Répression

Vendredi 16 octobre 2009

"Indect" relègue Orwell dans la Bibliothèque Rose

Surveill@nce / samedi 10 octobre par Woodward et Newton

 

Le programme européen Indect vise à développer un système de surveillance des informations d’Internet. But avoué : détecter automatiquement les menaces, les comportements anormaux ou la violence.

Pas un jour ne passe sans que l’on apprenne l’existence, ici ou là, de projets bureaucratiques visant à contrôler Internet, cet espace de liberté qui provoque des poussées de fièvre aphteuse chez tous les tyrans et autres aspirants dictateurs de la planète.

La démarche, somme toute assez logique de la part des démocrates éclairés régnant par exemple en Birmanie, en Corée du Nord, en Chine, en Iran ou en Tchétchénie, est plus surprenante de la part des dirigeants australiens ; quoique. On oublie un peu vite que les prix Nobel de lancer de boomerang participent activement à un super Big Brother dinspiration yankee, ayant pour objectif dintercepter les communications téléphoniques mondiales, publiques et privées : le célèbre réseau « Echelon ». Outre les Australiens, participent à ce club très fermé de « grandes oreilles » le Canada, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande.

© Oliv’

En Europe, creuset de la démocratie, pour ne pas dire de la civilisation que lhumanité nous envie, nos dirigeants ne caressent pas de si noirs desseins ; contrôler Internet ? Allons donc ! Et pourquoi pas des caméras de surveillance à chaque coin de rue pendant que vous y êtes ? Ou bien laccès à votre dossier médical par votre employeur en cas darrêt de travail consécutif à une petite grippe H1N1 ? Non mais franchement. D’ailleurs Echelon na pas empêché la tragédie du 11 septembre, alors ?

Alors, au nom de la sacro-sainte sécurité, le plus porteur des thèmes électoraux de lère moderne, nos dirigeants européens nont pas tardé à trouver une bien meilleure recette qui laisse craindre hélas, que la «Police de la Pensée » Orwellienne ne soit plus très loin.

Détection automatique des menaces

Cette meilleure recette a pour nom « Indect » ; daprès ses concepteurs, il sagit « d’un système intelligent dinformation permettant lobservation, la recherche et la détection en vue dassurer la sécurité des citoyens dans un environnement urbain ». Froid dans le dos rien quà lire létiquette sur lemballage.

 

« Indect » [1] a été lancé très confidentiellement le 1er janvier 2009 grâce au soutien financier de la Commission européenne qui a déjà investi plus de 10 millions deuros dans laffaire prévue pour sétaler sur 5 ans : le délai nécessaire au consortium « Indect » pour réaliser le développement de programmes informatiques de surveillance, de collecte et danalyse automatique des informations du Web. Rien de moins. Le but ultime de lentreprise tient en peu de mots : « la détection automatique des menaces, des comportements anormaux ou de la violence ».

Le préambule du cahier des charges ne laisse planer aucun doute sur les raisons qui ont motivé ce projet européen :

"La sécurité devient le maillon faible des infrastructures énergétiques et de communication, des centres commerciaux, des centres de conférence, des aéroports et plus généralement des sites fréquentés par un grand nombre de personnes."

"En pratique, tout lieu public est vulnérable et les risques qu’il supporte doivent être contrôlés et réduits autant que possible. Un contrôle daccès et une réponse rapide à toute menace potentielle sont des propriétés que tout système de sécurité de tels sites doit absolument posséder."

"Le projet Indect est destiné à développer de nouveaux outils et de nouvelles techniques qui permettront à leurs utilisateurs finaux daméliorer leurs capacités de détection et de prévention des actes criminels, améliorant ainsi la sécurité des citoyens européens ».

Surveiller les échanges

Le « club Indect » comprend d’ailleurs du très beau linge en matière de prévention des méga-menaces : la police dIrlande du Nord, le quartier général de la police polonaise, les universités et pôles universitaires de technologie les plus pointus en intelligence artificielle, tels ceux de Grenoble, Madrid, Vienne, Wuppertal et York, auxquels se sont joints des représentants de régimes récemment convertis aux principes démocratiques comme ceux de Gdansk, Kosice, Ostrava et Poznan. Cest vrai que les anciens fichiers de la Stasi restent très « vintage » dans les ex-républiques soviétiques.

