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La lutte Paie

21 Avril 2009 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #luttes sociales


Le blocage de l'usine de Toyota à Onnaing est terminé. Un accord a été trouvé lundi 20 avril à 14 heures. Un mouvement pourtant inédit depuis son ouverture en 2001. Une grève qui durait depuis le 6 avril. Le site de Toyota à Onnaing était totalement bloqué depuis jeudi 16 avril par des salariés réclamant le paiement du chômage partiel et des jours de grève. Retour sur ce mouvement.
Toyota Onnaing : usine débloquée après 14 jours de grève. Depuis le mois de septembre, l'usine, qui produit en temps normal 880 véhicules Yaris par jour, a connu des journées de chômage partiel imposées par la direction. En cause ? La crise du marché de l'automobile, induisant une baisse des ventes et de la production. Par ricochet, la fermeture de l'équipementier Faurecia à Auchel en mars a été répercutée sur l'usine Toyota
Or, depuis le 6 avril, les salariés du groupe contestaient le paiement à 60% de leur salaire pour les journées de chômage partiel subies depuis septembre et réclament un paiement intégral. Autre revendication : le paiement des jours de grève par l'entreprise.

450 grévistes sur 2700 ouvriers
« Ce qui a mis le feu aux poudres, c'est la déclaration provocatrice de Didier Leroy, directeur de Toyota France, qui a dit plutôt crever que de satisfaire les salariés » explique Jean-Pierre Delannoy, délégué de l'union des syndicats de la métallurgie à Onnaing. « Le nombre de grévistes était de cinquante personnes au départ, mais au dernier pointage ils étaient 450», précise-t-il.

Le blocage de l'usine le même jour fait suite à une lettre du vice-président de Toyota Onnaing, Toshiyuki Nonaka, « /provocante et aux propos diffamatoires à l'encontre
des salariés/ », selon Jean-Pierre Delannoy, qui explique que « c'est la direction qui aurait entrepris la fermeture de l'usine, de peur que le mouvement ne s'étende à l'intérieur même de l'usine ».

Un système de filtrage des entrées et des sorties aurait été mis en place pour permettre aux salariés non grévistes de continuer de travailler. « Il y a cinq entrées, quatre d'entre elles sont filtrées. Reste que la production est au ralenti », précise le délégué. C'était la première fois depuis l'ouverture de l'usine en 2001 qu'un mouvement d'une telle ampleur se tenait sur le site, bloquant presque totalement la production. «Nous avons demandé aux salariés non grévistes de venir sur le site durant le blocage. La production était stoppée mais ils sont venus pour être payés et pour exécuter des tâches annexes à la production », a précisé Christelle Blandin, en charge de la communication du site.

« Concession énorme » mais pas suffisante
Vendredi 17 avril,  la direction avait fait savoir qu'elle avait proposé aux syndicats, avec l'appui de la direction départementale du travail (DDT), l'indemnisation du chômage partiel à hauteur de 75% du salaire brut (primes comprises). «Une concession énorme/», selon Eric Pecqueur, délégué CGT de Toyota. « La DDT a proposé une indemnisation de 75% du chômage partiel du salaire brut avec effet rétroactif au 1er
février, primes comprises. Ce qui permet aux salariés de toucher finalement 96% du salaire net », selon Jean Pierre Delannoy. Cette mesure s'appliquera durant six mois.

Restait un point d'achoppement. La DDT avait demandé à la direction le paiement à 60% des jours de grève. En réponse, cette dernière avait proposé vendredi 17 avril l'étalement sur trois mois des retenues de salaires pour les jours de grève. « C'est à cause de la direction que nous avons dû nous mettre en grève pour faire respecter notre droit à être payés», précisait le délégué syndical Eric Pecqueur, affirmant que la grève ne s'arrêterait pas là. Les grévistes réclamaient la prise en charge d'au moins la moitié des jours de grève et l'étalement des retenues à hauteur d'une journée par mois. « Toyota c'est la 5e entreprise la plus riche au monde, il n'y a aucune raison qu'on perde de l'argent sur nos salaires d'ouvriers/», avait estimé Eric Pecqueur.

Samedi 18 avril, les syndicats revenaient sur leurs propositions et suggéraient le versement d'une prime de 500 euros pour tous les salariés grévistes ou non. «/Une option retenue devant le refus de la direction de nous payer les jours de grève », expliquait Eric Pecqueur.

    Epilogue
Lundi 20 avril, à l'issue d'une matinée de négociations, un accord a été signé entre la direction et les syndicats. « Outre l'accord trouvé sur l'amélioration de l'indemnisation du chômage partiel, la direction s'est engagée à ne prendre aucune sanction envers les grévistes, à trouver un nouveau dispositif de chômage partiel pour l'avenir et a étalé les retenues de salaires des jours de grève à hauteur d'un jour par mois », explique la responsable communication du site.

Le directeur de la communication du groupe, François Régis Cuminal, a expliqué que « Toyota respecte le droit de grève, mais sa contrepartie, c'est le non-paiement des jours de grève », rappelant que les grévistes ont représenté «/au maximum 10% des salariés » et ne sont plus que «5% d'irréductibles ». Les syndicats ont aussi obtenu la levée des assignations par la direction de onze grévistes du site, « choisis au hasard/», selon Jean Pierre Delannoy.

Le mouvement a fait effet boule de neige et s'est étendu au site de l'équipementier Simoldès, une soixantaine de salariés bloquant leur usine et réclamant la même chose que les salariés de Toyota. « Ils ont obtenu le maintien du salaire durant un arrêt maladie, mais ils comptent poursuivre le mouvement », explique Jean Pierre Delannoy.

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