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Francisco Ferrer y Gardia

10 Mars 2007 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #notre histoire

Paroles d’or :

"Qu’ils jugent que la guerre est la plus criminelle des aberrations des hommes, et le militarisme, la réunion de ses exécutants - tous deux soutiennent le privilège dominant la société actuelle – et qu’ils persévèrent à démontrer que la paix, fondée sur la justice sociale, est le meilleur bien auquel puisse aspirer l’humanité et la fraternité de la société future, sa meilleure récompense.

L’idée de dieu détruit la félicité des hommes.

Etre religieux s’est être ennemi de soi-même.

SANS DIEU L’HOMME EST HEUREUX. "

 

                                   Francisco Ferrer G.

 

LA GREVE GENERALE

Périodique libertaire 

 

De retour à Barcelone en 1901, avec l’argent hérité de Mlle Meunier, Francisco Ferrer se préparait à réaliser le rêve de toute sa vie : l’Ecole Moderne. Pourtant, conscient que sa révolution éducative ne pouvait se développer dans le vide et devrait s’appuyer sur de grands changements sociaux, il créa aussi un périodique d’orientation libertaire. Ainsi naquit à Barcelone, le 15 novembre 1901, La Huelga General, un périodique de 8 pages, soit 2 mois après la parution de premier Bulletin de l’Ecole Moderne. Francisco Ferrer écrivait dans les 2 publications : dans le Bulletin sous son nom propre et dans La Grève Générale sous le pseudonyme de Cero.

Ferrer confia la direction du journal à Ignacio Claria. Quelques mois plus tard, en février 1902, après une grève des travailleurs métallurgistes, de graves mutineries éclatèrent et furent comme toujours réprimées dans le sang. Parmi les blessés, on trouvait Claria qui, en mai 1903, fut arrêté et condamné.

Au mois de juillet de la même année, les autorités mirent les verrous au journal. 21 numéros avaient été publiés.

 

LA HUELGA GENERAL

Première année – Numéro 1

 La Propriété et les Anarchistes

Fous et Raisonnables

 

On sait que la majorité des gens ne sait des choses que ce que son journal veut lui faire savoir. Peu sont ceux qui poussent la réflexion sur ce qu’ils lisent et ceux qui ont pu se faire une idée de l’idéal anarchiste.

Pour le vulgaire, les acrates sont des assassins féroces payés par les jésuites ou par des profiteurs qui, pour improbable qu’ils arrivent au gouvernement, n’apporteraient rien de sûr et personne ne pourrait posséder le moindre objet puisqu’ils veulent la destruction de la propriété.

Il faut penser et il faudra le répéter souvent que dans une société raisonnable, c’est à dire anarchiste, chacun aura sa maison, ses meubles, ses vêtements, ses œuvres d’art, ses instruments de travail, bref, tout ce qui peut rendre la vie agréable.

Naturellement, nous ne passerons pas d’un régime de fous comme celui basé sur l’autorité et la propriété qui nous étouffe toujours plus à un système de solidarité et de vraie fraternité comme l’on change de décor au théâtre. Cela exigera toute la propagande, toute l’instruction et même toute l’exemplarité que nous, logiques, devrons donner aux illogiques, aux irréfléchis, aux irrationnels, aux gens fous qui composent l’immense majorité aujourd’hui.

Nous, anarchistes, voulons détruire la propriété telle qu’elle existe parce qu’elle est le produit de l’exploitation de l’homme par l’homme, du privilège octroyé par les gouvernements ou par le droit du plus fort.

Nous, acrates, ne voulons pas qu’il y ait des propriétaires de grandes étendues de terrain à côté de familles n’ayant pas d’endroit où reposer leur corps, ni d’héritiers de fortunes ni d’héritiers de misère.

Nous, libertaires, ne voulons pas qu’il suffise d’un titre ou d’un testament pour passer sa vie sans travailler.

Dans la société idéale anarchiste, l’éducation et l’instruction de l’enfance se feront de sorte que tous comprennent la nécessité du travail sans autres exceptions que les problèmes physiques. Et puisqu’il n’y aura pas le mauvais exemple actuel, que certains travaillent alors que d’autres se reposent, que ceux-ci mangent et que ceux-là baillent, tout le monde contribuera à la production de la richesse commune en fonction de ses forces et tous mangeront selon leur appétit. Il sera facile aux éducateurs d’inculquer aux enfants le goût et l’obligation du travail.

Etant des êtres raisonnables, à l’inverse de ce qui se passe aujourd’hui, ils trouveront sans trop se torturer l’esprit la manière d’être propriétaires de ce qui les entoure, sans que ce droit à la propriété puisse porter préjudice à qui que ce soit.

Précisément, la folie de ceux qui ne comprennent pas l’anarchie réside dans l’impossibilité qu’ils ont de concevoir une société  raisonnable.

                                                                                  Cero 

 

LA HUELGA GENERAL                                        Première année – Numéro 2

DIEU OU L’ETAT : NON

 

La grève générale : OUI

 

On ne trouvera pas une personne de bonne foi, pour peu qu’il y en ait, qui ne confesse pas que la religion catholique, protestante, mahométane ou bouddhiste, ait atteint le bonheur et le bien-être des hommes.

Aucune politique de quelque parti ne pourra assurer que son système de gouvernement garantisse la liberté absolue de parler et d’écrire ou assure le droit à la vie.

Ceux qui veulent la suprématie du clergé, tout comme ceux qui attendent tout d’un état plus ou moins laïque, tous soutiennent qu’il doit y avoir des pauvres et des riches, des maîtres et des esclaves.

Ni les uns ni les autres ne cherchent l’émancipation économique et politique de l’individu.

Les premiers libéraux son excusables qui, se rendant compte de la tromperie religieuse, se décidèrent à fonder un état libre du contact de Rome, parce qu’ils pouvaient croire que tout le malheur venait de l’Eglise.

Mais ceux qui désormais pratiquent le système parlementaire monarchiste, républicain ou socialiste, trompent leurs électeurs, comme les curés abusent de la crédulité de leurs paroissiens, en leur faisant espérer que grâce au gouvernement de son parti ou avec le programme de son invention, ils apporteront la liberté et la paix au sein de la nation.

Il n’existe aucun électeur qui puisse citer un gouvernement comme étant bon.

Ni les siècles depuis que vivent les religions, ni les rois qui se servirent des cours et assemblées, ni même le siècle passé occupé presque dans son entier par des gouvernements parlementaires ne contrediront l’inutilité de déléguer à quiconque la défense de nos intérêts. Les années durant lesquelles le parti socialiste arriva au pouvoir par des luttes électorales nous suffirons. Quel bénéfice ont obtenu les travailleurs qui sont allés voter ?

Par contre, si au lieu de cela, si le temps employé par les socialistes en luttes électorales ils l’avaient passé à l’organisation des classes productives et à la propagande anti-militaire, cela fait longtemps qu’une grève générale aurait flanqué par terre la société bourgeoise.

C’est aux libertaires de faire comprendre ces vérités à combien d’inconscients qui croient en la panacée du vote comme si c’était l’hostie qui doit les mener au paradis.

L’émancipation complète des travailleurs ne viendra ni de l’église ni de l’état mais d’une grève générale qui détruise ces deux choses.

                                                                                Cero

 

…quand on demandait à Ferrer d’où il sortit l’idée de créer l’Ecole Moderne, il répondait avec son humour habituel : simplement de l’école de mon enfance, mais en faisant exactement le contraire.

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