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Si vous passez à Nimes

9 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Info (s)

Horizons, la féria du livre de la critique sociale et des émancipations Nimes,

29 et 30 novembre 2014 Salle du lycée Dhuoda, rue Dhuoda à Nimes

Entrée libre Retrouvez nous sur Facebook et sur http://horizonscritiques.blogspot.fr/ Trente éditeurs présents :

Agone, ed. De l'Atelier, Textuel, Temps des cerises, Cetim, L'insomniaque, Champs social, No pasaran, le Chien rouge, Al Dante, l'Or des fous, Coquelicot, le Sextant, Inclinaison, Fondeurs de briques, Le flibustier, Venus d'ailleurs, CNT-RP, Le monde libertaire, Delga, Arachnoïde, Acratie, Grandir, Papiers coupés, Editonly, Chroniques sociales, Libertalia, Rue des cascades, Utopia…

Programme

SAMEDI 29 NOVEMBRE

11h30 S'émanciper, une urgence et une exigence

Avec François Galichet, auteur de L'émancipation, se libérer des dominations, Ed. Chroniques sociales. Philosophe, F. Galichet propose une pédagogie de la responsabilité, condition indispensable de l'émancipation. Au sens propre, l'émancipation

désigne l'acte juridique par lequel un maître affranchissait un esclave lui appartenant. Mais très vite le terme a pris une signification métaphorique. Tous les hommes, d'une manière ou d'une autre, sont esclaves - de leurs passions, de leurs habitudes, de leurs peurs, mais aussi d'autres hommes qui les dominent par le savoir, la force ou la ruse. Tous ont un maître, et même plusieurs. Tous sont invités à s'émanciper. S'émanciper, c'est devenir responsable de soi, de ses choix, de ses ambitions, de ses réussites comme de ses échecs. Comment concevoir et mettre en œuvre cette « pédagogie de la responsabilité » ? C'est à cette question que le présent ouvrage répond. Émanciper redevient aujourd'hui plus que jamais une urgence et une exigence ; mais cette urgence n'est pas telle qu'elle dispense de réfléchir aux conditions et aux finalités de l'émancipation.

14h

La dette ou comment s'en débarrasser Par Nicolas Sersiron, auteur de Dette et extractivisme, Ed. Utopia N. Sersiron est président du CADTM France. L’audit et l’annulation des dettes illégitimes, la réduction des inégalités, la fin du pillage des ressources, sont quelques-uns des combats citoyens qu'il propose.

L’extractivisme, ce pillage des ressources naturelles de la planète par la force, a donné à l’Europe puis aux États-Unis les moyens de dominer le monde. Depuis la disparition des colonies, la dette illégitime, nouvelle violence imposée aux pays dits « en développement », a permis d’assurer la continuité du pillage. Cette dette a amplifié le système extractiviste, initialement appliqué aux produits fossiles et agricoles, en l’étendant aux ressources financières du Sud puis aujourd’hui du Nord. Elle impose le remboursement par les populations de dettes dont elles ne sont pas responsables mais victimes. Dette et extractivisme sont intimement liés. Facteurs d’injustice, de corruption, de violences sociales et environnementales, ils sont également à l’origine du dérèglement climatique. Des alternatives pour créer une société post-extractiviste, soucieuse du climat et des peuples existent. L’audit et l’annulation des dettes illégitimes, la réduction des inégalités, la fin du pillage extractiviste, sont quelques-uns des combats citoyens essentiels proposés dans ce livre.

14h30 Lecture-dédicace:

En l'absence de Monsieur J En l'absence de Monsieur J, Ed. de l'Atelier, est un roman de Pierre Dharreville (journaliste et écrivain) sur le procès de l'assassin de Jaurès, quatre ans et demi après les faits.

1919, quelques mois après la der des ders. Au palais de justice de Paris commence le procès de l’assassin de Monsieur J. Quatre ans et demi après les faits, le criminel se tient enfin devant ses juges. Dans le prétoire règne une atmosphère étrange. Les plaidoiries sont couvertes par le silence assourdissant qui suit le feu et la mitraille : sur l’autel de la guerre gisent des millions de sacrifiés. Marius, compagnon fidèle de Monsieur J, venu de Marseille, assiste médusé aux débats. Éléonore, jeune journaliste chargée d’en rendre compte, n’accepte pas la tournure qu’ils prennent. Fait-on le procès de l’assassin ou de la victime ? Le verdict tombe. Pour résister aux barbaries qu’il annonce, Éléonore et Marius vont reprendre autrement le fil de leur existence ébranlée. En l’absence de Monsieur J.

