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education

Rentrée scolaire

4 Septembre 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

Les êtres humains naissent ignorants, pas stupides : 
c'est l'éducation qui
les rend ainsi.
-> bertrand Russell
 
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Citations

26 Août 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

Jean-Luc Delarue est mort:

 

"Une société ne fournira que la culture qui la sécurise, celle qui a le moins

de chance de la remettre en cause.

Elle cherchera toujours, par la culture qu'elle choisit, à diffuser le moyen de créer

chez l'individu la structure mentale favorable à sa survie."

 

Henri Laborit

 

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Le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannerisation

20 Juillet 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

Le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannerisation (CATS) 
de Caen (et d'ailleurs...) vous annonce aujourd’hui la mise en ligne de 7 traductions, 
librement téléchargeables et diffusables sur notre site à l’adresse suivante 
http://ablogm.com/cats/
.
 livre
En voici une brève présentation :
- Les IWW et la grève générale de Seattle (1919) :
Un aperçu du rôle, difficile à cerner, des IWW dans cette grève générale 
qui fit trembler les USA.
- La grève générale de Winnipeg (1919) :
Un récit de cette grève générale au Canada, qui trouva un grand écho solidaire.
- La grève générale britannique de 1926 :
Un récit de la seule grève générale de l’histoire de la Grande-Bretagne et des 
trahisons syndicales réformistes qui l’accompagnèrent.
- Les boycotts verts en Australie (1971-74) :
Ou comment les travailleurs du bâtiment, main dans la main avec des comités 
d’habitantEs, limitèrent les restructurations urbaines capitalistes dans la région de 
Sydney.
- La lutte pour un travail utile à Lucas Aerospace (1976) :
Les salariéEs des usines d’armement Lucas Aerospace, menacéEs de licenciements, 
mettent au point un plan alternatif pour tenter de sauver leurs emplois tout 
en rompant avec la production militaire.
- La Troisième Révolution – résistance paysanne au gouvernement bolchevique :
Un texte sur les origines et les objectifs de la vague de soulèvements paysans 
contre le régime bolchevique en 1920-21, vague de soulèvements qu’on peut 
qualifier de Troisième Révolution.
- La mutinerie de la Mer Noire – le mythe de Marty et le rôle des anarchistes :
Un texte sur la construction par le PCF du mythe d’André Marty, présenté 
comme le leader de la mutinerie de la Mer Noire, sur le rôle déterminant que 
jouèrent des marins anarchistes dans celle-ci et sur la trajectoire de certains mutins.
 
On va faire une pause estivale. De nouvelles traductions seront publiées fin septembre.
 
Pas mal de textes à traduire restent à traduire en anglais (et aussi un peu en espagnol), 
on continue donc à en appeler aux bonnes volontés pour prendre en 
charge certaines traductions. On peut nous contacter à l'adresse mail suivante : 
catscaen(a)voila.fr
 
Merci aux quelques personnes qui nous filent des coups de mains pour les traductions.
Merci de faire tourner l’information et de faire connaître notre site 
et les ressources qu’il contient.
Salutations anarchistes.
 
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La pensée du jour

9 Juillet 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

Ce n'est pas l'utopie qui est dangereuse, car elle est indispensable à
l'évolution. C'est le dogmatisme, que certains utilisent pour maintenir leur
pouvoir, leurs prérogatives et leur dominance...
 
Henri Laborit
 

  
Nous voilà ce quatrième entretien,

Une moissine du cépage radio libertaire !

Enfin complet et guilleret...

Revigoré aux embruns et parfumé aux ajoncs !

Le dernier débarquera au gré des marées et des accostages... 

 

C'est dispo à l'accastillage pour écoute en mp3, par là :

http://bit.ly/N3Yt6l

ou

http://www.mediafire.com/?7htb6c1tafcq88h

 

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Notre histoire

6 Juin 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

anarchist_mountain.jpg                         Vue du lac d'Osoyoos près du sommet "d'Anarchist Mountain"
Le 6 juin 1922, la montagne qui domine la ville d'Osoyoos en Colombie-Britannique (Canada), prend officiellement le nom "d'Anarchist Mountain".
Cette appellation est due à un colon d'origine irlandaise du nom de Richard G. Sidley qui est venu s'installer dans la région vers 1889. Receveur du premier bureau de Poste en 1895, il deviendra ensuite juge de paix puis douanier. Mais les opinions politiques qu'il exprime lui vaudront d'être qualifié d'anarchiste, mais aussi d'être relevé de ses fonctions.
Le plateau (qui culmine à 1491 mètres) où il résidait sera alors désigné comme "La montagne de l'anarchiste" appellation qui deviendra ensuite officielle. 

