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Ce n'est pas parce qu'on est un MINEUR qu'on n'est plus un ENFANT

12 Décembre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Tract


Ce n'est pas parce qu'on est un

 

MINEUR qu'on

n'est plus un

 

ENFANT

Rassurez-vous, vous n'aurez bientôt plus à craindre d'agression en

allant chercher vos paupiettes chez le boucher situé à côté du

collège du quartier. Nos chères têtes blondes sont en effet une

priorité absolue pour le gouvernement actuel. D'autant plus que la

peur anti-jeunes dope l'audimat des journaux télévisés lorsque les

déboires sentimentaux présidentiels ne sont pas là pour le faire.

Nous élevons nos enfants dans un monde merveilleux. L'école, gratuite, laïque et

obligatoire, créée pour leur donner toutes leurs chances d'intégration dans la société,

n'est plus en mesure de garantir leur sécurité.

La semaine dernière, des gendarmes ont déboulé dans un collège pendant les cours, avec

un chien manifestement en manque, ont terrorisé les élèves présents, détruit un

ordinateur et ordonné à des adolescents épouvantés et humiliés de se mettre en sousvêtements

dans les couloirs. Dans le même temps, les sbires d'un ministre de

l'Immigration et de l'Identité nationale qui veut « réhabiliter Vichy » raflent des enfants

jusque dans les cours d'école, et les expulsent en moins de 48 heures.

Et la justice dans tout ça ? Effectivement, elle n'oublie pas les enfants. Elle y pense

tellement que nous avons eu droit à un déploiement de mesures sécuritaires ces dernières

années. Abaissement de la responsabilité pénale à 10 ans, possibilité d'incarcération à

partir de 13, suppression de l'excuse de minorité et application de peines plancher pour

les mineurs de 16 ans récidivistes, ouverture des établissements pénitentiaires pour

mineurs...

La réponse répressive, déjà particulièrement prolixe, devrait pouvoir s'étoffer

prochainement en suivant les propositions du rapport Varinard, rendu début décembre.

Pour le premier trimestre 2009, l'Hagarde des Sots Rachida Dati demande au père Noël

l'élaboration d'un Code de la justice des mineurs, qui proposera entre autres :

la possibilité de mettre en retenue un enfant de moins de 12 ans pendant 6 heures,

renouvelable une fois (6+6, ça fait 12 heures dans un commissariat, pour un gosse

de 10 ans, ça cause.)

l'incarcération possible à partir de 12 ans dans les cas de crimes, et à partir de 14

ans pour les autres délits

la peine de fin de semaine, c'est -à-dire mettre un môme en prison le week-end

pour lui éviter d'aller délinquer avec ses petits camarades

le principe de césure de la procédure, pour pouvoir statuer immédiatement sur la

culpabilité du mineur et sur les dommages et intérêts, tout en différant le prononcé

de la sanction.

Pour mieux faire passer la pilule, ce rapport préconise

également de changer la terminologie, et de ne plus parler

désormais d'enfants, mais de mineurs.

Il ne faut pourtant pas se leurrer : si les principes

fondamentaux de l'ordonnance de 1945 ne sont

officiellement pas remis en cause, et qu'il faut toujours

privilégier l'éducation à la sanction, les préconisations

mettent les bouchées double sur le versant répressif, et

s'assoient confortablement sur l'éducation. Et de fait, avec

tout ce beau monde assis dessus, les moyens affectés à

l'insertion s'aplatissent à vue d'oeil.

Les moyens affectés à la Protection judiciaire sont en diminution constante. La majorité

des crédits sont alloués pour des centres éducatifs fermés (dernière alternative avant

l’emprisonnement) et des EPM. L’obligation de rendement ainsi que les cotas de prise en

charge font planer les menaces de la fermeture de certaines structures et de suppressions

de postes, rendant quasiment impossible un véritable travail de réinsertion et de suivi.

L'Education nationale, qui doit donner à chacun ses chances d’intégration, subit un régime

draconien : elle perd ses profs (30 000 postes de moins en 3 ans, et plus de 13 000

suppressions prévues pour 2009) et voit ses programmes allégés. Les classes sont

surchargées, le redoublement quasiment supprimé, et on espère que les difficultés d’un

élève se résorberont de fait l’année suivante, ou que l’on pourra ignorer la question

jusqu’à l’âge fatidique des 16 ans.

Comment peut-on lutter contre la délinquance sans s'occuper de son origine

elle-même ?

 On peut changer les formules autant qu'on voudra, il n'empêche

qu'un établissement pénitentiaire pour mineurs reste une prison pour gosses, et

qu'un délinquant juvénile a bien de l'acné.

 

N’enfermons pas la jeunesse,

aidons la à s’émanciper

PoSource: http://cntbesancon.wordpress.com
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