16 h

Vinci, des profits en béton ! Rencontre avec Nicolas de la Casinière, journaliste et illustrateur, auteur de Les prédateurs du béton, enquête sur la multinationale Vinci, Ed. Libertalia.

Créé en 2000, Vinci est vite devenu un champion du CAC 40 et l’un des leaders mondiaux du BTP. Autoroutes, parkings, aéroports (dont celui de Notre-Dame-des-Landes), voies ferrées, industrie nucléaire et réseaux d’eaux constituent les marchés de Vinci pour la phase construction et pour l’exploitation. Pour les partenariats public-privé et les grands chantiers, Vinci a constitué avec quelques autres majors une oligarchie très restreinte, surpuissante, imposant son ordre au monde économique et aux collectivités. Vinci incarne le capitalisme moderne avec un discours de façade écolo, une rhétorique bien rodée sur l’humain au cœur de l’entreprise, des œuvres de bienfaisance bien orchestrées. Ce qui n’empêche pas des pratiques de prédateur en profitant des opportunités ouvertes par la crise financière et économique, l’exploitation de la précarité des salariés, les proximités avec le pouvoir et quelques ennuis devant les tribunaux.

18h 1934

– 2014 : la tentation de l'extrême ?

Avec Philippe Corcuff, auteur de Les années 30 reviennent et la gauche est dans le brouillard, Ed. Textuel. Philippe Corcuff est sociologue. Son dernier ouvrage est un appel à la vigilance pour résister aux tendances les plus régressives de notre temps.

~~Depuis un siècle et demi, de ses prémices en 1840 aux années 2000, le mouvement libertaire nourrit l’imaginaire collectif et tient un rôle à part au sein du mouvement social. Ses différents courants témoignent de sa diversité et l’on a vu se réclamer de l’anarchisme aussi bien des « propagandistes par le fait » que des théoriciens, des artistes ou des ouvriers, autant de militants d’origines diverses et aux parcours singuliers. Ces vies intenses, parfois tragiques – « joyeuses », disait Léo Ferré – composent l'ouvrage qui présente 500 biographies et donne accès à 3200 autres parcours par un accès en ligne. Les auteurs ont profondément renouvelé la connaissance grâce à des archives nouvelles et aux avancées de l’historiographie, en développant les notices, en proposant de nombreuses biographies inédites, ainsi qu’en enrichissant cet ouvrage d’une iconographie rare.

14 h

Y’a bio et bio ! Rencontre avec Philippe Baqué (journaliste indépendant) et Patrick Herman (paysan-journaliste) co-auteurs de La Bio entre business et projet de société, ouvrage collectif, Ed. Agone.

~~La grande distribution propose des produits bio importés de l’autre bout du monde, à l’empreinte écologique catastrophique, cultivés par des ouvriers sous-payés et revendus entre cinq et dix fois leurs prix d’achat. Pendant ce temps, des paysans vendent leurs produits bio, avec une réflexion sur un prix juste, sur des marchés de plein vent ou au sein d’Amap. Plutôt qu’une démarche indissociablement écologique, sociale et politique, peut-on réduire la bio à une distribution d’aliments sans pesticides pour consommateurs inquiets de leur santé ? La bio peut-elle se mettre au service du “bien-être” d’une partie de la population sans ébranler les fondements de la société de consommation ?

16 h

Après la prison... rencontre avec un ancien prisonnier Avec Jean-Marc Rouillan, incarcéré de 1987 à 2011 pour ses activités au sein du groupe Action Directe. Auteur de nombreux ouvrages, il nous présentera son dernier livre Le rat empoisonné, Ed. Al Dante.

