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Répression

16 Novembre 2007 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Info (s)

Mardi 13 Novembre, vers 20 heures 30, suite à une 
manifestation dans l'après-midi,nous Mathilde Barthélemy
et Antoine Bureau avons été arrêtés par les policiers de
la Brigade anti-criminalité (BAC). Deux policiers
déguisés en civil, sans brassard ni autre signe
distinctif,nous ont appréhendés violemment dans la rue
alors que nous montions dans notre véhicule. Pendant 
qu'un des policiers me menottait, une autre notifiait à
Mathilde de ne pas bouger. J'ai tenté à ce moment de
signaler de vive-voix aux passants mon arrestationavant
d'être étranglé, aveuglé et insulté par le policier.
Pendant ces quelques secondes,Mathilde a souhaité elle
aussi signaler mon interpellation en disant:
« À l'arrestation! »

 

La policière a rétorqué: « Ta gueule salope! », elle l'a
giflée, étranglée puis ceinturée pour la menotter sur la
voiture de police. Des étudiants alertés sont arrivés
sur les lieux des interpellations en criant
« Police partout! Justice nulle part! »

 

               Sorti de la voiture tiré par mon écharpe, le policier m'a projeté contre le chambranle

 

de la porte d'entrée du commissariat en me disant:
« T'es con, c'est tout neuf! »

 

Ensuite j'ai traversé le couloir entre les policiers 
en tenue anti-émeute qui lançaient à leur collègue:
« Il n'est pas assez abîmé » Derrière leur casque ils 
lancent un « Libérez nos camarades » en rigolant et en
frappant sur leur bouclier avec leur matraque. Celui qui
me traîne dit aux autres que je pue. Un gradé en cravate
renchérit: « Qui pue à l'extérieur pue à l'intérieur. »

 

                Dehors, six cars de CRS stationnent.
Ils'maintiendront l'ordre'lors d'un rassemblement de 
solidarité quelques minutes plus tard.

 

               Moi, Mathilde, suis arrivée peu de temps
après Antoine au poste. Je suis sortie de la voiture et
me suis faite pousser en avant par la policière de la
BAC qui me disait: « T'avais qu'à pas l'ouvrir ». Les
policiers en tenue anti-émeute qui se tenaient devant
l'entrée du commissaria ont lancé à mon passage
« Reste mignonne ». Je suis ainsi entrée, remarquant au
passage Antoine qui était humilié verbalement dans la 
salle d'alcootest. La policière m'a entraînée jusqu'à

 

une cellule d'isolement pour me faire déshabiller et 
procéder à ma fouille. Une fois cela fait,elle m'a mise
en cellule de garde-à-vue.

 


 

Les conditions de garde-à-vue.

 


 

               La cellule fait environ 3 mètres sur 2.
Nous avons été respectivement trois au maximum dans 
cette surface de misère. Il n'y fait ni jour, ni nuit.
En permanence, un spot éclaire la cellule sous l'oeil 
d'une caméra. Les murs sont maculés de traces de sang,
de merde, de pisse et de vomi. L'odeur est à la limite
du soutenable. Quand il y en a, les couvertures qui 
puent couvrent à peine du froid et des courants d'air.
Le manque d'hygiène des toilettes est insupportable.
C'est un lieu d'humiliations et de violences concentrées
dans les cris, les coups de matraques et ceux qui
frappent contre les portes. Une jeune femme enceinte 
de 7 mois et demi restera dans ces conditions toute la
journée de mercredi à nos côtés.

 


 

               Après une audition dans la nuit, je suis
sortie au bout de 20 heures de garde-à-vue avec une 
convocation au tribunal correctionnel de Tours pour le 
9 Avril 2008 à 9 heure.

 

On m'inculpe de rébellion avec violences, alors que
c'est moi qui les ai subies.

 

               Quand à moi (Antoine), ma garde-à-vue à 
été prolongée à 20 heure le mercredi soir. Depuis 24
heures, je suis inculpé de violences volontaires sur un
officier de police lors de la manifestation de la veille. J'ai été auditionné à 4 reprises, dont 2 fois au cours de la nuit.

 

La prolongation a été totalement arbitraire et visait uniquement à continuer la répression

 

d'un militant politique. Les enquêteurs se sont acharnés
à me mettre en examen. Ils ont été jusqu'à faire appel

 

à la police scientifique pour scanner les semelles de
mes chaussures pour prouver qu'elles avaient

 

bien piétiné l'uniforme de la ''victime''. Sans résultat.. Je suis sorti le lendemain midi,

 

après 39 heures au trou, sans convocation devant la
justice. . Malgré tout, le procureur peut donner des 
suites judiciaires à tout moment. Je reste sous sa
menace, bien qu'en 39 heures il n'a pu déterminer aucune
charge.

 


 

                     Au cours de notre garde-à-vue,
la police a annoncé que Mathilde était libre.C'était
faux, et pourtant certains syndicats ont répandu la
fausse information. De la même manière,les journalistes
de La Nouvelle République ont annoncé notre libération
alors que l'un de nous restait encore en cellule.

 

Les journalistes sont la voix de la Police, 
nous dénonçons cette collusion!

 


 


 

Nous dénonçons la violence policière !
Nous dénonçons fermement ces conditions de détentions
indignes!

 

Nous exigeons l'arrêt des interpellations des militantes
et des militants politiques!
Nous dénonçons la criminalisation des mouvements sociaux
Face à la répression sociale,nous appelons à une riposte
politique.
Nous exigeons l'arrêt immédiat des poursuites contre
Mathilde! Nous appelons,dans le cas où la justice tienne
la barre, à un rassemblement de soutien à Mathilde le

 

9 Avril 2008 dès 8 heure 30 devant le Palais de Justice de Tours. En solidarité, nous appelons à signer la pétition en notre soutien.

 

               Quand manifester est devenu un délit, se révolter contre l'État policier est devenu

 

 un droit, et un devoir essentiel.

 


 


 


 

                                                                                                                     
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