Le but avoué des développeurs dIndect, est de surveiller de très près les sites Web, les serveurs de fichiers, les forums de discussion, les réseaux sociaux et de peer to peer et même les ordinateurs individuels ! Si la moisson savère bonne, les informations collectées seront traitées par des programmes capables de comprendre et d’enregistrer les relations entre les individus et les organisations diverses auxquelles ils semblent rattachés sur le Web. Le bonus, c’est la constitution automatique de dossiers sur les individus et les organisations avec lesquelles ils communiquent sur le Web, la nouvelle arme de destruction massive.

Minority Report

Cest la CNIL qui va être contente ! On ne saurait trop suggérer à ses dirigeants douvrir sans tarder des cellules de recrutement directement intégrées aux Pôles Emploi ; ça ira plus vite pour recruter les « traqueurs de fichiers sauvages » constitués « automatiquement » par les exploitants de Indect. Tout ça dans le but déclaré de déjouer les actions criminelles avant quelles ne surviennent.

Et dire que le téléchargement sauvage de musique par des gamins boutonneux a failli déclencher une guerre civile dans ce pays ! Pendant ce temps là, sans faire de vagues, « Super-Méga-Big Brother » tisse sournoisement sa toile sur la Toile dans lindifférence générale et le silence assourdissant des prétendues élites et de tous les contribuables européens qui casquent sans broncher pour la fabrication du garrot qui va les étouffer.

Si lon considère quune arme aussi létale quune possible privatisation de la Poste justifie un référendum national, est-ce quun projet potentiellement aussi liberticide et attentatoire à la sphère privée quIndect ne mériterait pas une vaste consultation européenne ?

[1] (Intelligent Information System Supporting Observation, Searching and Detection for Security of Citizens in Urban Environment)

Voir en ligne : Le projet Indect (en anglais)

 

Par groupe Proudhon FA
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Samedi 8 août 2009

Extrait du Canard enchaîné:

"Près d'un million de personnes (fixe ou portable) ont vu leurs
conversations enregistrées par la police en 2008.
Parmi les écoutés figurent nombre d'avocats qui ont commis l'imprudence
d'avoir une conversation téléphonique avec leurs clients.
La loi interdit pourtant de retranscrire les télécommunications dès
qu'elles relèvent de l'exercice des droits de la défense.
Mais les policiers et les juges ont adopté une lecture très élastique de
ce texte : ils estiment que les droits de la défense n'existent pas
aussi longtemps qu'un suspect n'est pas mis en examen ou en garde à vue.
Du coup, certains magistrats font traîner en longueur les enquêtes pour
pouvoir écouter plus tranquillement."

Par groupe Proudhon FA
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Jeudi 6 août 2009


Legal Team Strasbourg

Communiqué de presse du 5.8.2009

Contre sommet de l'OTAN 2009 : Report d'un procès à l'encontre d'un opposant au sommet de l'OTAN, libération provisoire après 4 mois de détention.

Ce matin, le 5 août 2009, un jeune allemand de 25 ans, étudiant en biomathématique, est passé devant la cours d’appel de Colmar. Il était venu manifester pacifiquement à Strasbourg le 2 avril 2009 lors du contre sommet de l’Otan. Le motif de son inculpation : jet de pierre sur agent de police. Contrairement au procès en appel du 29 juillet qui avait donné lieu à une relaxe, aujourd’hui dans un climat beaucoup plus tendu, le juge a demandé un complément d’enquête sur le témoignage des policiers. Dans son réquisitoire le procureur a tenté de faire croire à l’existence du black bloc, dont le jeune homme ferait parti. Le procureur a cherché à le criminaliser à outrance en énumérant :