~~Avec Le rat empoisonné, Jean-Marc Rouillan clôt sa trilogie sur sa mise en liberté, et continue d’explorer ce monde dont il fut mis à l’écart pendant plus de 25 ans. Tout en composant avec les règles imposées par les juges, il tente de se construire une vie en dehors des murs de la prison. Cet ouvrage n’est pas seulement porteur d’une analyse radicale de notre société, qui voit le gouffre se creuser entre classes dominantes et populations opprimées et exploitées. C’est également le témoignage, rarement porté, de la difficulté pour un ex taulard de reprendre le cours normal de sa vie. Et c’est ainsi que l’auteur raconte ses relations kafkaïennes avec les diverses structures administratives, juridiques, économiques…

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Demain

9 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Anti-fascisme

Demain
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Resto trottoir

7 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Info (s)

Le RESTO TROTTOIR vous invite à participer à un café-trottoir place Pasteur

ce SAMEDI 8 NOVEMBRE à partir de 15h.

Le "pestacle" annoncé sur l'affiche n'aura pas lieu et sera remplacé par une diffusion de tracts et d'informations sur les actions militaires menées par la France.

Les libertaires (CNT, FA et anarchistes) invitent à se mobiliser CONTRE TOUTES LES GUERRES ce MARDI 11 NOVEMBRE 2014 à 11h00 devant le 11 rue Battant à Besançon.

Le RESTO TROTTOIR, qui est un collectif FOOD NOT BOMBS, dénonçant l'importance des budgets de l'Armée au détriment du social, s'associe à cette manifestation et vous donne rendez-vous au lieu de rassemblement.

à bientôt, Les Trottant.e.s

Pour nous écrire : mail : resto-trottoir@herbesfolles.org

Pour voir ce qu'on fait et pourquoi : blog : http://restotrottoir.blogspot.fr

Le mouvement Food Not Bombs international (issu des Diggers et autres) : en anglais : www.foodnotbombs.net

en français : www.foodnotbombs.net/fr-index.htm

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Rassemblement du 11 novembre

5 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #groupe Proudhon - FA

Rassemblement du 11 novembre
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La mort de Rémi Fraisse est un crime d’État

4 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Communiqués

La mort de Rémi Fraisse est un crime d’État

Le 25 octobre, Rémi Fraisse mourait lors d'une manifestation d'opposition à un projet de barrage à Sivens, dans le Tarn. Il a succombé à l'explosion d'une grenade offensive lancée par la gendarmerie.

La Fédération anarchiste dénonce ici un assassinat. Les forces répressives de l’État et du Capital portent la responsabilité de la mort du jeune homme.

Dans ce sens, nous dénonçons les interventions politiques honteuses concernant cet événement. Le retournement effectué nie à Rémi Fraisse le statut de victime d'un crime policier en le posant coupable d'avoir participé à une manifestation jugée violente.

De plus, nous exprimons notre inquiétude vis à vis de cette situation inédite où le ministre de l'Intérieur assume cet assassinat, soutenu en cela par nombre de parlementaires. La prochaine victime des forces de l'ordre lors d'une manifestation, une grève, une expulsion, un contrôle d'identité,... sera-t-elle considérée comme responsable de sa propre mort pour sa potentielle participation à un acte illégal ?

A propos des mobilisations légitimes qui ont suivi l'événement, nous condamnons les provocations et intimidations étatiques, via le déploiement policier digne d'un état totalitaire, et la campagne mensongère menée dans les médias .

Contre l'impunité de la police

Contre les projets inutiles

Nous n'abandonnerons pas le combat

Fédération anarchiste,

le 04/11/14

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Communiqué de Mario González

4 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Communiqué de Mario González à propos de sa libération

Aux peuples du monde

Aux médias libres

À tous et à toutes les dépossédé-es et privé-es de liberté

Hier dans la nuit j’ai été libéré grâce à la toujours respectable et appréciable solidarité qui a fait trembler le despotisme et qui a aidé à ce que peu à peu la liberté trouve sa place bien qu’il nous manque encore de la déguster dans une totale plénitude, mais cela dépend de la construction du bien-être dans notre présent et de la lutte conjointe du peuple pour cette liberté à laquelle nous aspirons tant.

L’engagement, l’implication, la solidarité, le goût de ne pas respirer des airs contaminés par la misère et par l’oppression, mais des airs pleins d’amour, de respect, d’harmonie et de bien-être sont la force qui en finira avec l’exploitation de l’humanité par l’humanité, la force qui nous libérera tous et toutes de tous les types de chaînes et de grilles qui freinent notre bonheur.