                 Pour l'anecdote voici le logo des pompiers d'Anarchist Mountain.
  mountain.jpg
Source : http://epheman.perso.neuf.fr/
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Le CATS Communique

6 Mai 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

 
Le Collectif Anarchiste de Traduction et de Scannerisation (CATS) de Caen 
(et d'ailleurs...) vous annonce aujourd’hui la mise en ligne de 7 traductions, librement
téléchargables et diffusables sur notre site à l’adresse suivante
 http://ablogm.com/cats/ .
 
En voici une brève présentation :
- Origines du premier mai en Colombie et influence de l’anarchosyndicalisme :
Un texte sur l’émergence du premier mai en Colombie et sur l’influence de 
l’anarchosyndicalisme dans la politisation et la radicalisation de cette célébration.
- La Guerre Mondiale comme guerre de classe :
Texte qui fait un tour d’horizon sur les attaques endurées par la classe ouvrière,
 sous différentes formes, dans les régimes fascistes ou « démocratiques » 
durant la Seconde Guerre Mondiale.
- La Seconde Guerre Mondiale et la vague de grèves de l’après-guerre aux USA :
Texte sur la collaboration de classe entre syndicats et management aux USA 
durant la Seconde Guerre Mondiale et sur la vague de grèves sauvages qui toucha 
ce pays durant l’immédiat après guerre.
- Le contexte italien :
Bon article synthétique sur le contexte politique, économique et social de l’Italie 
des années 50 et 60 et sur la montée et l’explosion des luttes radicales de masse.
- S’organiser à la FIAT, 1969 :
Un récit vécu sur les formes d’organisation et de lutte novatrices qui ont émergé 
à l’immense usine FIAT Mirafiori de Turin en 1968-69, 2 années qui marquèrent le 
début d’une vague d’agitation révolutionnaire qui allait durer 10 ans et secouer le pays.
- Révolution Culturelle en Italie – Lotta Continua 1970 :
Un article du journal de l’organisation Lotta Continua sur les changements de mentalité 
dans la classe ouvrière italienne, sur l’émergence en son sein de nouvelles 
représentations d’elle-même, le tout débouchant sur de nouvelles pratiques, radicales, 
assembléistes et incontrôlables.
- Un rire qui vous enterrera tous – Italie 1977 :
Un texte sur « l’ironie comme protestation et le langage comme lutte dans le mouvement 
italien de 1977 » ou comment l’usage subversif du langage peut aider à ridiculiser 
les représentations et les pratiques politiques autoritaires, staliniennes, 
sociales-démocrates, gauchistes…
 
Le CATS publie également un texte scanné et passé à la reconnaissance de 
caractère avant d'être vérifié et corrigé en vue d’en obtenir une version 
informatique diffusable. 
- Du « grand Soir » aux révolutions moléculaires – Italie années 1970 : 
Deux articles tirés de la revue « Noir et Rouge » (pas celle des années 50-70, 
celle des années 80-90), datant de 1988, sur les luttes autonomes dans l’Italie des 
années 70, leurs évolutions et leur étouffement. Un des articles aborde aussi le débat 
sur la revendication de l’amnistie pour les prisonnierEs politiques italienNEs.
 
Par ailleurs, le CATS remet également en circulation aujourd’hui sur Internet une 
traduction datant d’il y a quelques années, elles aussi effectuées par un camarade 
de Caen. Ce faisant, nous espérons redonner « une seconde jeunesse » à cette traduction qui nous parait intéressante. 
- La question anarchiste : 
Une brochure critique de René Furth (datant des années 70 ?) sur diverses 
perspectives de renouvellement du mouvement anar, malgré son caractère 
fragmenté, en s’appuyant sur une culture libertaire revivifiée.
 