 l’histoire des blacks blocs débutant avant la naissance de l’accusé, ainsi que les dégâts causés lors de la manifestation du samedi 4 avril durant laquelle le jeune homme était entre les mains de la police. Il s’est appuyé sur des sources « sérieuses» : wikipédia et le Figaro. Pour le procureur, le bloc noir serait une organisation militaire, qui viendrait « comme des fourmis » provoquer à elle seule la fin du capitalisme, « le numéro de téléphone de la Legal Team écrit sur le bras ». Dans ce procès ubuesque les preuves sont inexistantes. Le témoignage du policier qui l’accuse ne fait mention ni de dégâts sur le véhicule, ni de blessures sur agent de police. La seule « arme » en sa possession : du sparadrap. Dans ces conditions, que dire des policiers filmés jetant des pierres sur les manifestants ? Comble de l’incongruité, le procureur a tenté de le faire passer pour un anti sémite, alors que c’est un anti-raciste convaincu. Le juge n’a pas vu la nécessité de le maintenir en détention jusqu’au procès reporté au 19 octobre, cela montre le côté expéditif de la comparution immédiate qui condamne à de lourdes peines sans preuve tangible. Par ce système, le jeune homme a servi de lampiste à la justice, subissant  pendant quatre mois les pénibles conditions de vie des prisonniers français.  Celles-ci sont dénoncées  par une récente pétition des détenus de la maison d’arrêt de Strasbourg déposée auprès du parlement européen.

Pour plus d'informations contactez legalteam-strasbourg@effraie.org  

Par groupe Proudhon FA
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Mardi 4 août 2009

Outrage à agent : peut-on encore parler aux policiers ?


 

Publié le dimanche 2 août 2009 à 16H17  La Provence

 

Les procédures se multiplient devant les tribunaux

 

Les plaintes de fonctionnaires s'estimant outragés sur la voie publique ne cessent d'augmenter...

Photo Guillaume Ruoppolo

Il fait chaud en été sous les uniformes. Mais cela ne fait que renforcer le zèle de certains policiers. Voyez le gros coup réussi la semaine dernière par des fonctionnaires du commissariat de Plan-de-Cuques, qui ont mis la main sur une dangereuse délinquante.

Prise en chasse dans son véhicule, conduite au poste, maintenue sur le banc des gardés à vue, puis longuement auditionnée, cette automobiliste a écopé d'une convocation devant le parquet. Son crime ? Stationnée en double file pour récupérer sa mère malade, la forcenée a gravement "outragé" la policière qui lui ordonnait de circuler."Vous n'avez que ça à faire?" a-t-elle osé demander à la dépositaire de l'autorité publique. Au passage la mère elle-aussi a été embarquée et retenue au poste, malgré son état de faiblesse, sans aucun motif légal.

L'affaire aura mobilisé quatre fonctionnaires... Mais la morale de l'histoire, c'est que désormais, avant d'adresser la parole à un policier, mieux vaut consulter le guide des bonnes manières. La très médiatique affaire du "Sarkozy je te vois", qui a conduit un Marseillais devant les tribunaux, n'a fait que confirmer l'explosion des procédures pour outrage à agent: +50% ces dix dernières années (508 faits en 2008 à Marseille). Tendance condamnée par le syndicat de la magistrature, qui y voit un moyen pour la police de "faire du chiffre".

Un comité de citoyens (Codeco) s'est même créé pour réclamer la dépénalisation de ce délit passible de six mois d'emprisonnement et de 7500€ d'amende. L'outrage répond, il est vrai, aux menaces, injures, crachats qui se multiplient à l'encontre des forces de police. Mais où commence l'insulte ? Où finit la liberté d'expression ?

En cas d'abus de pouvoir, la parole d'un simple citoyen ne pèse pas lourd face à celle d'un agent assermenté. Du reste, seuls 0,50% des interpellés sont relaxés (ce fut le cas dans l'affaire "Sarkozy je te vois"). "Juridiquement, pour que le délit soit constitué, il suffit que le policier se sente outragé", explique un magistrat du parquet, qui a déjà reçu des plaintes d'agents particulièrement susceptibles, se disant victimes "d'un mauvais regard"…


Sophie Manelli



 A voir le site du CODECO  http://codedo.blogspot.com/

Par groupe Proudhon FA
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Vendredi 31 juillet 2009
Affaire Joachim Gatti
l'auteur du tir de Flash-Ball n'était pas en légitime défense
*************************************************************