Liberté pour tous et à toutes les séquestré-es par l’État !

Liberté pour Carlos, Amelie, Fallon, Fernando, Abraham et pour tous et toutes les prisonnièr-es anarchistes du monde !

Liberté pour Alvaro Sebastian Ramirez et pour les prisonniers du NOTAV !

Liberté pour tous ceux et toutes celles qui vivent enchaîné-es à cette misère brutale.

De nous tous dépend l’abolition de l’exploitation et la transformation vers l’anarchisme ici et maintenant.

Anarchie, santé et révolution sociale !

Mario

Voir la vidéo de Mario pendant sa libération la nuit du 31 octobre 2014, sur: http://liberonsles.wordpress.com/

_________ Traduit par les trois passants/correction-Myriam

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Rassemblement des 3 11

2 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Appels

Rassemblement antimilitariste

mardi 11 novembre à 11h00 au 11, rue Battant

Rassemblement des 3 11
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Mario est libre

2 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Camarades,

Cette courte information pour vous dire que Nuria, la petite amie de Mario*, nous a indiqué que Mario a gagné son recours et que sa famille et ses amis l'attendent avec impatience.

Nous pensons que tous les efforts grands et petits permettent que ce genre des choses arrivent... aujourd'hui Mario est libre !!! et la lutte continue !

Nous attendons une déclaration de sa part avant de la diffuser,

Nous avons envoyé à Mario toutes les signatures recueillies pour sa libération, et nous remercions tous ceux et toutes celles qui ont signé et sympathisé avec lui.

La lutte continue !

A bas les murs des prisons !!

Nous ne sommes pas tous libres, les prisonniers nous manquent !

Poursuivons le combat !!!

Les passants de Trois

* voir l'article:MEXICO: Solidarité avec les prisonnier-e-s anarchistes du 26 Janvier 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA

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Retour sur la manifestation du samedi 1er novembre à Nantes

2 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Retour sur la manifestation du samedi 1er novembre à Nantes

Malgré le matraquage médiatique et policier ahurissant pour tenter de nous dissuader de descendre dans la rue, nous étions plus d'un millier au départ de la préfecture. La manif rassemble des gens de tous horizons.

On discute, des tracts circulent de main en main, des naturalistes en lutte posent une banderole sur le monument aux mort. Non ce n'était pas une manifestation de « zadistes », ni un rassemblement anti-aéroport, ni même un simple hommage à Rémi Fraisse, c'était une réaction populaire à un assassinat policier et l'affirmation d'une volonté commune de désarmer les forces de l'ordre.

Évidemment la presse accusera les « casseurs », des « groupes venus de l'extérieur », mais samedi dans les rues de Nantes, comme ailleurs dans nos luttes, nous faisons bloc. Il n'y a pas de « groupes radicaux » qui « s'infiltrent » dans les luttes. Il y a diverses présences unies dans une commune détermination.

Les manifestant.e.s ont tout fait pour rester ensemble jusqu'au bout malgré les volontés des forces de l'ordre de diviser le cortège et de disperser. D'abord dans la rue de Strasbourg par le tir de grenades offensives au milieu de la foule. Ensuite sur le cour des 50 otages avec de nombreux tirs de grenades lacrymogènes, flashballs, et grenades offensives.

Le dispositif policier disproportionné qui nous est opposé ne dissuadera pas de descendre dans la rue. Sans surprise, il y a encore de nombreux.ses blessé.e.s parmi les manifestant.e.s, notamment par un tir de flashball en pleine face.

Un mort au Testet, un œil dans les quartiers nord de Blois, un nez à Nantes, grosse semaine pour la police nationale... Jusqu'où ira cette politique de mutilation systématique ?

On constate qu'aujourd'hui, au nom du maintien de l'ordre, c'est devenu la routine de revenir de toutes les manifs avec des éclats de grenades offensives dans la chair, des personnes éborgnées, mutilées par des tirs de flashball.

Manuel Valls a beau jeu de nous accuser de salir la mémoire de Rémi, il n'empêche que c'est lui et son ministre de l'intérieur qui sont les commanditaires de son assassinat. C'est ce gouvernement qui arme et dirige la police.

