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Agressions

2 Juin 2016 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #Répression

Communiqué du Comité de Lutte de Besançon

Du 2 juin 2016

Sur les agressions envers les militant.e.s



Le premier juin 2016, alors que des militant.e.s du Comité de Lutte de Besançon partent afficher dans le centre-ville, plusieurs agressions surviennent. S’étant au préalable réuni.e.s pour coller leurs affiches sur des panneaux en carton afin de correspondre aux critères d’affichages posés par le conseil municipal, les membres du Comité accrochent leurs pancartes pour la Nuit Debout du samedi 4 juin, événement dont ils/elles sont les organisateurs/trices jusqu’à présent.

La première, agression symbolique et psychologique, concerne un contrôle d’identité rue Mégevand. Deux minutes après que la première pancarte ait été posée près de la faculté de lettres, une voiture de police s’arrête à côté des militant.e.s et leur demande de s’arrêter afin de pouvoir les contrôler. Allez-vous coller, pour quel événement, quand cela aura-t-il lieu, où allez-vous afficher, etc, les questions fusent et se terminent par une réquisition d’affiche ainsi que par le contrôle d’identité – tacitement obligatoire – d’un « responsable » (comme si nous ne l’étions pas tou.te.s). Dans le talkie, on entend la recommandation d’un collègue, que notre camarade, très précisément décrit, cesse d’escalader les murs au risque de tomber. Il s’agissait donc d’une intervention prévue.

La seconde a lieu avec un autre groupe de militant.e.s du Comité, sur le pont Battant, cette fois-ci. Alors que nous avions posé une pancarte sur la statue du pont, un homme en visible état d’ébriété nous interpelle et arrache nos pancartes, en criant que c’est « sa » ville. Nous tentons de discuter avec lui, mais rien n’y fait. L’autre équipe arrive en renfort, mais la personne ne daigne pas changer d’avis. Nous repartons, préférant ne pas envenimer la situation.

La dernière se déroule rue Courbet. Vers minuit, les militant.e.s sont toujours là et posent une pancarte sur un poteau. Un jeune homme d’une vingtaine d’années s’approche de nous avec une autre personne, nous demande pour quelle raison nous affichons, la nature de l’événement, fait mine de s’intéresser, puis demande quelle est l’orientation politique de cette Nuit Debout. Mais alors que nous commençons à répondre, l’individu juge « de gauche » notre action, et tout en sortant une gazeuse de la poche intérieure de sa veste, nous dit que « de toute façon, ça ne [lui] plaît pas bien » et nous vise droit dans les yeux. Deux militants sont touchés au visage par le gel au poivre tandis que le jeune homme s’éloigne, et courent se rincer au bar « Le Killarney » au bout de la rue, où personne en terrasse ne daigne s’effarer de ce qui vient de se passer. Fort heureusement, la maîtresse de maison est orthoptiste et soigne les yeux de nos camarades, tandis que son mari appelle pompiers et policiers à la rescousse. Les forces de sécurité arrivent, décident que rien n’est grave, conseillent aux militant.e.s une bonne douche (NB : la dernière chose à faire en cas de gazage est de passer de l’eau sur sa peau, qui réveille les brûlures) et repartent rapidement, après avoir pris connaissance d’une seconde identité dans le groupe. Pendant ce temps, un autre groupe de personnes, assises en terrasse, sort sa propre gazeuse, en explique l’origine, l’utilisation et en vante les bienfaits auprès de ses confrères.soeurs. Les pompiers eux-mêmes agressent verbalement l’une des membres du Comité, lui intimant le silence avec le plus profond mépris.



Le Comité de Lutte dénonce fermement ces agressions envers ses militant.e.s et tou.te.s les autres, qui deviennent systématiques !

Les militant.e.s font en effet l’objet d’agressions régulières, verbales et physiques lors des manifestations et actions, de la part de leurs concitoyen.ne.s : jets de projectiles depuis des appartements à l’étage, deux personnes renversées en plein barrage par un automobiliste, d’autres menacées pendant les opérations de blocage, insultes, empoignades, et maintenant jets de gel au poivre, cela doit suffire ! Le Comité de Lutte demande aux élu.e.s et aux forces de l’ordre d’assurer, comme il se doit, la sécurité des citoyen.ne.s qui vivent au sein de leur ville !

Dans le même temps, comment les forces de l’ordre le pourraient-elles, appliquées qu’elles sont à faire passer les manifestant.e.s pour des terroristes ? Gazages et matraquages même sur des mineur.e.s et des personnes à terre, interpellations musclées et sans brassards, contrôles d’identité à répétition, intimidations verbales, verbalisations pour solidarité envers les personnes sans domicile, morsures canines et usages de flashballs en plein quartier résidentiel (et donc familial) ne sont sans doute pas les méthodes les plus appropriées pour défendre une population, si mécontente soit-elle ! Nous demandons à ce que ces pratiques cessent !

De plus, les élu.e.s locaux soutiennent indirectement toutes ces manifestations de mépris et de violence envers les personnes mobilisées, en dénigrant eux.elles-mêmes les militant.e.s et en les réprimant sévèrement : insultes politiquement correctes proférées par les élu.e.s du conseil municipal, soutien aux violences policières par un communiqué, interdiction d’afficher en ville, refus d’un dialogue citoyen et mépris pour les appels de la population indignée. Le silence de vos pantoufles ne masque pas le bruit des bottes !


Le Comité de Lutte condamne avec véhémence les agressions en tous genres que subissent les Bisontin.e.s mobilisé.e.s, d’autant plus qu’elles sont perpétrées à la fois par leurs concitoyen.ne.s et par les personnes censées assurer leur sécurité et leur place dans la cité ! Si ces agressions font échos à celles perpétrées dans toute la France depuis le début du mouvement, elles doivent cesser absolument et immédiatement dans notre ville, et ce d’autant plus que les militant.e.s bisontin.e.s demeurent, dans la grande majorité des cas, dans la non-violence et la légalité. Nous rappelons que manifester est un droit démocratique, acquis après de longues luttes en 1946 et inscrit dans la Constitution depuis 1958 ! Nous rappelons également que, selon l’article 431-1 du Code pénal: « le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de menaces, l’exercice de la liberté d’expression, du travail, d’association, de réunion ou de manifestation est puni d’un an d’emprisonnement et de 15.000 euros d’amende. » et « Le fait d’entraver, d’une manière concertée et à l’aide de coups, violences, voies de fait, destructions ou dégradations au sens du présent code, l’exercice d’une des libertés vidées à l’alinéa précédent est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende ». Pour cette raison, nous invitons l’ensemble de la population à rejoindre le mouvement pour dénoncer ces agissements anti-démocratiques et indignes de nos qualités non seulement de Franc-Comtois, de Français, d’Européens mais surtout d’êtres humains !

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