L'enquête de l'Inspection générale de la police (IGS) sur les incidents
graves survenus le 8 juillet à Montreuil (Seine-Saint-Denis) au cours
desquels Joachim Gatti, 34 ans, a perdu un oeil après un tir de Flash-Ball,
est presque achevée. Le parquet de Bobigny a demandé, mercredi 29 juillet,
qu'on lui transmette le dossier en vue d'une éventuelle ouverture
d'information judiciaire. Selon nos informations, il apparaît que l'auteur
du tir, un policier de la brigade anticriminalité (BAC), ne se trouvait pas
en situation de légitime défense. L'IGS, la police des polices compétente
sur Paris et la petite couronne, avait été saisie après la plainte déposée
par M. Gatti.
Le 8 juillet, ce réalisateur participait à un rassemblement de soutien aux
occupants d'une clinique désaffectée expulsés le matin même, et gardés
aussitôt après leur évacuation par des policiers. Après l'incident dont a
été victime M. Gatti, la préfecture a reconnu l'existence de tirs de
Flash-Ball (arme qui utilise des balles de caoutchouc), tout en indiquant
que des projectiles avaient été tirés en premier sur les policiers. Selon
ces derniers, ils se trouvaient "une quinzaine face à 40 ou 50 individus".

L'IGS a entendu M. Gatti et les fonctionnaires de la BAC à plusieurs
reprises. Au fur et à mesure des auditions, des précisions ont ainsi été
apportées. Le fonctionnaire n'était pas directement menacé. Dans ces
conditions, les conséquences pour le policier de la BAC peuvent être
lourdes, du fait de la gravité des blessures infligées à M. Gatti. A tout le
moins, ce tir de Flash-Ball, hors des conditions d'usage, sera considéré
comme une riposte disproportionnée. Embarrassée par cette affaire, la
hiérarchie policière attend les dernières conclusions. "Le fonctionnaire en
question n'est pas une brutasse", indique, sous le couvert de l'anonymat, un
responsable policier.

A la demande des policiers du commissariat de Montreuil, inquiets pour leur
collègue, Jean-François Herdhuin, directeur départemental de la sécurité
publique (DDSP), s'est d'ailleurs rendu vendredi 24 juillet, à midi, dans
leurs locaux.

Pendant deux heures, le patron des policiers du département a dû faire face
à des fonctionnaires sur la défensive. Selon le témoignage d'un participant,
les policiers ont dit se sentir "en parfaite insécurité juridique" et évoqué
la perspective de ne plus travailler dans les quartiers difficiles.
La présence de membres de la BAC, qui ne sont pas des spécialistes du
maintien de l'ordre et qui, à la différence des CRS et des gendarmes
mobiles, sont dotés de Flash-Ball, est néanmoins sujette à questions. "Les
CRS n'étaient pas disponibles ce jour-là, on a pris les policiers qu'on
avait sous la main", plaide un responsable hiérarchique sous le couvert de
l'anonymat. Dans les faits, les policiers de la BAC, en civil avec un
brassard orange de la police sur le bras, travaillent surtout dans le cadre
des violences urbaines, où selon les statistiques de la direction
départementales de la sécurité publique, les Flash-Ball sont souvent
utilisés. Trois fois par jour en moyenne rien qu'en Seine-Saint-Denis.

Dans un article rédigé fin juin et publié dans "La Tribune du commissaire",
M. Herdhuin fait état d'accidents quotidiens et répétés et affirme avoir
fait effectuer des rappels à l'ordre sur "les conditions d'utilisation des
armes non létales". "Il m'était apparu, écrit-il avant les incidents de
Montreuil, que leur utilisation avait peut-être été abusive dans quelques
situations où des jeunes hostiles avaient été blessés sérieusement." Mais,
ajoute-t-il, "comment faire la part des choses dans ces situations où, la
nuit, des groupes de délinquants attaquent nos policiers même lorsqu'ils
verbalisent un véhicule ?"
Ce n'était pas le cas à Montreuil et les incidents du 8 juillet ont entraîné
une manifestation, le 13 juillet, de protestation contre les "violences
policières". Des échauffourées se sont alors produites avec de jeunes
autonomes. Les policiers ont essuyé des jets de projectiles, dont des
"boules de pétanque", ont-ils relevé. Mais aucun incident d'une gravité
comparable à la fois précédente n'a été signalé.

C'est au cours de cette journée que le journaliste stagiaire du "Monde" a
été interpellé et placé plus de huit heures en garde-à-vue bien qu'il ait
fait état à plusieurs reprises de sa qualité.

Isabelle Mandraud

Article paru dans l'immonde édition du 31.07.09
Par groupe Proudhon FA
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