Nous ne voulons pas être réduit.e.s à des manifestations virtuelles sur twitter, comme nous le propose courageusement EELV, ne nous laissons pas pacifier.

Même si les organisations de gauche, associations et syndicats restent muets et désertent la rue face à un tel événement, il y a tout de même eu 90 rassemblements dans une soixantaine de villes et il est toujours possible de s'organiser, dans les lycées, dans les facs, dans les quartiers, partout.

Chacun-e à notre manière, par de multiples initiatives.

Reprenons la rue pour que la peur change de camps.

Des occupant.es de la Zad

On note que, non seulement ils répriment mais en plus ils interdisent de manifester, dimanche 2 à Paris suite à la mort de Rémi et ce samedi 1er, la marche mondiale contre Daesh, en soutien au peuple kurde a dû être annulée.

Solidarité avec toutes les populations opprimées.

On note aussi le vol minable par les forces de l'ordre d'une bonne partie du matériel médicale avant le début du rassemblement.

-- Zone à défendre - http://zad.nadir.org/

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« la police assassine »

1 Novembre 2014 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Mathieu Rigouste, militant, chercheur en sciences sociales, travaille à disloquer les mécanismes de domination. Dans La Domination policière (2013), il avance que « la violence policière est rationnellement produite et régulée par l’Etat ». Selon lui, les zadistes du Testet sont face à une « contre-insurrection policière », qui peut dériver en « guerre de basse intensité ». Il distille une lecture iconoclaste des événements qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse.

Place du Capitole, lors du premier hommage à Rémi Fraisse, on lisait « la police assassine » sur une banderole. Comment caractérisez-vous la mort de Rémi Fraisse ?

Cette banderole disait « Zied et Bouna (27 oct 2005), Timothée Lake (17 oct 2014), Rémi Fraisse (26 oct 2014), RIP, La police assassine, Ni oubli ni pardon !». Parce que ce 27 octobre, c’était l’anniversaire de la mort de Zied et Bouna à Clichy-sous-Bois en fuyant la police, qui déclencha la grande révolte des quartiers populaires de 2005. Parce qu’une semaine avant le meurtre de Rémi, le 17 octobre, c’est Thimothée Lake qui a été tué par la BAC à St-Cyprien (Toulouse), dans une supérette et dans l’indifférence quasi-générale. C’était exactement 53 ans après le massacre policier du 17 octobre 1961, durant lequel la police parisienne tua plusieurs dizaines d’Algériens en lutte pour la libération de leur peuple.

La propagande de l’Etat et des médias dominants produisent une histoire « nationale » et officielle qui permet de légitimer le fonctionnement de cette violence industrielle.

Dans le cas de Rémi, La Dépêche du midi a ouvert le bal des mythomanes en publiant cette histoire de corps retrouvé dans la forêt, laissant planer l’idée que la police n’avait rien à voir là-dedans, voire même qu’elle l’avait recueilli. Mais nous pouvons démontrer collectivement, par la contre-enquête populaire et des contre-médias auto-organisés que la police assassine régulièrement, que sa violence est systémique, systématique et portée par des structures politiques, économiques et sociales. La police distribue la férocité des classes dominantes.

La mort de Rémi constitue-t-elle un événement isolé, ou trahit-elle une logique plus générale de la violence policière ?

Il faut replacer le meurtre de Rémi dans une histoire longue où la police apparaît très clairement pour ce qu’elle est : un appareil d’Etat chargé de maintenir l’ordre économique, politique et social (capitaliste, raciste et patriarcal) par l’usage de la violence.

La police sait reconnaître ses maîtres, et distribue différents degrés et formes de violence selon la classe, la race et le genre des personnes qu’elle contrôle. Elle a ainsi toujours brutalisé, mutilé et tué certaines parties de la « population » de la ville capitaliste (misérables, marginaux, prostituées…). Elle entretient, dans toutes les puissances impérialistes, un rapport particulier avec les quartiers et les classes populaires les plus pauvres, avec les parties du prolétariat les plus ségréguées et les plus exploitées, généralement issues de l’immigration et de la colonisation. Elle est chargée de dominer, bannir et soumettre les couches sociales qui auraient le plus intérêt à se débarrasser de ce système parce qu’elles en bénéficient le moins.

