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Lettre au maire

15 Juillet 2013 , Rédigé par groupe Proudhon FA

Espoir et Fraternité Tzigane de Franche-Comté 4, rue Dampierre 39700 Fraisans 06.86.57.92.67
Collectif A la Rue collectifalarue@orange.fr


Lettre ouverte au Maire de Besançon
Monsieur le Maire,
Depuis début juin au moins, plusieurs familles Rroms, dont des mineurs, sont obligées de vivre dans la rue à Besançon. En effet, chaque jour, depuis plus d’un mois, c’est la même réponse du 115 pour ces familles : « Il n’y a aucune place d’hébergement d’urgence dans tout le département du Doubs ». Le 11 juillet, alors qu’un rassemblement avait été organisé pour dénoncer cette situation, rassemblement soutenu par plusieurs organisations associatives (Espoir et Fraternité Tsigane de Franche-Comté, Collectif A la rue, Attac), politiques (les Alternatifs, Initiative Communiste- Ouvrière) et syndicales (UL CGT de Besançon, SUD Santé-Social), lors d’un nouvel appel au 115, il a d’abord été demandé les noms des personnes ayant besoin d’un hébergement. Et ce n’est qu’une fois les noms, à consonance rrom, donnés, que la réponse a été « il n’y a pas de place pour eux ». Aussi, nous pouvons nous demander si en plus des logiques d’austérité qui touchent les services sociaux, ces familles ne sont pas aussi victimes de discriminations à cause de leur origine ethnique.
Même absence de réponse aussi de la part des services sociaux de la municipalité de Besançon (Service d'Accueil et d'Accompagnement Social du CCAS) : en effet, aucune aide n’est proposée à ces familles, pas même une couverture pour se protéger contre le froid, pas même des tickets d’un montant de 1 euros pour prendre un repas quotidien aux Fourneaux Economiques !
Et si la moindre aide est refusée à ces familles, nous avons appris que le 11 juillet, une famille s’est vue confisquer sa toile de tente sous laquelle elle s’abritait ainsi que tous leurs effets personnels (vêtements, couvertures…). Selon nos informations, c’est la police municipale qui a fait saisir ces affaires, affaires qui auraient fini à la déchetterie. Ainsi, non seulement on ne propose aucune solution d’hébergement à ces familles, non seulement elles ne bénéficient d’aucune aide sociale, mais on leur a retiré le peu qu’elles avaient !
Nous dénonçons tant les logiques d’austérité qui font qu’en France, un des pays les plus riches du monde, un pays où encore très récemment on apprenait que les 500 plus grosses fortunes se sont enrichies de 25% en un an, plus de 140.000 personnes dont 30.000 enfants vivent à la rue, que les discriminations que subissent en plus les Rroms ou d’autres migrants coupables de n’avoir pas « la bonne carte d’identité ».
Nous sommes d’autant plus scandalisés lorsque la seule réponse de la mairie est de confisquer et de détruire le peu d’affaires d’une de ces familles.
Aussi, Monsieur le Maire, nous sollicitons d’urgence une entrevue avec vous afin de voir quelles sont les réponses que la Municipalité de Besançon compte offrir à ces familles bisontines qui vivent dans la rue et comment la ville pense réparer le préjudice subi par la confiscation et la destruction des effets personnels d’une de ces familles. En effet, tout être humain doit avoir un minimum décent pour vivre ! Un hébergement et de quoi manger c’est bien le minimum ! Personne ne saurait en être privé quelque soit sa nationalité ou son ethnie !
Veuillez agréer, Monsieur le Maire, l’expression de nos sincères salutations.

Besançon le 15 juillet 2013

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