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Expulsion musclée des sans-papiers

29 Juin 2009 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Prolétaires de tous les pays, unissez-vous !


Des matelas étalés sur le trottoir, des vêtements mis à sécher sur les
barrières, des casseroles par terre... Ce sont les signes d'un campement
monté à la hâte, après l'expulsion musclée des sans-papiers qui occupaient
les locaux de la CGT depuis le 2 mai 2008. Une attitude qui tranche avec
le mouvement de grève engagé à l'époque par le syndicat pour demander leur
régularisation.

Mercredi (24 juin), vers 11 h 30, alors que la plupart des squatteurs sont partis
pour leur manifestation hebdomadaire à Châtelet (1er), le service d'ordre
de la CGT somme ceux qui sont restés de quitter le bâtiment, appartenant
en partie au syndicat. « Depuis le début du conflit, on a annulé 2 300
réunions. En arriver là, c'est choquant, même pour les militants qui ont
conduit l'opération. Mais c'était devenu un squat », justifie Olivier
Villeret, secrétaire de l'union départementale 75 de la CGT. La rencontre
tourne alors à l'affrontement : « Il y avait des pelles et des gaz
lacrymogènes », raconte un commerçant. Avertie par des riverains, la
police s'interpose et autorise les sans-papiers à récupérer leurs
affaires.

Après avoir passé la nuit dehors, les 180 personnes, d'origine africaine,
étaient plutôt remontées, hier, contre le syndicat. « Il y avait des
femmes et des enfants. Ici, la plupart travaille. On demande juste à être
régularisés », argumente Drame, un Sénégalais père de famille de 38 ans,
qui assure qu'un enfant a été blessé et hospitalisé. La deuxième nuit
d'occupation devait avoir lieu hier, rue Charlot, où des riverains sont
passés apporter quelques vivres, des crayons et des feuilles pour les
enfants. Le maire de Paris a lui aussi apporté son soutien aux
sans-papiers, estimant qu'il revenait au ministère de l'Immigration de
leur « apporter enfin une réponse favorable ». Les associations redoutent
la dégradation des conditions sanitaires et qu'un nouveau « Cachan » ne se
reproduise. Lors de l'occupation du gymnase en 2007, un cas de tuberculose
avait été détecté. W

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