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Rentrée... dans les rangs !

23 Septembre 2008 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #groupe Proudhon - FA

La rentrée des classes s'est passée et bien passée, selon les dirigeants. Il n'a donc pas d'inquiétude à avoir malgré les milliers de suppression de postes, malgré la remise en cause du droit de grève par l'instauration du service minimum dans les écoles, malgré la nouvelle organisation de la semaine sur 4 jours, malgré la mise en place programmée de cours de « soutien » - mais quand ? Le matin avant le début des cours ? le midi ? le soir, après une longue journée d'école ? - malgré les stages de « remise à niveau » qui se déroulent pendant les vacances, malgré la réforme du lycée, du collège, des universités, etc.

L'emploi du temps des élèves, en primaire, est passé à 24 heures (4 journées de 6h) mais on a oublier de prendre en compte les temps de récréation, soit 2 heures par semaine (8 fois ¼ d'heure). Pourtant cette diminution n'en est pas une puisque les élèves « en difficulté » auront 2h de soutien et les stages de remise à niveau. Les « bons »élèves auront plus de loisirs, d'éveil culturel, d'activités extra-scolaires, de vacances. Les autres resteront à subir les conséquences de leur échec - car pense-t-on réellement pouvoir régler la difficulté scolaire par des heures supplémentaires ?

Côté enseignant, c'est le chantage à l'argent qui se met en place. Des heures supplémentaires, une prime pour le nouveaux enseignants alors qu'il faut une hausse générale des salaires et de nouveaux recrutements. Les écoles ont besoin de nombreux intervenants afin de répondre aux besoins des élèves : aide de vie scolaire pour l'intégration des élèves handicapés, apprentissage des langues étrangères, informatique, bibliothèque, intervenants sportifs, artistiques. Les professeurs ne peuvent pas tout faire, être performants partout.

L'état s'est défaussé sur les collectivités territoriales afin de gérer ces personnels, ce qui crée des inégalités de traitement et une politique du moins-disant (toujours trouver moins cher), sans prendre en compte la qualité des services.

Du coup, la colère est toujours là ! Colère contre les politiques bien sûr, mais aussi contre les syndicats qui jouent le jeu du pouvoir et ne pensent qu'en terme de journée d'action. Ces mêmes journées sont souvent peu, mal voire non préparées ; l'information est peu diffusée si ce n'est par la voix des médias. « Si on est nombreux, le ministre sera obligé de nous entendre ». « Il faut se mettre autour de la table ». On a bien vu ce que valait ce genre d'arguments face à un gouvernement arrogant, qui se donne la légitimité du pouvoir électoral et des lois votées en sa faveur.

Au final, c'est plusieurs jours de salaire qui sont perdus sans pouvoir réellement peser face au gouvernement. Si l'on additionne toutes les journées de grève, on arrive à des semaines complètes. Un mouvement de grève fort et qui dure aurait plus d'impact (mais les syndicats le veulent-ils, pris eux aussi dans leurs élections paritaires, leur représentativité, etc ?). C'est donc à la base de pousser vers de telles formes de lutte. Les actions, un peu spectaculaires, d'occupation des écoles, les tentatives de construire un mouvement d'ensemble, sont nées de la volonté des enseignants et des parents. En général les syndicats « sérieux » suivent à contre-cœur ou freinent. Il s'en trouve même pour avaliser les décisions ministérielles. A ceux-là, nous leur ferons payer le prix de leur trahison.

Le combat est donc engagé. Il sera long et difficile pour riposter aux attaques gouvernementales et patronales, tout en tentant de révolutionner un système éducatif, producteur d'inégalités, de souffrance et d'exclusion.

Fred – gr Proudhon FA (Besançon)

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