La police tue ainsi entre 10 et 15 habitants des quartiers populaires par an en moyenne. Avec la prison et le système de harcèlement et d’occupation policière de la rue, il s’agit d’une véritable entreprise de « nettoyage social » et d’écrasement de toutes formes d’autonomie populaire.

Parallèlement, depuis le début du XXe siècle, la gestion policière des « mouvements sociaux » avait tendance à réduire au maximum les risques de tuer les strates supérieures des classes populaires, les aristocraties ouvrières, les classes moyennes et les petites-bourgeoisies précarisées et radicalisées.

Le meurtre policier de « militants » reste jusqu’aujourd’hui exceptionnel face à l’industrie des meurtres policiers des non-blancs pauvres. Mais les figures de Carlos Giuliani tué par la police à Gênes en 2001 et d’Alexis Grigoropoulos, tué à Athènes en 2008, montrent que l’assassinat policier de « militants » tend à se développer à mesure que la restructuration néolibérale et sécuritaire du capitalisme opère. Comme tous les crimes policiers dans les quartiers, le meurtre de Rémi n’est pas une « bavure », pas un dysfonctionnement, mais bien le produit de mécaniques instituées, de formations rationnelles, de tactiques et de stratégies légitimées et justifiées du haut de l’appareil d’Etat jusque dans les gestes des exécutants policiers, c’est un meurtre d’Etat, prémédité par la mise en oeuvre des structures qui l’ont rendu possible, un assassinat.

Au Testet, CRS et gendarmes sont quasi-omniprésents. Comment comprenez-vous le rôle de la police sur le site du barrage de Sivens ?

La police applique des tactiques et des stratégies établies à l’intersection des pouvoirs politiques, économiques et sociaux. Tant que les industriels et les gouvernants qui investissent dans ce projet de barrage considèrent que « ça vaut le coût » de continuer, malgré la diversification et la montée en puissance des résistances collectives, la police augmente l’intensité répressive.

Face aux ZAD et à leurs formes de reterritorialisations des luttes urbaines et rurales,, les polices occidentales expérimentent aussi de nouveaux dispositifs de contre-insurrection hybrides et modulables, c’est-à-dire où la dimension militaro-policière du quadrillage, de l’enfermement et de la provocation est centrée sur un théâtre d’opération rural et forestier mais est aussi capable de passer rapidement voire simultanément en mode « Azur » (action en zone urbaine). Capable de passer instantanément du « maintien de l’ordre » au « contrôle des foules », de la répression policière à la guerre de basse intensité.

C’est l’occasion d’expérimenter ces dispositifs mais aussi de les mettre « en valeur » médiatiquement, c’est-à-dire de faire d’une expérience de répression, la vitrine d’une « excellence » du « savoir-faire français » en direction du marché international de la sécurité et du maintien de l’ordre. L’hybridité des doctrines, des matériels et des personnels constitue une valeur ajoutée très forte sur le marché de la défense et de la sécurité.

La contre-insurrection repose aussi sur des méthodes d’action psychologique, parmi lesquelles des protocoles visant à diviser les résistances en désignant des « ennemis intérieurs » dont il faudrait se méfier voire purger. En l’occurrence, la figure des « casseurs » et des « violents » (« le braqueur furieux » dans le cas de Timothée Lake) permet de diaboliser les actions directes non conventionnelles, de masquer la violence structurelle du pouvoir et de promouvoir face à cela des mobilisations inoffensives et facilement gérables. Les doctrines de contre-insurrection appellent ce mécanisme « schismo-genèse » : développer un schisme, une séparation dans la « population » résistante. Cette forme d’« action psychologique » rénovée repose sur l’existence de caisses de résonance pour cette propagande dans les médias dominants et parmi les appareils politiques et syndicaux supplétifs.

Au Testet comme dans les quartiers populaires, la police est chargée de soumettre tout ce qui résiste à l’expansion du système impérialiste. Elle doit balayer tout ce qui gène le mouvement de conquêtes ainsi que les programmes de déplacements et de dépossession des territoires et de leurs habitants, que le capitalisme met en oeuvre pour se restructurer.

« la police assassine »
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