler.

Dans la société idéale anarchiste, l’éducation et l’instruction de l’enfance se feront de sorte que tous comprennent la nécessité du travail sans autres exceptions que les problèmes physiques. Et puisqu’il n’y aura pas le mauvais exemple actuel, que certains travaillent alors que d’autres se reposent, que ceux-ci mangent et que ceux-là baillent, tout le monde contribuera à la production de la richesse commune en fonction de ses forces et tous mangeront selon leur appétit. Il sera facile aux éducateurs d’inculquer aux enfants le goût et l’obligation du travail.

Etant des êtres raisonnables, à l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui, ils trouveront sans trop se torturer l’esprit la manière d’être propriétaires de ce qui les entoure, sans que ce droit à la propriété puisse porter préjudice à qui que ce soit.

Précisément, la folie de ceux qui ne comprennent pas l’anarchie réside dans l’impossibilité qu’ils ont de concevoir une société  raisonnable.

                                                                                  Cero 

 

LA HUELGA GENERAL                                        Première année – Numéro 2

DIEU OU L’ETAT : NON

 

La grève générale : OUI

 

On ne trouvera pas une personne de bonne foi, pour peu qu’il y en ait, qui ne confesse pas que la religion catholique, protestante, mahométane ou bouddhiste, ait atteint le bonheur et le bien-être des hommes.

Aucune politique de quelque parti ne pourra assurer que son système de gouvernement garantisse la liberté absolue de parler et d’écrire ou assure le droit à la vie.

Ceux qui veulent la suprématie du clergé, tout comme ceux qui attendent tout d’un état plus ou moins laïque, tous soutiennent qu’il doit y avoir des pauvres et des riches, des maîtres et des esclaves.

Ni les uns ni les autres ne cherchent l’émancipation économique et politique de l’individu.

Les premiers libéraux son excusables qui, se rendant compte de la tromperie religieuse, se décidèrent à fonder un état libre du contact de Rome, parce qu’ils pouvaient croire que tout le malheur venait de l’Eglise.

Mais ceux qui désormais pratiquent le système parlementaire monarchiste, républicain ou socialiste, trompent leurs électeurs, comme les curés abusent de la crédulité de leurs paroissiens, en leur faisant espérer que grâce au gouvernement de son parti ou avec le programme de son invention, ils apporteront la liberté et la paix au sein de la nation.

Il n’existe aucun électeur qui puisse citer un gouvernement comme étant bon.

Ni les siècles depuis que vivent les religions, ni les rois qui se servirent des cours et assemblées, ni même le siècle passé occupé presque dans son entier par des gouvernements parlementaires ne contrediront l’inutilité de déléguer à quiconque la défense de nos intérêts. Les années durant lesquelles le parti socialiste arriva au pouvoir par des luttes électorales nous suffirons. Quel bénéfice ont obtenu les travailleurs qui sont allés voter ?

Par contre, si au lieu de cela, si le temps employé par les socialistes en luttes électorales ils l’avaient passé à l’organisation des classes productives et à la propagande anti-militaire, cela fait longtemps qu’une grève générale aurait flanqué par terre la société bourgeoise.

C’est aux libertaires de faire comprendre ces vérités à combien d’inconscients qui croient en la panacée du vote comme si c’était l’hostie qui doit les mener au paradis.

L’émancipation complète des travailleurs ne viendra ni de l’église ni de l’état mais d’une grève générale qui détruise ces deux choses.

                                                                                Cero

 

…quand on demandait à Ferrer d’où il sortit l’idée de créer l’Ecole Moderne, il répondait avec son humour habituel : simplement de l’école de mon enfance, mais en faisant exactement le contraire.

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Joaquin Delgado

4 Mars 2007 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire


Delgado Joaquín

 

Le 4 mars 1934, naissance de Joaquín DELGADO MARTINEZ à Cordona, Catalogne.
Militant et activiste des Jeunesses libertaires espagnoles.
En 1939, il suit ses parents qui se réfugient en France, après la défaite du camp républicain. C'est à Grenoble (Isère), qu'il milite au sein de la Fédération Ibérique des Jeunesses Libertaires, dont il devient le secrétaire. Ouvrier ébéniste, fraiseur, puis dessinateur de générique pour des émissions de télévision, il s'engage plus avant dans l'activisme antifranquiste. C'est en tant que membre de la section clandestine de "Défense Intérieure" (crée en 1961, au sein du Mouvement Libertaire) qu'il est envoyé en juillet 1963, à Madrid, avec le compagnon Francisco GRANADOS GATA (âgé de 30 ans, père de famille et forgeron à Alès) avec pour mission de prendre des contacts en vu d'organiser un attentat contre Franco. Mais par manque de coordination, un autre groupe commet le 29 juillet 1963, deux attentats : l'un contre la direction générale de la sécurité et l'autre contre le siège des syndicats franquistes. Arrêtés tous deux en possession d'armes et d'explosif, ils refusent de reconnaître leur culpabilité pour ces deux attentats et cela malgré l'emploi de la torture. Le 13 août 1963, un Conseil de Guerre les condamne pourtant à mort sans aucune preuves. Le 17 août 1963, un communiqué officiel annonce à la presse leurs exécutions réalisées au garrot vil. En 1999, leurs familles tenteront sans succès un recours en révision de leur condamnation à mort devant le Tribunal Constitutionnel, mais même si Franco est mort, l'institution militaire reste vivante.

Un livre retrace cette histoire "le garrot pour deux innocents" en vente à la librairie l'autodidacte 5, rue Marulaz 25000 BesançonLeLe garrot pour deux innocentsLe garrot pour deux innocents garrot pour deux innocents

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