Manifestation le 22 mai
A Besançon:
Rendez vous à 14H00 place de la révolution
Les arrêter, et passer à l’offensive!
Le programme de casse sociale et de répression mis en place par le capital, déjà bien initié par les gouvernements précédents, de droite comme de gauche, se renforce et se durcit aussi longtemps qu'il ne trouvera face à lui un front des luttes, déterminé à stopper la régression et à retrouver le chemin de
nouvelles conquêtes sociales.
Les perspectives dans le monde du travail ne sont guère brillantes. Les centrales syndicales, loin de construire la
mobilisation des salariés, se résignent en échange de leur survie à négocier la remise en cause du droit de grève, du
code du travail, du contrat de travail et de faire passer pour de nouveaux droits la flexisécurité qui n’est que la
perte des acquis collectifs de la classe ouvrière. L’application de l’accord majoritaire entre syndicats dans les
entreprises s’assortit de la dérogation à la hiérarchie des normes inscrite dans le droit du travail, le patronat
pourrait faire entériner par les syndicats euxmêmes des mesures régressives : augmentation du temps de travail sans
rémunération supplémentaire, travail le dimanche...
Encore plus vite qu’hier, les travailleurs se retrouvent dans l’isolement, la mise en concurrence, la précarité. Par
cette nouvelle organisation du travail, les possibilités de s’organiser et de se défendre vont très vite être réduites à
néant. Avec la mise en place du programme ultra-sécuritaire qui nous est promis, l’Etat va exercer une répression sans
frein et sans contrôle de tous les mouvements de contestation s’échappant des manifestations encadrées par les partis
ou les syndicats institutionnels. La justice pourra condamner très sévèrement (peines de prison ferme) les manifestants
ou militants « serrés » par les flics et accusés sans preuve (pour outrage ou rébellion). Ces condamnations serviront
d’exemple pour tenter de faire taire toute velléité de révolte des opprimés.
Il faut d’abord arrêter de toute urgence ce rouleau compresseur. Sinon, il ne restera rien, avec les franchises
médicales, de l’esprit de la Sécurité Sociale, il ne restera rien des services publics et des statuts des personnels
avec la « Révision générale des politiques publiques » et les propositions Attali (ancien conseiller de Miterrand). Il
ne restera rien du système des retraites par répartition. Il ne restera rien de la laïcité, alors même que Sarkozy
déclare que la « question sociale est subsidiaire » mais que celle de Dieu est fondamentale.
L’issue ne peut relever des élections. L’évidence devrait s’imposer : la raclée prise par l’UMP aux élections
municipales n’a pas changé d’un iota les orientations pour lesquelles Sarkozy a été missionné par les marchés. Pas plus
qu’en 2004 après la débâcle de la droite aux régionales ou qu’en 2005 après le non au référendum sur le Traité
constitutionnel européen.
La solution ne viendra pas non plus des combinaisons politiciennes : qu’attendre du PS alors même que son secrétaire
général déclare, au lendemain des municipales : « Nous ne sommes pas là pour contredire ou rendre illisible la
politique du gouvernement » ? Qu’attendre d’une énième mouture d’un parti pseudo anticapitaliste, mais qui se situe
déjà clairement dans une logique électoraliste, sinon confusion politique, opportunisme et perte de temps ? Comment compter sur les directions des confédérations syndicales alors même que la bagarre des cheminots (régimes spéciaux)
d’octobre 2007 a été sabotée, que l’accord sur la « modernisation du marché du travail » a été signé par quatre
confédérations et que la position commune sur la représentativité syndicale constitue une étape décisive pour
l’intégration, au détriment de sa combativité, du syndicalisme dans l’appareil d’Etat.
Face à ce plan politico-syndical bien huilé qui s’organise un peu partout, et jusque dans les Centres de rétention
administrative, il existe tout de même des grains de sable : les luttes des sans-papiers (salariés ou non) qui
s’organisent partout, les bagarres contre les plans de licenciements, contre les suppressions de postes dans les
écoles, dans les hôpitaux, pour la hausse des salaires, pour le retour aux 37,5 annuités...
Dans le monde, le capitalisme, pour maintenir son taux de profit, doit sans cesse augmenter le taux d’exploitation des
ressources humaines et naturelles. Les récentes émeutes de la faim attestent du caractère explosif de la situation, même
si les résistances sociales restent globalement aujourd’hui dans le cadre du système. La croissance économique
utilisée comme fuite en avant par le capitalisme pour masquer les inégalités sociales et la pauvreté a accéléré
l’épuisement des ressources et fait atteindre les limites physiques de la planète.
Renforcée par la spéculation, c’est bien l’augmentation du prix du pétrole devenu rare - et donc aussi de l’ensemble
des produits manufacturés - qui rogne sérieusement le pouvoir d’achat au Nord et déclenche des famines au Sud.
Face à ces attaques concertées du patronat et de l’Etat, qui ne visent qu’à enrichir les actionnaires au détriment des
travailleurs, il faut une réponse commune des exploités. Il reste donc à fédérer ces mouvements sociaux épars dans un
mouvement d’ensemble qui s’appelle la grève générale autogestionnaire.
La Fédération anarchiste appelle à la tenue dans les ateliers, les services, les bureaux, d’assemblées générales
décisionnaires avec des mandatés révocables, pour préparer la lutte, d’une part contre chacune des mesures régressives
prises par leur patron ou le gouvernement, et d’autre part plus globalement contre la politique d’appauvrissement
généralisé des populations. Face à l’Etat et au patronat, les travailleurs du secteur public et du privé doivent
pouvoir conduire et contrôler leurs propres luttes sans se préoccuper de ceux qui n’aspirent qu’à les diriger.
La Fédération anarchiste appelle les jeunes, les chômeurs, les retraités à se joindre aux luttes interprofessionnelles,
professionnelles et spécifiques. Alors, de ces résistances et de ces pratiques pourra naître la perspective d’une grève
expropriatrice et gestionnaire : gérons nous-mêmes nos entreprises puisque c’est nous qui y créons les richesses,
gérons nous-mêmes la sécurité sociale, les écoles, les hôpitaux et les caisses de retraites, solidairement, avec de
vrais moyens gérés collectivement, puisque nous sommes les premiers concernés, gérons nous-mêmes nos quartiers, nos villes, nos zones rurales puisque c’est nous qui y vivons.
C’est la seule issue à l’impasse suicidaire du
capitalisme.
Groupe Proudhon de la
Fédération anarchiste