Ne pas perdre sa vie à la gagner !

6 Octobre 2010 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Tract

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Retraites.

 

 

Ne pas perdre sa vie à la gagner !

 

Dans les entreprises, les quartiers, les universités :

Construire la grève générale contre la casse des retraites !

 

Alors que le monde du travail est traversé par des vagues de licenciements, de privatisations et de délocalisations, le gouvernement nous invite à nous « serrer la ceinture », notamment en remettant en cause nos retraites. Il est grand temps d’inverser la vapeur en engageant le combat contre le patronat et l’État, mais aussi contre l’Union européenne, le FMI et l’OMC : c’est-à-dire contre le

capitalisme et ses institutions.

 

Une attaque frontale contre les retraites par répartition

 

Tous les partis s’accordent pour dire que l’allongement de la durée de vie doit être suivi d’un allongement de la durée de cotisation aux retraites. L’espérance de vie en bonne santé n’est pourtant que de 63 ans pour les hommes et 65 ans pour les femmes. Ces partis politiques ne discutent que

de la forme que doit prendre cet allongement. Or, qu’on choisisse d’allonger la durée de cotisation ou de retarder l’âge du départ, les conséquences seront les mêmes. Beaucoup de salariés, en particulier les femmes, n’arrivent déjà pas à cotiser 40 ans et doivent partir tard ou avec une retraite incomplète. Ce système se généraliserait avec l’allongement de la durée de cotisation et à terme, seule une partie des salariés pourront compléter leur retraite avec des fonds de pension privés.

L’allongement de la durée de cotisation constitue donc bel et bien une remise en cause du système par répartition.

 

Relevons la tête

 

Pourtant, d’autres solutions sont possibles. La production de richesses s’est accrue bien davantage que le nombre d’habitants. Le vrai problème, qu’aucun politicard n’aborde réellement, c’est la répartition de ces richesses. On pourrait très bien réduire le temps de travail, réduire la durée de cotisation et augmenter les salaires et les retraites. Mais pour cela, il faut s’attaquer aux revenus du capital.

Le patronat et le gouvernement n’hésitent pas, eux, à s’attaquer aux revenus du travail. La lutte des classes n’a pas cessé, les exploiteurs le savent bien et s’y emploient. Alors qu’ils sont pleinement responsables de la crise, ils font le choix de la faire payer aux classes populaires. La situation est déjà très difficile pour les travailleuses et les travailleurs : les licenciements, les restructurations

multiples dans le public comme dans le privé, l’augmentation de la précarité causent une souffrance au travail de plus en plus grande. Pourtant, ça n’empêche pas patronat et gouvernement d’exiger que nous bossions plus longtemps pour eux. La situation est la même partout dans le monde. En Grèce, ils n’hésitent plus à diminuer les retraites et les salaires et à virer des fonctionnaires. C’est ce

qui nous attend si nous ne relevons pas la tête pour dire stop, pour faire cracher le capital, pour imposer une autre répartition des richesses et une autre organisation de la société.

 

Notre arme, c’est la grève

 

Partout dans le pays, des collectifs contre la réforme des retraites s’organisent, à l’image des collectifs contre la constitution européenne en 2005 ou des collectifs contre la privatisation de la Poste à l’automne dernier. Ces collectifs sont utiles pour mobiliser dans les quartiers et mener la bataille idéologique. Mais pour faire reculer le gouvernement, la construction d’une grève interprofessionnelle reconductible sera incontournable. C’est à nous de construire ce mouvement dans les entreprises, en regroupant dès maintenant les syndicalistes, les salariés prêts à se battre contre la réforme et en mettant largement en débat la question de la grève générale, entre organisations syndicales et avec tous les salariés.

 

Construire une riposte sociale unitaire à la base !

 

Nous devons aussi renouer avec les méthodes traditionnelles de lutte du mouvement ouvrier comme les occupations des lieux de travail, les blocages des centres économiques névralgiques, etc. La radicalité qui s’est exprimée dans certaines actions de salariés contre leurs licenciements (séquestration de patrons et de cadres, sabotage ou réquisition des outils de production) nous

montre la voie à suivre. Une victoire d’ampleur changerait complètement la donne après la série de défaites que nous avons encaissées ces dernières années. Si nous gagnons, cela montrerait que l’action collective a un sens, que la redistribution des richesses est possible, qu’il ne faut pas se résigner.

 

État et patronat main dans la main pour nous plumer, 2012 n’y changera rien!

 

Tant qu’il y aura le capitalisme, il y aura des crises et de la misère. Se tourner vers l’État pour réguler« la folie » capitaliste est illusoire. L’État est par nature basé sur la protection des intérêts du capital et sur la confiscation du pouvoir par une minorité. En ces temps de crise, l’État montre de façon criante sa collusion avec le capital : d’un côté envoi de la police et décisions de justice contre les salariés qui se battent pour sauver leur emploi et de l’autre cadeaux aux banques et aux patrons... Toute tentative de changement social égalitaire par l’accession aux commandes de l’État, par la voie électorale ou «révolutionnaire », a échoué. Déléguer le changement aux politiciens et politiciennes de gauche ou d’extrême gauche, serait donc une impasse. Espérer des élections de 2012, c’est préparer les désillusions de demain.

 

Changer de cap, rompre avec le capitalisme et l’État

 

Nous ne voulons pas nous figer dans des discours de sauvegarde du système actuel : il est temps de se demander quel projet de société nous défendons. Se battre pour le régime de retraites actuel revient quelque part à se battre pour le système salarial, et ça, c’est hors de question ! Le salariat repose sur l’exploitation et l’ordre hiérarchique : qu’il crève ! Les retraites actuelles maintiennent les inégalités de revenus et c’est insupportable car nous voulons vivre libres entre égaux.

 

Nous voulons :

 

- une économie socialisée et égalitaire gérée directement par les travailleurs, travailleuses et les usagers,

- mettre un terme au productivisme effréné, à la course à la croissance meurtrière et à la destruction des écosystèmes, en produisant moins et plus utile.

 

Nous sommes opposés :

 

- au capitalisme, à la mise en concurrence des individus en fonction de leur « mérite ». Que tout le monde ait de quoi se nourrir, se vêtir, se loger et se cultiver !

- à l’État. Nous voulons lui substituer la participation du plus grand nombre aux prises de décisions

qui les concernent. Cela avec des structures fonctionnant sur la démocratie directe, pour permettre la participation de toutes et tous, sur des mandats révocables pour empêcher que se reconstituent des privilèges et sur le fédéralisme pour construire des projets de grande ampleur. C’est à partir des mouvements sociaux, par le biais des assemblées générales et de leur

coordination fédéraliste, que peut se construire la gestion directe de la société, de la production et de la distribution des biens et des services sans système hiérarchique.

 

Le racket sur nos retraites, c’est le capitalisme et l’État.

                            Débarrassons-nous en !e chaque

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