Vu la quantité de textes à traduire (surtout en anglais mais aussi encore 
un peu en espagnol…), le CATS en appelle aux bonnes volontés pour prendre en
charge certaines traductions. On peut nous contacter à l'adresse mail suivante : 
catscaen(a)voila.fr
 
Merci aux quelques personnes qui nous filent des coups de mains pour les traductions.
Merci de faire tourner l’information et de faire connaître notre site et les modestes 
ressources qu’il contient.
Salutations anarchistes.
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Notre histoire

22 Mars 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

22-mars.jpgLa Faculté de Nanterre occupée

 

Le 22 mars 1968, à la cité Universitaire de Nanterre (région parisienne), le mouvement contestataire étudiant qui va prendre le nom de "mouvement du 22 mars", occupe les locaux de l'Université. Il est l'aboutissement d'une contestation grandissante emmenée par des groupes d'extrême gauche, des anarchistes et des situationnistes. Né d'abord de revendications solidaires, comme la libération des manifestants arrêtés lors des actions contre la guerre du Vietnam, il déborde rapidement sur des questions de société comme la remise en cause du puritanisme social (avec la revendication du droit d'accéder à la résidence universitaire des filles).
Rapidement ce mouvement conduit par Daniel COHN-BENDIT (qui se réclame alors de l'anarchie) va passer de la critique de l'Université à la critique de la société et de l'autoritarisme. Il sera le ferment révolutionnaire du mai 68 français

 

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Mais Couté moi donc

20 Mars 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

 

 

 

 

couté 1

 

 

coute-2.jpg

 

 

 

 

 

PREFECTURE DE POLICE
DIRECTION GENERALE DES RECHERCHES

Paris le 5 octobre 1901

RAPPORT

Le Commissaire de Police, Chef de la 3ème Brigade,
à Monsieur le Directeur Général des Recherches.

L'anarchiste Couté, Gaston, âgé de 20 ans, né à Beaugency (Loiret) qui a fait l'objet de plusieurs rapports de mon service, le dernier d'enquête en date du 20 novembre 1900 alors qu'il demeurait dans ses meubles, impasse du Tertre, (15, rue des Norvins) , loge en garni depuis le 29 septembre écoulé, boulevard Rochechouart, 100, où il est inscrit comme suit :
Couté, Gaston, 21 ans , chansonnier, né à Beaugency (Loiret) venant de Meung-sur-Loire.

Il a déménagé de l'impasse du Tertre en avril 1901 pour aller à la campagne, puis il est revenu le 29 septembre dernier.
Depuis son retour à Paris il ne s'est pas fait remarquer au point de vue de l'anarchie et n'a encore reçu personne à son domicile,
rue Germain Pilon, 19 bis, où il est inscrit comme suit :
Couté, Gaston, 21 ans , chansonnier, né à Beaugency (Loiret) venant du N° 82 de la rue Lemarck, entré le 14 février, sorti le 6 avril 1900.
Vérification faite rue Lemarck, 22, il n'y a pas demeuré.

Poète chansonnier, il fréquente les cabarets du quartier latin et de Montmartre. Actuellement, il chante presque tous les soirs au cabaret de "l'Ane Rouge", 30, avenue Tudaine.
Dans la journée, il travaille chez lui à composer ses chansons en compagnie de son ami TAVEAU, Antonin.
Il rentre généralement vers deux heures ½ du matin.
Couté gagne de 10 à 12 francs par jour. Ses parents, meuniers à Meung-sur-Loire (Loiret), lui envoie de l'argent presque tous les mois et il ne fait pas de dettes.
L'été dernier, il est allé passer environ trois semaines chez eux, avec son ami Taveau.
Il ne reçoit personne chez lui et en donne asile à aucun individu.
Il fréquente les chansonniers de Montmartre et du quartier latin.
Il ne reçoit que des lettres qui lui sont envoyées par ses parents.
A l'exception du "Rire", aucun journal ne lui est envoyé à son adresse actuel.
Rue Germain Pilon, 19 bis, il recevait en outre du "Rire" divers journaux amusants et un journal d'Orléans, dans lequel il y avait un jour sa biographie.
La concierge ignore s'il se sert de la poste restante.
Elle ne sait pas s'il fréquente des réunions politiques.
Ses chansons, d'après les dires de Mme Bigot, propriétaire du café de "l'Ane Rouge" et de M. Depaquis, chansonnier, demeurant 16, rue de Ravignan, sont empreintes d'esprit libertaire. Ces personnes croient qu'il a été collaborateur à des journaux révolutionnaires, mais elles ne pensent pas qu'il soit dangereux.
Couté qui a collaboré "au Journal du Peuple" et au "Libertaire", prête son concours dans les soirées familiales ou concerts organisés par les anarchistes.
En résumé, cet individu professe des opinions libertaires et fréquente les milieux anarchistes. Il ne paraît pas être dangereux.
Son nom est inconnu aux sommiers judiciaires.
Voici son signalement : 1m70 environ - cheveux châtains assez longs - imberbe - figure maigre - teint clair - nez un peu long - corpulence moyenne - Il est vêtu d'un veston noir et d'un pantalon de drap de fantaisie, étroit. - Il porte un chapeau de feutre mou noir.

