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Etat d'urgence

27 Novembre 2015 , Rédigé par groupe Proudhon FA Publié dans #groupe Proudhon - FA

Jeudi 26 et vendredi 27 novembre, des perquisitions administratives ont
visé des militants rennais. Six personnes sont depuis assignés à
Résidence jusqu'au 12 décembre et d'autres interdit d'Ile-de-Fra
nce.


Voici en pièce jointe le communiqué des assignés à résidence, un article
du monde traitant de ces évènements et la pétition "bravons l'état
d'urgence".

Ce jeudi 26 novembre au matin a eu lieu une importante opération de
police visant des militants écologistes et d'extrême gauche. Des
perquisitions musclées ont eu lieu quasi-simultanément dans plusieurs
habitations de Rennes (à notre connaissance, au moins six). À chaque
fois une personne se voyait signifier une assignation à résidence.
Les fonctionnaires de police, en grand nombre et armés de fusils à
pompes, sont venus chez nous, où vivent aussi des enfants, nous ont tous
menottés et plaqués au sol.
Pour justifier ces interventions, les forces de l'ordre nous ont dit
agir dans le cadre des opérations de police en marge des manifestations
prévues lors de la COP21. Ils nous ont délivré des assignations à
résidence. Interdiction de quitter Rennes, obligation de pointer trois
fois par jour au commissariat et de rester chez nous de 20h à 6h , et ce
jusqu'au 12 décembre.
La décision de ces perquisitions a été directement ordonnée par le
préfet. Les policiers, qui expliquaient qu'ils avaient désormais des
« pouvoirs élargis », assumaient ostensiblement leur toute-puissance en
évoquant avec un humour cynique la recherche bien sûr infructueuse
« d'armes de guerre et d'explosifs ».

Les papiers qui nous ont été délivrés expliquent que « la forte
mobilisation des forces de sécurité pour lutter contre la menace
terroriste ne saurait être détournée pour répondre aux risques de
troubles à l'ordre public liés à de telles manifestations
revendicatives ». Ce qui légitime pour eux ces assignations préventives.

Les informations utilisées pour justifier les assignations émanent
vraisemblablement des services de renseignement et évoquent pêle-mêle
des faits faux, imaginaires ou approximatifs. Trois raisons principales
sont invoquées :
La participation à la manifestation anti-aéroport du 22 février 2014, à
Nantes à laquelle avaient participé 40 000 personnes et pour laquelle
aucune des personnes assignées n'ont été arrêtées ou condamnées.
leur présence au week-end de mobilisation contre les violences
policières organisé à Pont-de-Buis un an après la mort de Rémi Fraisse
par une grenade de la gendarmerie. Une mobilisation publique et
soutenue par l'Assemblée des blessés qui soutien les victimes de la
répression policière.
L'arrestation préventive dans un squat à Milan avant une grande
manifestation contre l'exposition universelle à laquelle ont participé
les opposants à la ligne TGV Lyon-Turin, des cortèges syndicaux et
militants pour le logement. Certaines personnes sont accusées d'avoir
été en « possession d'engins incendiaires », ce qui est faux et qui a
été contesté devant la justice italienne.

À aucun moment la préfecture ne se donne la peine de prouver ces
informations. Certains d'entre-nous ont été présents lors de ces
manifestations, d'autres non et aucun n'a jamais été inculpé pour des
faits de violence ou de troubles à l'ordre public.

Il n'aura pas fallu deux semaines pour que se révèle ce que permet
l'état d'urgence.

Alors que le gouvernement clame que la vie doit continuer normalement
(appel à sortir aux terrasses, à participer aux concerts...) et que de
grands événements sont maintenus, la contestation politique, elle, se
retrouve acculée au silence avec des interdictions de manifester, à
Rennes et Paris notamment. Une opération d'intimidation et de
neutralisation (perquisitions arbitraires et assignation à résidence)
dont on commence seulement à soupçonner l'ampleur...

Après la communauté musulmane dans son ensemble – avec l'intervention
hallucinante de la police au restaurant Pepper Grill en région
parisienne, par exemple –, voilà les militants des luttes écologiques,
en soutien aux immigrés, pour le droit au logement, devenus victimes de
la « guerre contre le terrorisme » chère à François Hollande.

Si ce type d'intervention et d'assignation ont eu lieu en France, qu'il
s'agisse de militants d'extrême-gauche ou d'autres victimes de l'État
d'urgence, n'hésitez pas à nous contacter.

Vous pouvez communiquer avec nous en nous écrivant à l'adresse
suivante :

a.residence@riseup.net


http://delinquance.blog.lemonde.fr/2015/11/27/etat-durgence-perquisitions-et-assignations-dans-les-milieux-zadistes-et-alternatifs/

https://www.change.org/p/la-rue-bravons-l-etat-d-urgence-retrouvons-nous-le-29-novembre-place-de-la-republique

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