Le Commissaire de Police

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« Dette : les 5000 premières années »

4 Mars 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

Anarkik2.jpg« Dette : les 5000 premières années »,

de David Graeber

Traduction artisanale par hocus (mise à jour le 29 février 2012)

 Ce qui suit est un fragment d’un projet de recherche beaucoup plus large sur la dette et l’argent de la dette [debt money] dans l’histoire humaine. La conclusion première et majeure de ce projet est qu’en étudiant l’histoire économique, on tend à ignorer systématiquement le rôle de la violence, le rôle absolument central de la guerre et de l’esclavage dans la création et la formation de ce que nous appelons maintenant « l’économie ». De plus, les origines comptent. La violence est peut être invisible, mais elle reste inscrite dans la logique même de notre sens commun économique, dans la nature apparemment évidente des institutions qui n’auraient jamais pu et ne pourraient jamais exister en dehors du monopole de la violence – mais aussi, la menace systématique de la violence – maintenu par l’Etat contemporain.

La suite sur :

http://fa86.noblogs.org/?page_id=1079

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Nous sommes tous grecs !

3 Mars 2012 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Education

Nous sommes tous grecs !

 

Athènes en flammes ! Flammes de rage ! Quelle horreur ! Quel plaisir !

 

Je n’aime pas la violence. Je ne pense pas que l’on peut gagner beaucoup de choses en incendiant des banques et en brisant des vitrines. Et pourtant je ressens une vague de plaisir quand je vois les réactions à Athènes et dans les autres villes de Grèce en réponse à l’acceptation par le Parlement grec des mesures imposées par l’Union européenne et le Fonds monétaire international. Mieux : s’il n’y avait pas eu cette explosion de colère, je me serais senti à la dérive dans une mer de dépression.

 

Ce plaisir est la joie de voir que les opprimés tant de fois piétinés se retournent, font face et rugissent. La joie de voir ceux qui ont été battus mille fois rendre les coups. Comment pouvons-nous demander aux gens d’accepter docilement les coupes féroces dans leur niveau de vie qu’impliquent les mesures d’austérité ? Voulons-nous qu’ils expriment leur accord quand l’énorme potentiel créatif de tant de jeunes est simplement éliminé, quand leurs talents sont pris au piège dans une longue vie de chômage ? Et tout cela uniquement pour que les banques puissent être remboursées, que les riches deviennent encore plus riches ? Et tout cela, juste pour maintenir un système capitaliste qui a depuis longtemps dépassé sa date de péremption et qui n’offre désormais plus rien d’autre au monde que sa destruction. Pour que les Grecs acceptent docilement les mesures, il faudrait multiplier la dépression par la dépression, la dépression d’un système qui a échoué, aggravée par la dépression de la dignité perdue.

 

La violence de la réaction en Grèce est un cri lancé au monde. Combien de temps allons-nous rester assis et regarder le monde déchiré par ces barbares, les riches, les banques ? Combien de temps allons-nous rester là à regarder l’augmentation des injustices, à assister au démantèlement des services de santé, à la réduction de l’éducation à un non-sens acritique, à la privatisation des ressources en eau du monde, à l’anéantissement des communautés humaines et au déchirement de la terre pour le profit des sociétés minières ?

Cette attaque, qui prend une forme si aiguë en Grèce, se déroule dans le monde entier. Partout l’argent a subordonné la vie humaine et non humaine à sa logique, la logique du profit. Ce n’est pas nouveau, mais l’intensité et l’ampleur de l’attaque est nouvelle, et est également nouvelle la prise de conscience généralisée que la dynamique actuelle est une dynamique de mort, qu’il est très probable que nous soyons tous emmenés vers l’anéantissement de la vie humaine sur terre. Lorsque de savants commentateurs expliquent les détails des dernières négociations entre les gouvernements sur l’avenir de la zone euro, ils oublient de mentionner que ce qui est en train de se négocier si légèrement, c’est l’avenir de l’humanité.

Nous sommes tous grecs. Nous sommes tous des sujets dont la subjectivité est simplement écrasée par le rouleau compresseur d’une histoire déterminée par le mouvement des marchés monétaires. Des millions d’Italiens ont protesté à maintes reprises contre Silvio Berlusconi, mais ce sont les marchés monétaires qui l’ont viré. La même chose en Grèce : manifestation après manifestation contre Georges Papandréou, mais à la fin, ce sont les marchés monétaires qui l’ont licencié. Dans les deux cas, des serviteurs de l’argent, loyaux et éprouvés, ont été désignés pour prendre la place des politiciens déchus, sans même un simulacre de consultation populaire. Et cette histoire n’est même pas faite par les riches et les puissants, même si, certainement, ils en tirent profit : cette histoire est faite par une dynamique que personne ne contrôle, une dynamique qui est en train de détruire le monde, si nous laissons faire.

Les flammes d’Athènes sont celles de la colère, et nous nous en réjouissons. Mais la rage est dangereuse. Si elle se personnalise ou se retourne contre des groupes particuliers de personnes (les Allemands, dans ce cas), elle peut facilement devenir purement destructrice. Ce n’est pas un hasard si le premier ministre à démissionner en signe de protestation contre la dernière série de mesures d’austérité en Grèce est le chef de file du parti d’extrême droite, le Laos. La rage peut facilement devenir une rage nationaliste, fasciste même ; une rage qui ne fait rien pour rendre le monde meilleur. Il est important, alors, d’être clair sur le fait que notre rage n’est pas une rage contre les Allemands, pas même une rage contre Angela Merkel ou David Cameron, ou Nicolas Sarkozy. Ces politiciens sont des symboles simplement arrogants et pitoyables de l’objet réel de notre colère – la domination de l’argent, la soumission de toute vie à la logique du profit.

 

Amour et rage. Rage et amour. L’amour a été un thème important dans les luttes qui ont redéfini le sens de la politique au cours de la dernière année, un thème constant des mouvements « Occupy », un sentiment profond, même au cœur des affrontements violents dans de nombreuses régions du monde. Mais l’amour avance main dans la main avec la rage, la rage de « comment osent-ils nous prendre nos vies, comment osent-ils nous traiter comme des objets ? ». La rage pour un monde différent qui force son chemin à travers l’obscénité du monde qui nous entoure. Peut-être.

 

Cette poussée vers un monde différent n’est pas seulement une question de rage, bien que la rage en fasse partie. Elle comporte nécessairement la construction patiente d’une manière différente de faire les choses, la création de différentes formes de cohésion sociale et de soutien mutuel. Derrière le spectacle des banques qui brûlent en Grèce, il y a un processus plus profond, un mouvement plus calme de personnes qui refusent de payer les tickets de bus, les factures d’électricité, les péages autoroutiers, les dettes bancaires ; un mouvement, né de la nécessité et de convictions, de personnes organisant leur vie d’une manière différente, en créant des communautés de soutien mutuel, de réseaux alimentaires et des cuisines populaires, en occupant des bâtiments vides et des terres, en créant des jardins communautaires, en retournant à la campagne, en tournant le dos aux politiciens (qui n’osent plus maintenant se montrer dans les rues) et en créant des formes de démocratie directe pour prendre des décisions sociales. Encore insuffisant peut-être, encore au stade expérimental, mais crucial. Derrière les flammes spectaculaires, il y a cette recherche et cette création d’une autre façon de vivre qui va déterminer l’avenir de la Grèce, et du monde. Nous sommes tous grecs.

 

John Holloway

 

P.S. : John Holloway est d'origine marxiste, mais ses positions, notamment développées dans le livre Changer le monde sans prendre le pouvoir, sont très mal vues par les marxistes-léninistes et les troskystes. Il vit au Mexique depuis une vingtaine d'années et est très proche des zapatistes.

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